Sommaire
Senior Actu

Cataracte : ses origines révélées grâce à la nano-imagerie médicale

A l'Institut Curie, Simon Scheuring, lauréat du programme Avenir de l'Inserm, vient pour la première fois d'observer à très haute résolution un tissu pathologique grâce à la microscopie à force atomique (AFM). Grâce à cette technologie de pointe, les chercheurs sont parvenus à identifier chez un patient, les modifications biologiques responsables de la cataracte.


L'étude de la membrane des cellules d'un cristallin chez un patient atteint de cataracte a permis à ce chercheur de découvrir l'origine moléculaire de cette pathologie. « C'est la première fois qu'un tissu pathologique observé à haute résolution livre des informations sur les origines moléculaires d'une maladie » précise le communiqué de l’Inserm. Et d’ajouter « la microscopie à force atomique quitte le champ de l'imagerie scientifique de pointe pour devenir une technique de nano-imagerie médicale ».

Dans l'oeil, le cristallin joue le rôle de lentille. Il assure la mise au point et la formation d'une image nette sur la rétine grâce à l'organisation et aux propriétés spécifiques des cellules qui le composent. Comme dans tout tissu, les échanges cellulaires sont essentiels à la nutrition, à l'évacuation de déchets. Dans l'oeil, ces échanges doivent néanmoins s'adapter aux propriétés particulières du cristallin.

En effet, sur les membranes des cellules du cristallin de l'oeil, se distinguent des regroupements de protéines, les aquaporines et les connexons : les premières servent de canal pour transférer l'eau et les secondes assurent le passage des métabolites et des ions. Ensemble, ces deux familles de protéines membranaires assurent l'adhésion cellulaire. .../...



En utilisant la microscopie à force atomique (AFM), une technique qui permet d'obtenir une image de la surface d'un échantillon avec une précision d'un milliardième de mètre, l'équipe de Simon Scheuring à l'Institut Curie étudie le fonctionnement de ces assemblages de protéines.

En balayant la surface de l'échantillon avec une pointe dont les déplacements sont repérés par un laser, l'AFM permet d'en dresser une carte « topographique ». En comparant l'assemblage des aquaporines et des connexons dans des membranes de cristallin sain et d'un cristallin pathologique, les chercheurs ont pu identifier les modifications biologiques responsables de la cataracte chez ce patient.

Dans cette cataracte, le manque de connexons empêche la formation des canaux assurant la communication entre cellules. Ces modifications moléculaires expliquent le manque d'adhérence, l'accumulation de déchets dans les cellules et les défauts de transport de l'eau, des ions et des métabolites au sein de ce tissu atteint de cataracte.

Et l’Inserm de conclure : « C'est la première fois qu'un tissu pathologique observé à haute résolution donne des informations sur les origines moléculaires d'une pathologie : la microscopie à force atomique franchit une étape vers la nano-imagerie médicale ».

Ces résultats sont actuellement en ligne dans Journal of Molecular Biology.


Publié le Vendredi 19 Octobre 2007 dans la rubrique Santé | Lu 5767 fois