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Cancer de la prostate : plus du tiers des patients se considère insuffisamment informé

A l’occasion du congrès de l'Association européenne d'urologie (EAU) qui s’est déroulé à Barcelone (Espagne) fin avril 2010, le laboratoire suisse Ferring Pharmaceuticals, spécialisé en urologie, a présenté les résultats d’un sondage international intitulé « Cancer de la prostate chez l’homme vieillissant ». Une enquête qui montre que les patients ne s’estiment pas suffisamment informés sur leur maladie, notamment sur l’incidence émotionnelle et sexuelle de cette pathologie qui concerne plus de deux millions d’Européens.


Selon ce sondage réalisé en ligne auprès de 624 patients atteints d’un cancer de la prostate -répartis dans huit pays (France, Allemagne, Irlande, Italie, Pays-Bas, Espagne, Grande-Bretagne et Etats-Unis)-, il est nécessaire que les professionnels de santé tiennent compte de « l’homme dans son intégralité » plutôt que de se focaliser uniquement sur les traitements existant.

Cette enquête montre qu’un tiers (34%) des patients s’estime insuffisamment informé pour être en mesure de pouvoir jouer un rôle dans les prises de décision concernant les traitements. Par ailleurs, 34% des sondés se disent « pas très satisfaits » ou « insatisfaits » sur la quantité d’informations qui leur est fournie au cours des mois suivant le diagnostic de la maladie. Toujours selon ce sondage, on apprend que les malades souhaiteraient recevoir davantage de renseignements sur les différents schémas thérapeutiques offerts et sur les effets que ces traitements peuvent avoir sur leur qualité de vie .

« Une des plus importantes conclusions de cette enquête est qu'il y a un net besoin de ressources supplémentaires pour contribuer au soutien émotionnel des hommes lorsqu'ils sont atteints du cancer de la prostate » a déclaré à cette occasion Gunter Feick, président de l'association allemande Bundesverband Prostatakrebs Selbsthilfe (BPS). « Cela est très important puisque la majorité des hommes sondés (78%) a l'impression que leur vie sexuelle a été détériorée par le cancer de la prostate ».

Cette recherche mentionne également que l’impact émotionnel du cancer de la prostate sur les patients n’est pas suffisamment évoquée lors des consultations (les deux-tiers ont répondu « jamais évoquée ») et plus de la moitié (57%) des malades estime ne pas avoir reçu un soutien émotionnel adéquat à la suite de leur diagnostic.

« Contrairement aux femmes, on sait bien que les hommes n’ont pas autant de moyens d’oublier la douleur. Les femmes se distraient par le biais d’activités, parlent de leurs problèmes avec leurs amies, certaines font même des prières. En revanche, les hommes ont tendance à faire face à leurs problèmes seuls dans leur coin. Cette recherche a donc souligné le besoin de fournir un meilleur soutien de la part des professionnels de santé au fur et à mesure que les hommes affrontent les difficultés émotionnelles et sexuelles liées au cancer de la prostate », a déclaré la psychologue, le Dr Linda Papadopoulos.

Ainsi, 56% des patients et 53% des conjoints auraient aimé que les professionnels de santé passent plus de temps à leur parler des effets du cancer de la prostate et du traitement sur leur vie sexuelle. Et les deux-tiers (65%) des conjoints auraient aimé avoir plus de renseignements sur les façons d’aborder les effets potentiels du cancer de la prostate sur leur vie sexuelle.

« Les résultats de ce sondage révèlent clairement que nous, en tant que professionnels de santé, devons autant aider les hommes à faire les bons choix de traitements que les soutenir émotionnellement au fur et à mesure qu'ils affrontent leur maladie » a affirmé Bertrand Tombal, professeur et directeur du service d’urologie de la clinique universitaire Saint-Luc, à Bruxelles (Belgique). « Il est primordial que les médecins passent du temps à discuter avec leurs patients des avantages du traitement mais également de la gestion des effets indésirables afin d'offrir la meilleure qualité de vie possible à chaque malade individuellement ».

Enfin, ce sondage démontre un fort soutien de la part des groupes de patients ; la grande majorité des hommes (90%) pense en effet qu'il aurait été utile d'avoir un « ami » ayant de l'expérience en matière de cancer de la prostate avec qui parler et à qui poser des questions.

A niveau mondial, plus de 670.000 nouveaux cas de cancer de la prostate sont diagnostiqués chaque année* et environ deux millions d’hommes vivent avec cette maladie en Europe**. A noter que les taux d’incidence et de prévalence varient fortement en fonction des zones géographiques. Toutefois, les taux les plus élevés se trouvent en Amérique du nord et en Europe du nord et de l’ouest***.
Cancer de la prostate : plus du tiers des patients se considère insuffisamment informé

La prostate en quelques mots (Source : Association Européenne d'Urologie)

Il s'agit d'une petite glande située sous la vessie et qui entoure la partie supérieure de l'urètre (canal traversant le pénis et conduisant l'urine et le sperme à l'extérieur). La prostate sécrète un liquide épais et clair qui se mélange aux spermatozoïdes pour former le sperme.

Cette glande peut être le siège de plusieurs affections, telles que l'hypertrophie bénigne de la prostate (HBP), l'infection aiguë ou chronique de la prostate et le cancer. Ces maladies peuvent provoquer des symptômes similaires : difficultés ou douleurs pour uriner, mictions fréquentes (en particulier la nuit) et besoins impérieux d'uriner.

Chez l'homme, le risque d'affection de la prostate augmente avec l'âge. Les antécédents familiaux, des origines africaines et une alimentation riche en graisses animales et pauvre en fruits, légumes et poissons peuvent également accroître le risque de maladie de la prostate. Tous les hommes, en particulier ceux de plus de 50 ans, doivent donc être vigilants et consulter leur urologue en cas de doute.

Références
*Cancer research UK
**http://www.europa-uomo.org
***M. Quinn et P. Babb. << Patterns and trends in prostate cancer incidence, survival, prevalence and mortality. Part I: international comparisons. >> 2002. BJU International. Volume 90 : Numéro 2; Pages 162 à 173


Publié le Lundi 3 Mai 2010 dans la rubrique Santé | Lu 3110 fois