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Senior Actu

Conserver et améliorer la visite à domicile : enquête auprès des médecins généralistes de l'IdF

La Section Généralistes et la Commission « Exercice à domicile » de l’Union Régionale des Médecins Libéraux (URML) de l’Île-de-France ont lancé en 2005 une enquête sur la visite à domicile, s’inscrivant dans le prolongement de leur travail sur la coordination des soins, notamment envers les personnes en perte d’autonomie et les personnes âgées, afin d’améliorer leur prise en charge.


Quelle fréquence ? Pourquoi sollicite-t-on une visite à domicile ? Pourquoi le médecin se déplace-t-il ? Quel est le contenu de la visite ? Comment les médecins perçoivent-ils cet acte et quelles évolutions souhaiteraient-ils ? Les résultats de cette étude devraient permettre d’enrichir la réflexion sur la visite à domicile et de proposer des recommandations aux décideurs publics.

Parmi les 10.000 médecins contactés lors de cette enquête, plus de 15% (1.578) ont répondu aux questionnaires « donnant une vision significative et représentative de la visite à domicile en Ile de France » estime URML Île-de-France.

Selon cette étude, les médecins effectuent en moyenne seize visites par semaine et le temps moyen qu’ils y consacrent est de 41 minutes (en comparaison, une consultation au cabinet dure 18 minutes). La clientèle principale correspond aux personnes non-autonomes et les seniors.

En ce qui concerne la visite à domicile, l’opinion des médecins est majoritairement négative : pour 57% d’entre eux, il s’agit d’une contrainte, pour près de 50% une nécessité et 87,5% en limitent le nombre. Comme en témoigne le Dr Olivier Réverdy, médecin généraliste à L’Haÿ les Roses (94) : « de manière générale, la visite à domicile ne permet pas de soigner les patients aussi bien qu’au cabinet médical…, mais cela permet parfois de mieux se rendre compte de l’environnement du patient ou de l’isolement des personnes âgées ».

Face à des demandes non urgentes, le Dr Patrick Plottin, médecin généraliste à Chelles (77) pense que « « si on prend le temps d’expliquer nos contraintes, les patients comprennent bien » et il a ainsi réussi à réduire le nombre de ses visites. « L’enquête démontre clairement que la visite à domicile, réduite et ciblée sur les personnes qui en ont réellement besoin, est un acte nécessaire sur le plan médical, social et économique ».

La réflexion engagée par la Section Généralistes de l’URML-IDF sur la nécessaire coordination des soins va se poursuivre par de nouvelles enquêtes prévues en 2006, sur la prévention des chutes des personnes âgées, l’insomnie, la douleur et la délégation des tâches.
Conserver et améliorer la visite à domicile : enquête auprès des médecins généralistes de l'IdF

Constatant la désaffection grandissante des internes pour la médecine générale (971 postes de généralistes n’ont pas été pourvus lors du dernier concours d’internat), l’URML alerte sur les problèmes de démographie médicale.

Compte tenu du grand nombre de départs en retraite dans les professions médicales dans les années à venir, les prévisions annoncent une baisse des médecins d’ici 2025 de 15,6% pour 100 000 habitants et font redouter un véritable problème d’offre de soins primaires et une désertification accrue.


Publié le Mardi 7 Février 2006 dans la rubrique Aides à domicile | Lu 13684 fois