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Cancer du sein : une seconde lecture de la mammographies est indispensable

Une récente étude publiée dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) de l’Institut de veille sanitaire (InVS) montre qu’il est indispensable, dans le cadre du dépistage du cancer du sein, que les clichés de mammographie soient lus par un deuxième radiologue, procédure actuellement non prévue en ce qui concerne le dépistage individuel.


L’étude a porté sur 513.563 femmes ayant participé à ce "dépistage organisé" en 2003 dans les 57 départements où ce programme avait été lancé depuis au moins six mois. Ce "dépistage organisé" étant étendu à l'ensemble du territoire depuis 2004 seulement.

Tous les deux ans, les femmes de 50 à 74 ans sont invitées à participer à un dépistage qui prévoit : deux clichés par sein, un examen clinique des seins systématique, une double lecture des clichés (par deux radiologues différents), et un bilan de diagnostic complémentaire (échographie notamment) si nécessaire notamment en cas d'interprétation discordante des résultats par les deux radiologues, indique un récent article de l’AFP.

Selon les résultats de cette étude, il s’avère qu’en deuxième lecture, 1.7% des mammographies soit 8.813 femmes concernées ont été jugées positives alors qu’aucun problème n’avait été décelé lors de la première lecture. Ce qui confirme l’intérêt d’une deuxième analyse.

En première lecture, 11.7% des mammographies ont été jugées positives mais après le bilan de diagnostic immédiat effectué par le premier radiologue, seules 4,2% restaient positives. Toutefois, ce bilan n'est pas toujours effectué. Ainsi, 0,7% des patientes n'en ont pas bénéficié.

Précisons qu’un cliché anormal ne signifie pas forcément que l'anomalie apparente sera confirmée comme cancer après le bilan de diagnostic.

De plus, alors que la mammographie semblait normale à la première lecture, l’examen clinique des seins a permis de détecter 1.6% d’anomalies soit 8.126 femmes. Enfin, il est recommandé d’effectuer une échographie lorsque la densité mammaire est très élevée. Cette dernière gênant la lecture.
Cancer du sein : une seconde lecture de la mammographies est indispensable

Ce dépistage est réalisé par un matériel répondant à des normes précises et régulièrement contrôlé. Il est effectué par des radiologues formés au dépistage et interprétant au moins 500 mammographies par an. Le remboursement des mammographies est pris en charge à 100 % par l’Assurance maladie.

L’organisation du dépistage est confiée à des structures départementales, le plus souvent des associations loi 1901, qui travaillent grâce aux fichiers des assurés fournis par l’Assurance Maladie, après accord de la CNIL.

Rappelons que le cancer du sein est le plus fréquent des cancers féminins et reste, encore aujourd’hui, la principale cause de mortalité par cancer chez la femme : 11 637 décès en 2000. En nombre de nouveaux cas, il se situe au premier rang de tous les cancers (41 845 nouveaux cas en 2000 en France).

Détecté à un stade précoce, cette maladie a des chances élevées de guérison. La survie des patientes est directement liée à la taille de la tumeur et à l’envahissement ganglionnaire. Ainsi 90 % des femmes présentant un cancer du sein de moins de 1 cm sans atteinte ganglionnaire guérissent. Ce n’est le cas que pour 55% d’entre elles s’il existe un envahissement ganglionnaire.

En France, même si le dépistage individuel se développe depuis des années, il reste insuffisant.


Publié le Vendredi 16 Septembre 2005 dans la rubrique Santé | Lu 5773 fois