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Senior Actu

Chine – Le pays doit s’adapter à la vague nouvelle de seniors vivant seuls


Avec la dissolution du tissu familial et le vieillissement de la population, de plus en plus de retraités chinois se retrouvent seuls et dépressifs ; des initiatives locales et gouvernementales prennent forme afin de lutter contre le phénomène.

L’histoire de la Chine est celle de grandes familles, où les plus anciens étaient entourés de leurs enfants et petits-enfants durant leurs dernières années. Mais de nos jours, avec la diminution de la taille de la famille moyenne et l’émancipation des jeunes adultes, le nombre de retraités n’accueillant plus d’enfants dans leur foyer augmente rapidement. Il y aurait actuellement plus de 23,4 millions de personnes de plus de 65 ans dans ce cas dans le pays, représentant 22,83% des ménages dirigés par un retraité – d’après un recensement de 2000.

La tendance est encore plus intense dans les villes, où les traditions familiales s’évanouissent plus rapidement. Dans une ville comme Tianjing –Nord-Est de la Chine, 10 millions d’habitants- le pourcentage de retraités sans descendants à la maison atteignait 62,5% en 2002. Selon Zhao Bahua, du National Office on Aging, le taux devrait atteindre 80% pour l’ensemble des villes du pays en 2010.

Des chiffres tout relatifs certes, d’un point de vue occidental : une enquête du ministère français de la Santé, parue fin 2003 et intitulée « Vieillir dans 4 mégalopoles : New York, Londres, Paris et Tokyo », montrait que 50 % des plus de 65 ans du cœur urbain de Londres, 44% de ceux de New York et de Paris vivaient seuls – c’est-à-dire sans enfants ET sans conjoint.

Mais le phénomène est d’autant plus douloureux pour les Chinois qu’il est nouveau. Des cas de personnes âgées dont la mort solitaire est découverte seulement des jours après choquent une population traditionnellement gérontophile. C’est pourquoi des initiatives se développent, essentiellement locales et sur le modèle des communautés, pour combattre les dangers de l’isolement et les syndromes dépressifs chez les personnes âgées séparées de leurs enfants.

Dans l’arrondissement Chongwen de Pékin par exemple, une communauté de retraités a négocié un accord avec près de 50 entreprises locales (hôpital, supermarché, restaurant) pour fournir assistance et livraisons à domicile. Un système de sonnettes d’appel et la compagnie de volontaires permettent d’éviter qu’un accident de santé brutal tourne au drame.

Les autorités, dont les efforts étaient jugés jusque là insuffisants par les spécialistes, mettent en place des programmes à l’échelle nationale, sous forme d’aides financières aux personnes âgées. Les retraités esseulés sont particulièrement ciblés ; ainsi les trois quarts des plus de 65 ans qui ont reçu de l’aide de programmes sociaux à Pékin en 2003 vivaient sans enfants à la maison.

Quoiqu’il en soit, pointe Xu Qin -membre du Centre de Recherche sur le Vieillissement- l’évolution de la société chinoise est telle que « les seniors âgés devraient moins dépendre de leurs enfants et se concentrer sur des hobbies qui les mettent en contact avec d’autres personnes ». (source Xinhua).


Publié le Lundi 26 Avril 2004 dans la rubrique Social | Lu 627 fois