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Cancer de la prostate : un dépistage sanguin à l’étude

BioMérieux, leader mondial du diagnostic in vitro et la société française de biotechnologies ExonHit Therapeutics ont annoncé cette semaine qu'ils allaient démarrer un programme de recherche qui pourrait permettre de dépister le cancer de la prostate, qui survient généralement chez l’homme au-delà de la cinquantaine, par simple prise de sang. « Il s’agira, entre autres, d'assister les médecins sur la décision d'opérer » ce type de cancer précise le communiqué.


Ces tests de diagnostic représentent une réelle innovation dans le domaine du cancer puisqu'ils devraient permettre de détecter les cancers à partir d'une simple prise de sang. Cette prise en charge très en amont est essentielle pour augmenter les chances de succès de tout traitement anti-cancéreux.

Cette collaboration entre ExonHit et BioMérieux a pour objectif de mettre au point des puces à ADN permettant de dépister la présence de marqueurs cancéreux à partir d'échantillons sanguins. En effet, les puces à ADN sont des outils parfaitement adaptés à la détection de plusieurs dizaines d'acides nucléiques permettant de caractériser des pathologies multi-géniques comme les cancers.

Après avoir initié un programme de dépistage sanguin des cancers du sein pour lequel une étude prospective clinique est en cours et un projet de dépistage sanguin des cancers colorectaux, bioMérieux et ExonHit s'engagent sur le cancer de la prostate, cancer le plus fréquemment diagnostiqué chez l'homme aujourd'hui.

Chaque année en France, le cancer de la prostate touche plus de 40 000 hommes et représente la deuxième cause de mortalité par cancer, souligne le communiqué. Et de préciser qu’il « survient chez l'homme de plus de 45 ans et sa fréquence augmente avec l'âge ».

L'évolution du cancer prostatique est souvent longue même en l'absence de traitement et ces tumeurs peuvent demeurer silencieuses toute la vie. Très souvent, le cancer de la prostate évolue sans le moindre symptôme, mais à un stade très avancé, il peut engendrer des douleurs osseuses. A ce jour, seules les biopsies permettent d'affirmer avec certitude l'existence du cancer et de préciser ses caractéristiques. "Un test sanguin performant constituerait une réelle amélioration pour le dépistage, permettant une meilleure prise en charge des patients en assistant les médecins dans leur décision de traitement" affirme le communiqué.

« Nous sommes confiants de pouvoir rapidement apporter à BioMérieux un autre panel diagnostic sur le marché du dépistage moléculaire des cancers » déclare Bruno Tocqué, président d'ExonHit. De son côté, précise Stéphane Bancel, directeur général délégué de BioMérieux « la pratique à grande échelle d'un test de dépistage sanguin pourrait faire diminuer la mortalité par cancer des populations soumises au dépistage de 15 à 20 %, leur permettant ainsi d'avoir accès le plus rapidement possible à une prise en charge thérapeutique ».
Cancer de la prostate : un dépistage sanguin à l’étude

La prostate en quelques mots (Source : Association Européenne d'Urologie)

Il s'agit d'une petite glande située sous la vessie et qui entoure la partie supérieure de l'urètre (canal traversant le pénis et conduisant l'urine et le sperme à l'extérieur). La prostate sécrète un liquide épais et clair qui se mélange aux spermatozoïdes pour former le sperme.

Cette glande peut être le siège de plusieurs affections, telles que l'hypertrophie bénigne de la prostate (HBP), l'infection aiguë ou chronique de la prostate et le cancer. Ces maladies peuvent provoquer des symptômes similaires : difficultés ou douleurs pour uriner, mictions fréquentes (en particulier la nuit) et besoins impérieux d'uriner.

Chez l'homme, le risque d'affection de la prostate augmente avec l'âge. Les antécédents familiaux, des origines africaines et une alimentation riche en graisses animales et pauvre en fruits, légumes et poissons peuvent également accroître le risque de maladie de la prostate. Tous les hommes, en particulier ceux de plus de 50 ans, doivent donc être vigilants et consulter leur urologue en cas de doute.


Publié le Vendredi 5 Janvier 2007 dans la rubrique Santé | Lu 5518 fois