Sommaire
Senior Actu

Cancer du sein : plus de femmes seniors déclarent avoir réalisé une mammographie depuis moins de 2 ans

Selon une étude publiée la semaine dernière dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) de l’Institut de veille sanitaire (InVS), une proportion croissante de femmes âgées de 50 à 74 ans déclarent avoir réalisé une mammographie depuis moins de deux ans dans le cadre d'un dépistage organisé ou individuel.


Cette enquête réalisée entre octobre 2004 et février 2005 a porté sur 14.403 femmes âgées de 18 à 75 ans –dont 6.048 de 50 à 74 ans.

Selon ses résultats, près de 60 % des femmes de 18-75 ans ont déjà passé au cours de leur vie une mammographie (de dépistage ou diagnostic), mais c’est dans la tranche d’âge de 50/69 ans que ce pourcentage est le plus élevé (94,9 %). « Ce qui peut s’expliquer par des recommandations pour le dépistage qui, pendant de nombreuses années, s’appliquaient uniquement à cette population. L’extension aux 70-74 ans n’est intervenue qu’assez récemment » soulignent les auteurs de cette étude.

Toujours selon cette enquête, parmi les femmes qui ont déjà passé une mammographie, le test date deux fois sur trois de moins de deux ans. Et le caractère récent de la mammographie augmente avec l’âge sauf pour les 70-74 ans (64,6 %). Concernant la période ciblée par le dépistage (50-74 ans), 70% des femmes ont eu au moins une mammographie durant les deux dernières années (versus 52% pour les femmes de moins de 50 ans). Par ailleurs, une fois sur quatre (24%), cet examen a été pratiqué entre deux et quatre ans. Au total, 94% des femmes de la tranche d’âge ciblée disent avoir eu une mammographie dans les quatre dernières années.

Dans la majorité des situations, c’est le médecin qui est à l’origine de l’examen (55%) mais une fois sur cinq c’est la patiente qui en a fait la demande. Pour les 50-74 ans, dans plus d’un tiers des cas (34%), la raison de l’examen est liée à une invitation reçue à la maison.

Chez les plus âgées (70-74 ans), c’est principalement cette dernière qui déclenche la réalisation du test ; chez les plus jeunes (50-59 ans) de la tranche d’âge ciblée, c’est plutôt le médecin qui est à l’initiative de cet examen. .../...
Cancer du sein : plus de femmes seniors déclarent avoir réalisé une mammographie depuis moins de 2 ans

Quand le médecin est à l’origine de la réalisation de la mammographie, cette pratique s’inscrit le plus souvent (73%) dans le cadre d’un suivi régulier. Ce constat est surtout fait pour les femmes de 50-74 ans (83% versus 63% pour le reste des femmes enquêtées (18-49 ans)).

Toujours selon cette étude parue dans le BEH, lorsque c’est la femme qui est à l’origine de la demande, c’est aussi la notion de suivi régulier qui est prédominant (47%), surtout à partir de 40 ans et avec un maximum dans la tranche d’âge 50-74 ans (67% vs 31% pour les femmes de moins de 50 ans). Les symptômes (comme motivation de la consultante) arrivent en deuxième position (24%) avec une prédominance parmi celles âgées entre 18 et 39 ans (48%). En revanche, l’information (campagne, lecture…), le conseil d’une personne ou un cancer d’un(e) ami(e) semblent avoir moins de poids (respectivement 7,2 %, 2,5 % et 4,1 %).

Pour les femmes qui n’ont jamais réalisé une mammographie, les raisons à cette « non pratique » diffèrent beaucoup suivant l’âge. Près d’une femme sur deux (49%) de 50-74 ans (parmi celles qui n’ont jamais pratiqué de mammographie) déclarent qu’elles n’ont pas besoin de cet examen, ce pourcentage étant particulièrement élevé dans la tranche d’âge 70-74 ans (58%). Le manque de temps est surtout mis en avant par les 50-59 ans (32 %) alors que les notions de coût ou d’éloignement géographique du cabinet de radiologie ne sont pratiquement pas évoqués (respectivement 0,9 % et 0,3 %).

Pour les auteurs de cette étude, à l’analyse de toutes les variables, les facteurs les plus discriminants favorisant le fait d’avoir réalisé une mammographie dans les deux dernières années sont, pour les femmes âgées de 50 à 74 ans : l’existence d’un programme de dépistage organisé dans leur département avant 2004, un revenu supérieur à 1 500 euros par unité de consommation, un nombre de consultation chez le généraliste supérieur ou égal à deux au cours de l’année et au moins une visite chez le gynécologue au cours des 12 derniers mois.

La comparaison avec 2000 montre une progression significative de la pratique de la mammographie au cours des deux dernières années (chez les 18-75 ans), passant de 31% en 2000 à 36,8 % en 2005. Et l’étude de souligner qu’elle « est particulièrement marquée parmi les femmes de 60 à 74 ans : 42,3 % en 2000 à 63,2 % en 2005 ».

Par ailleurs, la prévalence des femmes ciblées par le dépistage organisé (50-74 ans) ayant réalisé « une mammographie dans les deux dernières années » évolue de façon très positive et significative : 43,8 % en 1995 ; 52,2 % en 2000 et 65,4 % en 2005 alors que la réalisation de mammographie chez les moins de 49 ans s’est stabilisée entre 2000 et 2005. Un gain de 26 est observé parmi les 60-69 ans et de 31 parmi les 70-74 ans, en 10 ans (entre 1995 et 2005).

De plus, le gain de prévalence (+16.4) est maximum parmi les femmes à revenus modestes (moins de 900 euros) entre 2000 et 2005, et l’écart de prévalence entre les plus modestes et les plus aisées a régressé (17,8 % vs 9,4 %) durant la même période.

Lancé à partir de 1989 dans des départements pilotes, le programme de dépistage organisé gratuit avait été étendu à 81 départements en 2003 avant d'être généralisé en 2004. Depuis 2001, les femmes de 50 à 74 ans sont invitées à faire tous les deux ans des mammographies de dépistage, avec une garantie de qualité et une lecture systématique de tous les clichés par deux radiologues différents.

En savoir plus le site de l'InVS


Publié le Mercredi 9 Mai 2007 dans la rubrique Santé | Lu 3782 fois