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Cancérologie digestive : une recherche clinique en plein essor

La recherche clinique, garante de l'accès aux soins les plus innovants, ne peut se concevoir sans un maillage fort autour de la recherche fondamentale et de la recherche translationnelle. Un continuum qui existe aussi en oncologie digestive à l'Institut Curie. Explications.


« Avec la montée en puissance de la médecine personnalisée, développer de nouveaux traitements implique d'augmenter nos activités de recherche clinique et de recherche translationnelle », indique le Dr Astrid Lièvre, gastro-entérologue et oncologue digestive à l'Institut Curie.
 
Et d’ajouter : « À l'Institut Curie, nous avons choisi de concentrer nos efforts sur deux pathologies, le cancer colorectal et les tumeurs du canal anal ».
 
Découvrir de nouveaux marqueurs pronostiques et prédictifs de la réponse à une thérapie ciblée est la première pierre à apporter à l'édifice. En effet, concernant les marqueurs pronostiques, la classification TNM sur laquelle tout clinicien se base s'avère insuffisante. L'identification de nouveaux marqueurs apparaît donc comme un objectif majeur. Parallèlement, les cliniciens de l'Institut Curie prennent part à de nombreux essais cliniques à visée thérapeutique.
 
« Dans le cancer du côlon déjà opéré, nous participons à l'essai international Idea, dont l'objectif est de répondre à la question : peut-on réduire la durée du traitement par chimiothérapie adjuvante par Folfox de 6 à 3 mois sans nuire à son efficacité », continue Astrid Lièvre.
 
L'Institut Curie participe aussi à plusieurs essais autour du cancer colorectal métastatique impliquant la Fédération francophone de la cancérologie digestive (FFCD) et Unicancer (essais "Prodige"). Ils visent à comparer des stratégies de traitements associant différentes chimiothérapies normalement utilisées ou couplées à des thérapies ciblées.
 
Par ailleurs, le Pr Emmanuel Mitry est l'investigateur principal pour la France de l'essai Shine, qui évalue une nouvelle thérapie ciblée, l'AZD4547, contre le récepteur au FGF, exprimé par 10% à 15% des tumeurs.
 
Un premier essai de phase 3 chez les plus de 75 ans

Les cancers colorectaux métastatiques surviennent le plus souvent chez des patients âgés. Pourtant, ces derniers sont moins fréquemment traités par chimiothérapie que les patients plus jeunes. L'objectif de l'essai de phase 3 promu par la FFCD et coordonné par le Pr Emmanuel Mitry était donc d'évaluer le bénéfice d'une chimiothérapie associant, ou non, le 5-Fluoro-Uracile (5-FU) avec l'irinotécan. « Les résultats de cette étude sont aujourd'hui disponibles, explique le Pr Emmanuel Mitry. Ils montrent notamment que dans cette population particulière l'irinotécan associé au 5-FU n'améliore pas la survie globale et est associée à une toxicité accrue. »


Publié le Mardi 9 Avril 2013 dans la rubrique Santé | Lu 1218 fois