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Chicago de Alaa El Aswany : l’Amérique, la pire amie d’Egypte


Le succès de « L’immeuble Yacoubian » fut mérité. Ce livre relatait la vie d’un jeune islamiste qui voulait rentrer dans la police, d’un aristocrate nostalgique, d’un homosexuel aux prises avec ses angoisses, d’un affairiste prompt aux manigances, etc.

Dans la même veine, El Aswany prolonge dans ce nouveau récit son œuvre de dénonciation de la société égyptienne contemporaine en la plaçant devant le miroir américain.

C’est à Chicago qu’il transporte ses protagonistes. Sur fond de 11 septembre et de la visite de leur chef d’état en Amérique évoluent une poignée d’émigrants égyptiens venus parfaire leurs connaissances dans l’université de l’Illinois. Le procédé narratif, en multipliant les points de vue, permet de décrire la complexité du quotidien de ces étudiants.
Chicago de Alaa El Aswany : l’Amérique, la pire amie d’Egypte

Certains ont l’ardent désir de devenir d’authentiques américains, d’autres ne peuvent oublier leurs origines. Chacun explique pourquoi il a été poussé a quitté son pays. Sur ces vies aux antagonismes déchirants, l’auteur dessine le portrait d’une Egypte corrompue, policière, despotique, pressée par la tradition ou par un islamisme au service du pouvoir.

Le chapitre 36 relatant l’arrivée du Raïs est à cet égard un concentré de toutes les tares que vilipende A.El Aswany. A l’évidence l’auteur a de l’affection pour ses personnages et portent sur eux un regard humaniste. Qu’ils soient américanisés ou qu’ils restent égyptiens, ils partagent les mêmes interrogations quant à leur devenir dans des systèmes qui se ressemblent par l’injustice qu’ils secrètent.

Ils connaissent le cauchemar égyptien, quant au rêve américain…

Chicago
Alaa El Aswany
(traduit de l’arabe par Gilles Gauthier)
Editions Acte Sud
460 pages
23 euros


Publié le Jeudi 27 Décembre 2007 dans la rubrique Culture | Lu 6417 fois