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Cancer du sein : l’INC repart en campagne pour inciter les femmes à participer au programme de dépistage

Près d’une femme sur huit* sera confrontée au cours de sa vie à un cancer du sein. En l’absence de moyens de prévention adaptés, le dépistage est, avec les traitements, un pivot de la lutte contre ce cancer. Trois ans après la généralisation du programme de dépistage organisé du cancer du sein à l’ensemble du territoire national, les résultats sont encourageants mais doivent être consolidés. La participation des femmes de la tranche d’âge concernée (50-74 ans) doit encore progresser pour améliorer l’efficience et conforter la qualité du programme. C’est dans ce cadre que l’Institut National du Cancer (INC), avec le soutien du ministère de la Santé (DGS) et de l’Assurance Maladie, lance une nouvelle campagne d’information pour convaincre les femmes concernées de participer au dépistage organisé.


Les femmes sont de plus en plus nombreuses à participer au programme de dépistage organisé du cancer du sein.

Ce dernier offre tous les deux ans une mammographie similaire à celle réalisée dans le cadre du dépistage individuel avec toutefois, en plus, une vérification (deuxième lecture) de chaque mammographie négative en première lecture.

La participation à ce programme continue d’augmenter en France d’après les données publiées la semaine dernière par l’Institut National de Veille Sanitaire (voir encadré ci-dessous). Ainsi, en 2006, plus de deux millions de femmes ont eu recours au dépistage organisé du cancer du sein, ce qui représente 49% de la cible et plus de 3 millions de femmes dépistées en 2005 et 2006. Le taux de participation est en constante augmentation ces dernières années, depuis la mise en place du dépistage organisé et sa généralisation en 2004 (33% en 2003 ; 40% en 2004 ; 45% en 2005).

Un dispositif d’actions national à fort ancrage départemental pour convaincre les femmes de participer au dépistage organisé du cancer du sein

Dans la continuité des actions d’incitation au dépistage menées en 2005 et en 2006, un dispositif complet de communication est mis en place cette année. Il s’agit de souligner les qualités spécifiques de cette modalité de dépistage (double lecture notamment) ; de prendre appui sur la dynamique de participation ; de valoriser, à chaque fois que c’est possible, les coordonnées des structures chargées d’organiser le dépistage, dans chacun des départements français et enfin, d’impliquer en amont les professionnels de santé (médecins généralistes, gynécologues et radiologues.

Le dispositif comprend d’une part une annonce dans la presse médicale (parue au mois de mai dernier) pour informer les professionnels de santé en amont du lancement de la campagne et leur rappeler l’importance de leur rôle de conviction auprès des femmes. Mais également, un encart de quatre pages dans le magazine féminin Version Femina pour une diffusion à six millions d’exemplaires début juin.

Ce dépliant met en exergue les raisons de participer au programme de dépistage organisé (la réduction de la mortalité par cancer du sein ; la double lecture et la prise en charge à 100 % de l’examen) mais il répond aussi aux interrogations courantes des femmes (puis-je choisir mon radiologue ? la mammographie est-elle douloureuse ? ...) et rappelle plus largement l’intérêt que revêt le dépistage pour lutter contre le cancer du col de l’utérus, le cancer colorectal ou les cancers de la peau. .../...
Cancer du sein : l’INC repart en campagne pour inciter les femmes à participer au programme de dépistage

Le dépistage organisé : la meilleure façon de se faire dépister

D’abord initié à titre expérimental dans quelques départements français, le programme de dépistage organisé a été progressivement généralisé à l’ensemble du territoire national. Ainsi, depuis 2004, les femmes de 50 à 74 ans sont invitées à participer à ce dispositif construit autour d’une forte exigence d’assurance qualité et d’évaluation.

Ses modalités pratiques :
Un courrier personnalisé est envoyé tous les deux ans aux femmes âgées de 50 à 74 ans par une structure de gestion départementale (association financée principalement par l’Assurance maladie et par l’Etat et dans certains départements, le Conseil général). Il invite les femmes à se faire pratiquer un examen clinique des seins et une mammographie (deux incidences : face et oblique).

Cet examen est pris en charge à 100% et est effectué chez le radiologue choisi par la femme parmi une liste de spécialistes agréés. La radio est lue immédiatement et, en cas d’anomalie, le médecin désigné par la personne est informé et un bilan diagnostique est mis en oeuvre sans tarder. Tout cliché normal ou montrant des images non suspectes est relu par un second radiologue. En cas d’anomalie, le médecin traitant et/ou le gynécologue sont prévenus et assurent généralement le suivi.

Son exigence de qualité :
• Le matériel : respect de normes strictes, contrôles réguliers par l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé (AFSSAPS).
• Les radiologues : justification d’au moins 500 mammographies lues par an (premier niveau).
• Relecture systématique des clichés normaux ou bénins par un radiologue expert : en moyenne, près de 7 % de l’ensemble des cancers sont détectés grâce à la seconde lecture, selon l’Institut de Veille Sanitaire (InVS). Seul le dépistage organisé permet aux femmes de bénéficier de cette seconde lecture selon des critères précisément établis.

Les seconds lecteurs ont reçu une formation spécifique et s’engagent à lire environ
2000 mammographies par an.


* Risque estimé de développer un cancer du sein avant 75 ans s’il n’y a pas d’autres causes de décès pour la génération née en 1953. L. Remontet et al. Evolution de l’incidence et de la mortalité par cancer en France de 1978 à 2000

Le cancer du sein : cancer le plus fréquent chez la femme

Avec 41 800 nouveaux cas en 2000, le cancer du sein est le plus fréquent des cancers féminins (36 % de tous les cancers féminins). Il représente plus du tiers des nouveaux cas de cancer en France, et sa fréquence a pratiquement doublé entre 1980 et 2000. C’est la première cause de mortalité par cancer chez la femme : 11 093 personnes en sont décédées en 2003. Depuis le milieu des années 90, les taux de mortalité standardisé par âge sont cependant en baisse, résultat de l’amélioration des traitements et d’une détection plus précoce.

Cancer du sein : Plus de 3 millions de femmes ont participé au dépistage

La participation au programme de dépistage du cancer du sein continue d'augmenter en France d'après les dernières données publiées la semaine dernière. Ainsi, en 2006, plus de deux millions de femmes ont eu recours au dépistage organisé du cancer du sein, ce qui représente 49% de la cible et plus trois millions de femmes dépistées en 2005 et 2006. Le taux de participation est en constante augmentation ces dernières années, depuis la mise en place du dépistage organisé et sa généralisation en 2004 (33% en 2003 ; 40% en 2004 ; 45% en 2005).

Toutefois, précise l’InVS, la participation des femmes au programme de dépistage du cancer du sein est inégale selon les régions pour les années 2005 et 2006. Trois régions (Pays-de-la-Loire, Bretagne, Limousin) présentent des taux élevés de participation (proches de 60%) par rapport à la moyenne nationale tandis que neuf autres (Bourgogne, Languedoc-Roussillon, Midi-Pyrénées, Nord-Pas-de-Calais, PACA, Picardie, Poitou Charente, Rhône-Alpes, Antilles-Guyane) se situent en moyenne entre 40 et 49%.

Enfin, seules trois régions présentent des taux de participation plus faibles (Corse, Ile-de-France et Lorraine) inférieurs à 39%.

L'efficacité d'un programme de dépistage organisé nécessite une participation élevée au moins égale à 70%. Le taux de couverture mammographique par le dépistage organisé, le dépistage individuel et le suivi pour pathologie bénigne ou maligne estimé par le Baromètre cancer 2005 de l'Inpes est proche de 70 %.


Publié le Lundi 28 Mai 2007 dans la rubrique Santé | Lu 7260 fois