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Coronavirus au Moyen-Orient : l'OMS étudie l'éventualité de déclarer une urgence de santé publique

L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) vient d’annoncer dans un communiqué la mise en place d’un comité qui devra décider si, oui ou non, le nouveau virus apparu au Moyen-Orient peut constituer une « urgence de santé publique de portée internationale ». Détails.


Référencée comme le syndrome respiratoire du Moyen-Orient à coronavirus (MERS-CoV), la maladie a fait son apparition dans plusieurs pays de la zone, avec 80 cas confirmés en laboratoire et signalés à l'OMS, parmi lesquels 44 patients étaient décédés au 7 juillet 2013…
 
D'après une récente analyse faisant autorité dans le domaine médical, les premiers cas ont été identifiés en septembre 2012. C'est en Arabie Saoudite que la plupart de ces cas ont été signalés, mais le Qatar, la Jordanie et les Émirats arabes unis ont également diagnostiqué le syndrome chez des patients. Le Royaume-Uni, l'Italie, la France et la Tunisie ont signalé des cas de contamination de voyageurs en provenance du Moyen-Orient, ainsi que de leurs proches.
 
La consultation d'urgence de l'OMS qui s’est tenue à Genève les 9 et 11 juillet avait pour but de savoir si le MERS-CoV pouvait constituer une urgence de santé publique de portée internationale. Ou pas. Jusqu'à présent, aucune disposition particulière à l'égard des voyages vers les pays affectés n'a été prise par l'OMS ou le CDC. Ces deux agences ont néanmoins informé les professionnels de la santé des signes de la maladie, et leur ont conseillé de surveiller particulièrement les patients souffrant de symptômes respiratoires et qui auraient voyagé récemment.
 
La plupart des patients diagnostiqués à ce jour sont des hommes adultes. Tous avaient des symptômes respiratoires, et dans la majorité des cas ces symptômes se sont aggravés jusqu'à nécessiter une hospitalisation. Certains patients ont aussi présenté des troubles gastro-intestinaux, tels que crampes d'estomac et diarrhées.
 
Le CDC dispose d'une page web dédiée à la centralisation des informations sur le MERS-CoV, et fournit une liste de conseils nécessaires aux praticiens de santé pour répondre aux patients qui présenteraient des symptômes tels que fièvre, toux ou essoufflement. Le site web de l'agence rappelle que « le CDC travaille avec ses partenaires pour mieux cerner les risques liés à ce virus, notamment sa source, ses moyens de propagation et les modes de prévention de ces infections. Il a diffusé des informations aux voyageurs et collabore avec les structures sanitaires, les hôpitaux et les autres partenaires afin de parer à l'éventualité de cas aux États-Unis ».
 
Sous sa forme actuelle, le MERS-CoV n'avait jamais été identifié auparavant. Son statut de coronavirus l'apparente au SRAS (Syndrome respiratoire aigu sévère), maladie responsable d'une panique sanitaire mondiale en 2003. Le SRAS est une forme grave de pneumonie qui fut identifiée par les professionnels de santé sur un homme qui avait transité de Chine vers plusieurs pays d'Asie du Sud-Est. En à peine quelques semaines, des voyageurs avaient essaimé la maladie à travers l'Asie, l'Australie, l'Europe, l'Afrique, ainsi que l'Amérique du Nord et du Sud.
 
Avec une contagion facile d'une personne à l'autre, la maladie infecta en quelques mois 8.200 personnes, parmi lesquelles 750 patients devaient décéder. L'expansion rapide de cette épidémie de 2003 a pu être stoppée par la mise en quarantaine des personnes contaminées, et par un test systématique des passagers aériens en provenance des zones touchées.
 
Un rapport sur l'épidémie produit par la Bibliothèque médicale nationale des États-Unis note que l'épidémie de SRAS « a changé la façon dont le monde répond aux maladies infectieuses, à une époque où la circulation des personnes se fait à l'échelle planétaire ». Des cas de cette nouvelle maladie avaient été diagnostiqués en Chine dès 2002, mais les autorités n'en ayant pas informé l'OMS, les autres pays n'avaient pas pu mettre en place des mesures de vigilance.
 
Aujourd'hui, les autorités de santé des pays membres de l'OMS ont coopéré pour le développement de protocoles d'action conjointe permettant de circonscrire les maladies, et ainsi d'éviter les pandémies.
 
Conformément à la coopération renforcée entre les autorités de santé, le CDC a développé et rendu accessible à grande échelle des tests qui permettent aux médecins d'identifier le MERS-CoV. Le CDC a également été partie prenante des investigations de santé publique internationales menées sur les cas de MERS en Arabie Saoudite et en Jordanie. Le CDC rappelle qu'il poursuit son rôle de conseil et de support aux laboratoires pour le diagnostic dans les pays de la péninsule arabique et des régions environnantes.


Publié le Mercredi 17 Juillet 2013 dans la rubrique Santé | Lu 650 fois