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Senior Actu

Chômeurs seniors : une grande étude de l’Anpe dresse leur profil

Une récente étude intitulée « Les demandeurs d’emploi seniors » réalisée par l’Observatoire de l’Anpe, parue en mars dernier et passée relativement inaperçue, dresse un portrait statistique des demandeurs d’emploi âgés de 50 ans et plus. Elle souligne notamment, que les chômeurs seniors sont moins nombreux que les jeunes, qu’ils se caractérisent par leurs difficultés à se réinsérer sur le marché du travail et qu’à partir de 55 ans, ils sortent principalement vers l’inactivité.


La situation du chômage des seniors

Cette grande étude d’une quarantaine de pages, parue il y a deux mois, est passée jusqu’à maintenant relativement inaperçue. Pourtant, le chômage des 50 ans et plus est devenu un véritable problème de société…

Le gouvernement, par le biais de son Plan Senior tente de s’y attaquer afin de pouvoir respecter les objectifs européens fixés par le Conseil de Stockholm : à savoir 50% des 55-64 ans en activité d'ici 2010 ! Pourtant, l’affaire n’est pas gagnée…

Même « s’ils sont moins exposés que les plus jeunes au risque de perte d’emploi, une fois au chômage, les seniors ont plus de difficultés à en sortir » indique un introduction l’auteur de ce rapport Danielle Greco. D’ailleurs, selon cette étude, les chômeurs seniors « se caractérisent par leurs difficultés à se réinsérer sur le marché du travail ». Plus de la moitié est au chômage de longue durée et près d’un tiers, depuis plus de deux ans. Ainsi, à « fin décembre 2004, les seniors avaient une ancienneté moyenne de chômage de 21 mois contre 13 mois pour l’ensemble des demandeurs ». Une différence qui varie presque du simple au double.

Selon l’Observatoire de l’Anpe, le taux de chômage des seniors -qui se produit le plus souvent à la suite d’un licenciement- s’élevait en décembre 2005 à 7%. Ce chiffre, moins élevé que celui du chômage des jeunes « ne décrit que partiellement leur situation sur le marché du travail. En effet, si environ 600.000 demandeurs d’emploi étaient âgés de 50 ans ou plus à fin décembre 2005, 400.000 autres personnes bénéficiaires du régime d’assurance chômage ou du régime de solidarité chômage étaient également sans emploi mais dispensées de recherche d’emploi (voir encadré ci-dessous*) » et donc non comptabilisées. Pourtant comme le souligne l’auteur, une part de ces chômeurs « aurait néanmoins souhaité continuer à travailler ». Au bout du compte, seul un tiers des demandeurs d’emploi seniors retrouvera un travail.

L’Observatoire de l’Anpe souligne par ailleurs « qu’à partir de 55 ans, la sortie du chômage se fait le plus souvent vers l’inactivité ». Et ce, pour principalement deux raisons. D’une part, à cause de la position spécifique des seniors sur le marché du travail : plus expérimentés, mieux payés, entrant souvent au chômage à la suite de la rupture d’un contrat à durée indéterminée, et recherchant un emploi en décalage avec les offres disponibles. D’autre part, ajoute le rapport, les phénomènes de discrimination à l’embauche liés à l’âge ont été largement démontrés.

« Ces deux aspects prennent place dans un contexte de politiques et de pratiques de retrait d’activité qui se sont développées pendant plus de quinze, notamment pour faire face aux restructurations » indique l’étude. Pourtant, souligne l’auteur « face au vieillissement de l’ensemble de la population et aux perspectives de stagnation puis de baisse de la population active, cette politique de retrait d’activité » devra être « remise en cause » et « la question du développement de l’emploi des seniors » doit « se poser avec acuité ».

« Une meilleure connaissance des caractéristiques des chômeurs seniors et des difficultés qu’ils rencontrent constitue un premier pas dans la construction d’actions et d’interventions spécifiques destinées à améliorer le retour à l’emploi de ce public » conclut Danielle Greco.

Espérons que cette étude servira à mieux servir cette problématique et surtout, qu’elle ne finira pas dans un tiroir. .../...
Chômeurs seniors : une grande étude de l’Anpe dresse leur profil

Ce que recherchent les demandeurs d'emploi seniors

En ce qui concerne les emplois et métiers recherchés par les seniors, plus d’un tiers des hommes est inscrit dans un métier du transport et de la logistique, de la mécanique et de l’électronique ou du BTP, tandis que pour les femmes, plus d’un tiers d’entre elles recherchent un emploi dans la seule catégorie des services aux personnes et aux collectivités. Cette concentration des femmes sur un nombre restreint de métiers est plus marquée que chez leurs cadettes.

Près d’un senior sur quatre recherche un emploi à temps partiel. L’écart avec les plus jeunes s’observe quel que soit le sexe. Si on regarde la situation en fonction de l’âge détaillé, on constate que la recherche d’emploi à temps partiel augmente régulièrement avec l’âge jusque vers quarante ans où elle reste stable, puis augmente à nouveau à l’approche de cinquante

Enfin, toujours selon ce rapport, le poids des seniors dans la demande d’emploi varie peu en fonction des régions. Il est peu élevé dans les DOM (9,5%) et légèrement moins élevé que la moyenne métropolitaine en Corse (13,1%) et dans le Nord-Pas-de-Calais (13,1%) alors qu’il dépasse la moyenne en Île-de-France (16,2%), dans le Centre (16%), en Bourgogne (16,4%), dans le Limousin (16,4%), ainsi qu’en Provence-Alpes-Côte d’Azur (15,4%).

Chômeurs seniors : la dispense de recherche d'emploi

Chômeurs seniors : une grande étude de l’Anpe dresse leur profil
* La dispense de recherche d'emploi est une possibilité offerte depuis 1984 aux chômeurs de plus de 55 ans.

Elle est prévue par le code du travail sous certaines conditions (voir ci-dessous).

L’Assédic adresse une lettre d’information aux personnes susceptibles d’être dispensées d’une recherche de travail.

Les demandeurs d’emploi reçoivent en même temps un formulaire qu’ils doivent renvoyer dûment complété à leur agence locale s’ils souhaitent bénéficier de cette dispense.

A réception de la demande, le chômeur senior est alors suspendu.

Sont susceptibles d’être dispensés :
- à partir de 55 ans, les demandeurs non indemnisés, les bénéficiaires de l’allocation spécifique de solidarité (ASS), les bénéficiaires de l’allocation de retour à l’emploi (ARE) qui justifient de 160 trimestres ;
- à partir de 57 ans et demi, les bénéficiaires de l’ARE.

En décembre 2004, l’Unédic annonce « comptabiliser plus de 400 000 dispensés de recherche d’emploi indemnisés. Et le rapport de préciser qu’on « observe que ce chiffre a crû plus rapidement que la demande d’emploi en fin de mois (DEFM) des plus de 50 ans : +2,2 % contre +0,5 % entre 2003 et 2004 ».


Publié le Jeudi 11 Mai 2006 dans la rubrique Emploi | Lu 40689 fois