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Senior Actu

'Chômage senior', huit mois après sa sortie, ce livre de Gérard Plumier est toujours d'actualité

Alors que dans le cadre du Plan emploi pour les seniors, le gouvernement prépare pour juin prochain une grande campagne de sensibilisation d'au moins deux ans visant à « faire évoluer les mentalités » du public et des employeurs, revenons sur un ouvrage paru il y a quelques mois aux éditions L’Harmattan : « Chômage senior, l’Abécédaire de l’indifférence » par Gérard Plumier.


Plus d’un tiers des quinquas sont au chômage, et selon toute vraisemblance, une bonne partie d’entre eux ne retrouvera probablement jamais de travail… Un véritable « couperet » d’exclusion de l’emploi qui tranche les vies professionnelles de plus en plus tôt. Pourtant, selon les objectifs européens fixés par le Conseil de Stockholm, 50% des 55-64 ans devront être en activité d’ici 2010 !

Plans gouvernementaux, changements des mentalités, adaptation des entreprises, etc. de nombreuses actions doivent encore être mises en place... Et s'avérer efficaces ! En attendant, les « chômeurs âgés » et plus restent sur le carreau.

L’ouvrage de Gérard Plumier, 54 ans, chômeur depuis 2001, tente de sonner l’alarme « contre l’indifférence qui règne ». De fait, il ne s’agit pas là d’un livre écrit par un économiste de renom ou par un homme politique. Non, il s’agit d’un témoignage rédigé par un salarié véritablement confronté à cette situation inextricable depuis cinq ans.

Gérard Plumier est au chômage depuis juillet 2001. Il avait alors 49 ans. Il a alors repris des études (et obtenu un second bac+5). Depuis, et malgré plus de 2.000 candidatures, cet ancien responsable de formation n’a jamais pu retrouver de travail. Bien évidemment ses droits, en terme de chômage, sont épuisés. Il ne touche plus un sou depuis des lustres… Heureusement que ce monsieur est marié, sinon, il risquerait d’aller grossir le nombre de 50/60 ans qui commencent à se retrouver à la rue…

De A à Z, M. Plumier brosse un tableau sans concession qui dénonce l’exclusion des seniors du marché du travail. « Les entreprises nous tournent le dos, les responsables politiques et syndicaux noient le poisson et les médias ne diffusent que des informations parcellaires » regrette l’auteur. Et d’ajouter qu’il devient « urgent que cet ouvrage puisse aider chacun à mieux comprendre cette situation » car ce qui « est en cause ici est bien loin de ne concerner qu'une seule génération ». .../...
'Chômage senior', huit mois après sa sortie, ce livre de Gérard Plumier est toujours d'actualité

G. Plumier met également le lecteur en garde contre la réduction du « phénomène senior » aux seuls quinquas : « il y a peu, 55 ans représentaient souvent la limite haute de l' "espérance de vie professionnelle" d'un salarié et 50 ans un âge fatidique au-delà duquel il devenait illusoire de prétendre retrouver un emploi. Aussi virtuelle qu'elle puisse paraître à qui n'y est pas confronté, cette notion d' "âge-limite" s'est renforcée ces dernières années à une vitesse exponentielle, au point qu'aujourd'hui une recherche d'emploi devient plus qu'hasardeuse dès 45 ans et même bien souvent 40 ans (on parle de secteurs comme l'informatique ou la communication où l'on est "mort" professionnellement à… 38 ans) »

Même si les statistiques ne permettent d’analyser que le sort des « plus de 50 ans », elles sont déjà dramatiquement révélatrices : un million de sans-emploi, dont plus de la moitié depuis deux ans ou plus. « Les « 50-54 ans » ne représentent que 2,7 % des recrutements, alors qu’ils constituent plus du quart des licenciements économiques ! », s'insurge M. Plumier

« Je suis passé par toutes les phases dont témoignent en parlant tant de chômeurs âgés » confie-t-il. « D'abord, une totale incrédulité, puis le doute et la dévalorisation. Ensuite, c’est le sentiment d'injustice et la colère ». Comme le rappelle Gérard Plumier, les seniors forment la catégorie la plus mal accueillie par les recruteurs -ils reçoivent quatre fois moins de réponses positives à leurs candidatures spontanées qu'un candidat « normal ». Lors des entretiens, « certains n'hésitent pas à nous dire que nous sommes trop âgés » ou alors que « notre profil est surdimensionné, que l'on a trop d'expérience », jusqu’à déclarer : « la commission de recrutement a éliminé tous les candidats de plus de 45 ans ».

Aux dernières nouvelles, M. Plumier n’a toujours pas retrouver d’emploi. Maintenant, aux problèmes financiers quotidiens, s’ajoute l’angoisse de savoir qu’il n’aura « jamais une retraite convenable ».


Publié le Mardi 4 Avril 2006 dans la rubrique Emploi | Lu 8664 fois