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Senior Actu

Danemark – Le bien-être des seniors : une priorité nationale

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Le Danemark est depuis longtemps l’un des pays les plus avant-gardistes en ce qui concerne la gestion du vieillissement démographique. Etat des lieux : aujourd’hui, les 271 municipalités du royaume danois possèdent leur « conseil de seniors », rendu obligatoire par une loi du 1er janvier 1998. Uniques au monde, ces conseils consultatifs sont formés de sept membres apolitiques âgés de plus de 60 ans, élus au suffrage universel direct. Ils détiennent un droit de regard sur toutes les décisions incombant aux mairies, concernant les retraités. Depuis leur création, ils ont réussi à s’imposer comme étant un partenaire responsable, rapporte « L’Express » du 9 octobre 2003 (« Le pays où les seniors sont rois »).

Autre soutien pour les personnes âgées : l’association « DaneAge », créée en 1986, qui milite pour la défense de leurs intérêts. Elle compte actuellement 460 000 membres, dans un pays de cinq millions d’habitants. Elle est devenue un « acteur social aussi incontournable que les partis politiques ou les syndicats », explique « L’Express », en citant le président de « DaneAge », Bjarne Hastrup.

Fondée sur la maîtrise des dépenses de santé et la prévention, la politique danoise place les seniors au cœur de la société, à l’image de l’aménagement urbain prévu pour faciliter la circulation des fauteuils roulants et de tricycles électriques jusqu’au centre des villes. Le principal objectif est de rendre les retraités les plus autonomes possibles, afin de retarder au maximum leur entrée dans les maisons de retraite, financées avec l’argent public. C’est ainsi qu’une politique sportive spécifiquement réservée au troisième âge a vu le jour, avec des cours d’aérobic gratuits ou l’organisation de petites randonnées, par exemple.

Ainsi, le nombre des personnes âgées vivant dans les maisons de retraite a fortement baissé ces dernières années. En 1982, 16% des personnes âgées de plus de 75 ans vivaient dans des maisons de retraite, contre 6% en 2000. Le développement de cette politique s’est accompagné de la construction d’un nombre croissant de logements pour personnes âgées comportant des facilités spéciales et qui bénéficient de différents degrés de services variés. En 1998, 6% des personnes âgées de plus de 75 ans résidaient dans ces logements. Ce mouvement s’explique également par l’accent mis sur le maintien à domicile. Aujourd’hui, un retraité sur cinq bénéficie chez lui d’une aide personnalisée gratuite. Autre exemple de cette politique : une loi récente oblige les municipalités à rendre visite deux fois par an à toute personne de plus de 75 ans, quel que soit son état de santé.

De leur côté, les maisons de retraite se veulent chaleureuses : elles sont aménagées de façon à ressembler à des résidences privées, le personnel ne porte pas de blouse, qui évoque trop l’univers médical, et les résidents sont encouragés à participer aux taches domestiques.
Toutefois, ce modèle danois est dispendieux. Selon la maire adjointe à la santé de Copenhague, Inger-Marie Bruun-Viero, il faudrait augmenter de 4% les impôts d’ici à 2010 pour maintenir la qualité de service actuelle, compte tenu du vieillissement de la population. Or, elle exclut cette possibilité, le Danemark possédant déjà le record du monde de la pression fiscale. Les mairies mobilisent donc un nombre croissant de volontaires, par mesure d’économie. A elle seule, « DaneAge » fournit déjà 10 000 bénévoles à travers le pays.

Après le changement des comportements, évolution des mentalités. Un groupe de réflexion travaillerait déjà sur un projet d’abolition de l’âge de la retraite (aujourd’hui de 65 ans), rapporte « L’Express ». Le débat est ainsi lancé dans l’un des premiers pays à avoir instauré au XIXème siècle une limite d’âge sur le marché du travail. De fait, le Danemark compte déjà un taux d’emploi de 66% chez les 50-64 ans, contre une moyenne de 49% pour l’ensemble de l’Union Européenne.




Publié le Lundi 15 Décembre 2003 dans la rubrique Divers | Lu 918 fois