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Cancer du sein : plus de la moitié des femmes belges de 50/69 ans ont réalisé un mammotest

Dans le cadre du Programme national de dépistage du cancer du sein qui a lieu tous les deux ans en Belgique, en 2003/2004, 56% des femmes âgées de 50 à 69 ans ont réalisé une mammographie, indique un récent communiqué de l’Agence Intermutualiste, précisant que ce sont principalement les femmes qui réalisaient peu de dépistage spontané auparavant qui ont été sensibilisées, et notamment les plus âgées.


Cancer du sein : plus de la moitié des femmes belges de 50/69 ans ont réalisé un mammotest
Le Programme national de dépistage du cancer du sein donne tous les deux ans, à toutes les femmes de 50 à 69 ans l’occasion d’être dépistées gratuitement par un mammotest, rappelle le communiqué.

Et de préciser que « celui-ci répond aux normes de qualité de l’Europe Contre le Cancer : l’équipement est soumis à des contrôles stricts de qualité et le mammotest fait l’objet d’une deuxième lecture par un radiologue indépendant ». L’objectif de ce programme étant d’alléger le traitement des tumeurs diagnostiquées à un stade précoce et bien sûr, de diminuer la mortalité par cancer du sein.

Ainsi, l’Agence Intermutualiste* fait, chaque année, une évaluation de ce programme de dépistage du cancer du sein. Dans cet esprit, elle vient de publier son quatrième rapport. Sur base des mammographies réalisées entre 1999 et 2004, l’association a étudié un premier « tour » complet du programme de dépistage en Wallonie et à Bruxelles et presque deux « tours » de dépistage en Flandre. Elle a pu également les comparer avec la période « avant programme », où seul le dépistage spontané existait.

Peu d'augmentation dans la participation et faible « fidélisation » au programme

En Flandre
En 1999-2000, avant le programme organisé, le dépistage spontané par mammographies diagnostiques était le plus bas. Après un premier tour de dépistage organisé, la Flandre a rattrapé son retard : 50% des femmes ont été examinées et 23% l’ont été grâce au mammotest.

En 2003-2004, au deuxième tour, la couverture totale n’a augmenté que de 6%, tandis que la couverture par mammotest a augmenté de 12%. Au second tour, un grand nombre de "nouvelles" femmes, qui n’avaient donc pas été examinées au premier tour, sont encore entrées dans le programme. Seules 19% des femmes ont été fidélisées au programme : elles se sont fait examiner par un mammotest au premier et au second tour.

En Wallonie et à Bruxelles
En 1999-2000, l’habitude de dépistage spontané par mammographie diagnostique était déjà bien ancrée avec une couverture de 45% et de 47%. En 2003-2004, lors du premier tour du programme, plus de 50% des femmes ont réalisé une mammographie, soit une augmentation d'à peine 1 à 6% par rapport à la période 2001-2002. 10% des femmes en Wallonie et 5% à Bruxelles ont participé au programme de dépistage organisé par mammotest gratuit.

Ce sont surtout les femmes qui n’avaient pas réalisé de mammographie en 2001-2002 qui ont été sensibilisées au programme. En effet, très peu de femmes déjà suivies auparavant par la mammographie diagnostique ont changé leurs « habitudes » pour passer au mammotest.

L’Agence Intermutualiste souligne cependant que suite à des problèmes techniques, il n’a pas été possible d’inviter une partie importante de la population-cible de Bruxelles et en Wallonie. Ce qui invite à interpréter les taux de couverture avec prudence.

De « nouvelles » femmes ont été sensibilisées

Le programme de dépistage organisé avec mammotest gratuit a surtout sensibilisé des femmes qui réalisaient peu de dépistage spontané auparavant : les femmes résidant en Flandre, les femmes plus âgées et les femmes défavorisées socialement.

Avant le programme, il s’agissait surtout de femmes jeunes et favorisées socialement qui réalisaient un dépistage spontané. Aujourd’hui, dans chaque région, le mammotest touche de façon égale les femmes de tout âge. De plus, on observe au deuxième tour, en Flandre, que les femmes plus âgées sont plus « fidélisées » au programme organisé.

La couverture en mammotest reste encore un peu inférieure chez les femmes précarisées. Pourtant, elles sont plus nombreuses à entrer dans le programme. Et, en Flandre, au deuxième tour, elles ont également été plus « fidélisées » au programme organisé.

Peu d’augmentation de la couverture totale

Malgré l’évolution favorable, la couverture totale n'a pas beaucoup progressé depuis la période 2001-2002. Pourtant, plusieurs actions ont été mises en place par les Communautés et le Gouvernement fédéral pour tenter de re-dynamiser le programme.

L’Agence Intermutualiste souligne, elle aussi, l’importance et l’intérêt du dépistage organisé.
Il ne s’agit pas seulement de proposer au groupe cible un dépistage gratuit et de qualité mais également d’éviter des examens inutiles pour les femmes et des dépenses injustifiées pour la société. Il y a, en effet, une différence entre l'examen à visée diagnostique pour la femme se présentant avec des symptômes ou plaintes et le mammotest de dépistage qui s’adresse à des femmes ne présentant aucun symptôme.

Suivant les recommandations de l’Europe Contre le Cancer, en moyenne seulement 6% des mammotests devraient être complétés par une échographie. « En Belgique, plus de 80% des examens mammographiques diagnostiques, en grande majorité réalisés dans un cadre de dépistage spontané, sont suivis par une échographie réalisée le plus souvent le jour même. La société paie ici un coût élevé souvent injustifié. La combinaison d'une mammographie diagnostique et d'une échographie coûte deux fois plus cher qu’un mammotest. De plus, elle génère un nombre plus élevé de fausses présomptions de cancer, sources d’angoisses et de mises au point inutiles » conclut l’agence.

* L'Agence Intermutualiste (AIM) est une association sans but lucratif qui a été fondée par les unions nationales des organismes assureurs (OA's), en octobre 2002.

Conclusion du rapport

Il est donc important de tout mettre en œuvre pour convaincre les femmes de 50 à 69 ans de se faire dépister gratuitement à l’aide du mammotest mais aussi de convaincre les médecins des avantages du programme organisé. Dans le but de mener à un meilleur dépistage, tout en réduisant, le nombre d’examens complémentaires inutiles, angoissants pour la femme et chers pour la société.


Publié le Lundi 25 Septembre 2006 dans la rubrique Santé | Lu 5426 fois