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Conférence sur la ‘’gestion des éventuelles complications en médecine esthétique’’


Du 12 au 14 septembre, a eu lieu à Paris, le 24ème Congrès national de médecine esthétique et de chirurgie dermatologique. Pendant trois jours, des experts ont présenté les dernières innovations techniques du secteur. En parallèle du salon, une série de conférences a rassemblé un grand nombre de professionnels autour de différents thèmes : « Mésothérapie esthétique », « La dermatologie esthétique » ou encore « Les matériaux de comblement des rides ». Lors du débat sur la « Gestion des éventuelles complications en médecine esthétique », mené par Patrick Rabineau, dermatologue exerçant à Paris, membre des Sociétés françaises de dermatologie et de chirurgie esthétique, plusieurs spécialistes présentaient les complications éventuelles qui peuvent survenir lors des opérations et les moyens de les éviter.

Le Dr. Pierre André a tout d’abord présenté les risques que peuvent entraîner les injections pour le comblement des rides. Avec les produits biodégradables, par exemple le collagène, des rougeurs ou des ecchymoses peuvent survenir ; cependant elles disparaissent en quelques jours. En revanche avec les substances non biodégradables, comme le silicone, les lésions peuvent perdurer parfois plusieurs années. Il est alors nécessaire de les traiter avec de l’arnica en granules, des corticoïdes, des antibiotiques voire des lasers vasculaires dans certains cas.

Second intervenant, le Dr. Didier Vochelle, dermatologue à Paris et spécialiste des traitements anti-rides à base d’injections de toxine botulique, a affirmé que cette substance ne serait pas dangereuse, les doses utilisées en chirurgie esthétique restant infimes. Le risque infectieux bactérien ou viral lié à la présence de sérum-albumine aurait été éradiqué par les sociétés productrices, Allergan et Ipsen. Le risque allergologique aurait fortement diminué par réduction de la concentration en protéine. Enfin selon le Dr. Vochelle, le risque immunologique serait exceptionnel dans les indications esthétiques, essentiellement lié à une trop grande fréquence des injections. Les incidents qui peuvent survenir sont souvent dus à des hématomes non traité qui entraînent une migration de la toxine vers des endroits non désirés. Peuvent aussi survenir des céphalées, des problèmes d’œil sec ou des oedèmes. Les accidents graves - diplopie ou ptôsis par exemple- sont, selon le praticiens, rares et anecdotiques.

Le Dr. Serge Letessier, dermatologue à Paris, spécialiste des traitements esthétiques au laser, a indiqué que les lésions sont souvent irréversibles avec cette pratique. Il peut s’agir de cicatrices hypertrophiques, d’achromies, de pigmentations, d’œdèmes ou de surinfection virales. On peut les traiter, par des retouches au laser, mais souvent la guérison reste partielle. Il subsistera toujours des séquelles.

Le Dr. Philippe Deprez, chirurgien esthétique en Espagne, est ensuite intervenu sur les complications liées au phénol utilisé pour les peelings faciaux. Elles peuvent être loco-régionales, régionales ou générales. Les plus effrayantes, mais aussi les plus rares, sont les cicatrices et les arythmies. Ces dernières peuvent survenir lorsque l’application est trop rapide ou effectuée sur une surface trop étendue. C’est le cas lorsque l’on traite le visage et le cou lors de la même session. Il faut donc procéder par étape. Le traitement des petites zones en revanche, ne présenterait lui, aucun danger.

Le Dr. Jean Arouete, chirurgien spécialiste des traitements de la calvitie, a indiqué qu’en la matière, il s’agit davantage de ratés esthétiques que de complications. Cela peut malgré tout être assez traumatisant pour le patient, déjà complexé physiquement. Des infections peuvent également survenir. Elles sont généralement réversibles.

Le Dr Gérard Boutboul enfin, a exposé les accidents qui peuvent survenir lors d’opérations de liposuccion. Il a insisté, tout comme ses confrères, sur la responsabilité du médecin. Les complications sont quasiment toutes « opérateurs dépendants ». La plupart du temps, il s’agit d’erreurs de méthodes du praticien. Le Dr. Boutboul a également insisté sur le travail au cas pas cas : chaque patient est différent et les médecins doivent savoir adapter leurs méthodes aux particularités individuelles.

Lorsque les coûts d’une opération dépassent les 300 euros, les intervenants ont recommandé que le chirurgien fasse signer une décharge au patient après l’avoir renseigné sur les risques potentiels, afin de se protéger contre les plaintes éventuelles. Enfin, ils ont insisté sur l’importance de tests cliniques avant le lancement de nouveaux produits, soulignant qu'en matière de chirurgie esthétique, les produits arrivent bien souvent sur le marché sans avoir été médicalement validés au préalable. Il appartient alors au praticien de procéder aux tests, souvent aux dépens des premiers patients.
 


Publié le Mardi 16 Septembre 2003 dans la rubrique Bien-être | Lu 3803 fois