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Canicule : l’excès de mortalité au cours de l’été 2003 a dépassé le chiffre de 70.000 morts en Europe

Le projet européen baptisé Canicule soutenu par l’Union européenne et coordonné par l’Inserm, a livré ses premiers résultats. Et selon les données de l’Etude de l’impact de la canicule d’août 2003 sur la population européenne, présentées fin mars 2007 lors d’un meeting organisé par l’OMS à Bonn (Allemagne), plus de 70.000 décès supplémentaires se sont produits au cours de l’été 2003, incluant plus de 20.000 décès supplémentaires avant le mois d’août.


Telle est la principale conclusion à laquelle parviennent les six chercheurs issus de quatre pays européens membres du projet européen Canicule, coordonné par Jean-Marie Robine, démographe et directeur de recherche à l’Inserm.

« La surmortalité a atteint des niveaux exceptionnels au mois d’août en France, mais la France et l’Italie ont totalisé le même nombre de décès supplémentaires au cours de l’été 2003, 19.490 et 20.089 respectivement » commente Jean-Marie Robine.

Bien que des distorsions majeures soient survenues dans la distribution des âges au décès, les chercheurs n’observent pas d’effets de moisson. En clair, il n’y a pas eu de réduction compensatrice de la mortalité dans les semaines et les mois qui ont suivi la forte mortalité d’août 2003, parmi les populations les plus fragiles.

Chacun se souvient, en France, des 15.000 morts supplémentaires causées par la vague de chaleur survenue dans l’Hexagone en août 2003. Aucune donnée n’était cependant disponible jusqu’alors, chiffrant le nombre total des victimes à l’échelle européenne. .../...
Canicule : l’excès de mortalité au cours de l’été 2003 a dépassé le chiffre de 70.000 morts en Europe

Grâce aux travaux des chercheurs du projet Canicule, les nombres quotidiens des décès ont été collectés au niveau régional depuis le 1er janvier 1998 dans 16 pays européens. La mortalité d’été a été analysée pour la période de référence 1998-2002 pour établir des seuils de valeurs extrêmes. Les variations dans la mortalité quotidienne ont été examinées en calculant l’écart entre les nombres quotidiens de décès observés en 2003 et au cours de la période de référence. La fréquence des décès a été utilisée pour comparer les pays et les régions.

En conclusion, les membres du projet estiment que « durant l’été 2003, une série d’élévations du niveau de mortalité au dessus des variations normales attendues, pour l’essentiel passées inaperçues, a entraîné un nombre considérable de victimes à l’échelle européenne –surtout des femmes–, en plus du surnombre de décès associés à la vague de chaleur du mois d’août ».

En tant que coordonnateur du projet Canicule, Jean-Marie Robine recommande que le nombre de décès quotidien soit recensé à un niveau géographique très large, afin de permettre à l’Europe de disposer d’instruments de santé publique efficaces.

Pour en savoir plus
Site internet du projet Canicule


Publié le Mercredi 18 Avril 2007 dans la rubrique Santé | Lu 2876 fois