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Senior Actu

Conditions de vie des seniors québécois : d’importants changements depuis les années 1980

Selon les données diffusées récemment par l'Institut de la statistique du Québec sur son site internet, les conditions de vie et les caractéristiques des personnes de 65 ans et plus ont connu d'importants changements depuis les années 1980. Quelques-unes de ces tendances ont été reprises à l'occasion de la Journée internationale des personnes aînées qui a eu lieu le 1er octobre dernier.


Plus de la moitié des femmes de 65 à 74 ans sont titulaires d'un permis de conduire

L'un des changements les plus marquants touche la proportion des aînées possédant un permis de conduire, ce qui leur assure une plus grande autonomie. Si, en 1980, seulement 12,4 % des femmes de 65 à 74 ans possédaient un permis de conduire, cette proportion atteint 58,9 % en 2004.

Chez les générations de femmes un peu plus jeunes, le taux de possession d'un permis de conduire est encore plus fort (il dépasse 80 % chez celles de 45 à 54 ans en 2004), de
sorte que ce taux chez les aînées n'a pas fini de s'accroître. De plus, chez les hommes de 65 à 74 ans, ce taux est passé de 65,1 % à 88,2 % au cours de la même période.

Un revenu plus élevé, surtout pour les femmes

Le revenu est un élément essentiel des conditions de vie des personnes âgées. C'est chez les femmes que le revenu moyen a davantage progressé : de 12 900 dollars (9.200 euros) en 1980, il est passé à 18 700 dollars (13.400 euros) en 2003, soit une hausse de 45 % en dollars constants de 2003. Les hommes ont connu, eux aussi, une augmentation de leur revenu moyen au cours de cette période : de 23 100 dollars (16.500 euros) à 28 300 dollars (20.250 euros), soit 23 % de plus. Ainsi, le rapport entre le revenu des femmes et celui des hommes, chez les 65 ans et plus, s'est amélioré, passant de 56 % à 66 %.

La proportion de femmes qui ont reçu des revenus privés de retraite a triplé, soit de 15,7 % à 46,6 % entre 1980 et 2003. La proportion des femmes qui reçoivent un revenu du Régime des rentes du Québec (RRQ) a bondi de 50 points, atteignant 84,2 % en 2003.

La composition du revenu des personnes de 65 ans et plus a changé, particulièrement chez les femmes. Ainsi, leur revenu de sources privées – qui exclut les transferts gouvernementaux - a vu sa part passer de 33,7 % à 40,4 %, et ce, malgré une baisse marquée de la part des revenus de placement (de 22,0 % à 11,8 % du total) ; c'est que la part des revenus privés de retraite a été multipliée presque par trois (de 8,2 % à 23,4 %).

Chez les hommes, la part du revenu de sources privées a légèrement diminué, passant de 58,4 % à 55,0 % entre 1980 et 2003, principalement en raison de la dégringolade de leurs gains d'emploi (de 25,9 % à 7,4 %) ; leur revenu privé de retraite est passé de 16,7 % à 37,7 %. Pendant cette période, la part versée par le Régime des rentes du Québec a doublé, de 11,5 % à 21,1 %.

Des logements plus grands

Les ménages dont le soutien est âgé de 65 à 74 ans habitent de plus en plus une maison individuelle (40,7 % en 1983, mais plus de la moitié (51,4 %) en 2003) et de moins en moins un appartement (46,8 % en 1983 et 31,3 % en 2003). Ils sont propriétaires aussi dans une plus grande proportion (54,0 % en 1983 et 67,0 % en 2003). Comme les ménages des autres groupes d'âge, ceux dont le soutien a 65 ans et plus habitent des logements de plus en plus grands. Ainsi, presque un tiers (28,7 %) des ménages dont le soutien a entre 65 et 74 ans habitent un logement de sept pièces et plus (maison ou appartement), en comparaison de 20,3 % en 1983.

Un meilleur niveau d'études

La scolarité des personnes de 65 ans et plus s'améliore. Ainsi, la proportion de femmes âgées titulaires d'un certificat, d'un diplôme ou d'un grade universitaire s'est accrue de 3,5 % à 6,5 % entre 1981 et 2001 ; chez les hommes, cette proportion a presque doublé. Elle est passée de 6,5 % à 11,4 %. Chez les générations plus jeunes, le niveau de scolarité des femmes dépasse maintenant celui des hommes, mais il pourrait s'écouler encore de 20 à 30 ans avant que la proportion de femmes ayant un grade universitaire dépasse celle des hommes parmi les aînés les plus jeunes.

Un timide mouvement vers le marché du travail

Certains affirment que les travailleurs et travailleuses devront retarder de plus en plus le début de leur retraite. Ce mouvement est perceptible et récent, avant mais aussi après 65 ans. La participation au marché du travail des 65-69 ans est passée de 9,2 % à 16,4 % entre 2000 et 2004 chez les hommes et de 3,1 % à 8,1 % chez les femmes. Ces niveaux ne sont cependant pas très différents de ce qu'ils étaient en 1980. Les emplois atypiques (à temps partiel et autonomes) dominent chez les 65-69 ans (87,4 % chez les femmes et 67,8 % chez les hommes).


Publié le Lundi 3 Octobre 2005 dans la rubrique Divers | Lu 6627 fois