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Chine – Décès naturel d’un partisan de l’euthanasie, militant depuis 17 ans


Wang Mingcheng, 49 ans, fils du premier cas connu d’euthanasie en Chine il y a 17 ans, est décédé dimanche dernier d’un cancer de l’estomac, chez lui, à Xi’an. Malgré son souhait de « mort paisible et heureuse » (tel que se traduit « euthanasie » en Chine), les médecins ont refusé de mettre fin à sa vie. Son cancer de l’estomac s’était déclaré il y a deux ans et en novembre 2002 les médecins découvrirent aussi un cancer du foie. Il avait cessé ses traitements le mois dernier. En 1986, Wang et sa sœur Pu étaient devenus célèbres après avoir imploré les médecins de donner une injection létale à leur mère souffrant d’une cirrhose du foie incurable. Après avoir été arrêtés en 1991, le frère et la sœur n’ont finalement pas été jugés coupables de meurtre en 1991, malgré la polémique que continue d’engendrer l’euthanasie en Chine. Cette pratique, est en effet contraire au confucianisme, au bouddhisme ou au tao qui voient dans l’euthanasie active une destruction de la vie. L’euthanasie passive -cesser son traitement- dans les cas de maladies incurables est par contre acceptée. Les mentalités commencent cependant à changer. Trop de suicides sont commis chaque année par des malades âgés. Aucune loi ne régit l’euthanasie en Chine, même si le gouvernement a autorisé en 1998 les hôpitaux à la pratiquer au stade terminal d’une maladie incurable. En France, le sujet est moins tabou mais la pratique est illégale à tous niveaux, malgré les efforts de Bernard Kouchner pour assouplir la législation. Selon le ministre de la santé M. Mattei, « d’une façon générale je suis opposé à l’euthanasie car c’est une mauvaise réponse à des questions de souffrance, de solitude et d’abandon ».


Publié le Jeudi 21 Août 2003 dans la rubrique Social | Lu 1020 fois