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Cancer de la prostate : effet bénéfique d’une association de deux médicaments

Aujourd’hui, on estime qu’en France, chaque année, 40.000 décès seraient liés à un cancer de la prostate, maladie qui touche plus particulièrement les hommes de plus de 50 ans. Dans ce contexte, une équipe de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) vient de mettre en évidence l'effet bénéfique dans le traitement de cette maladie, chez la souris, de l'association de deux médicaments actuellement utilisés pour traiter le diabète et l'épilepsie.


Ces travaux, publiés dans la revue Molecular and Cellular Biology, réalisés par deux chercheurs de l’Inserm (Jean-Sébastien Annicotte et Lluis Fajas) et leurs équipes devraient ouvrir de nouveaux axes de recherche pour le traitement de cette pathologie, seconde cause de mortalité par cancer chez l'homme. Des essais cliniques sont aujourd'hui à l'étude par Stéphane Culine au Centre régional de lutte contre le cancer de Montpellier.

« Dans de nombreux cas de cancers de la prostate et notamment pour des stades avancés, les stratégies thérapeutiques hormonales utilisées s'avèrent inefficaces. Il est donc nécessaire d'envisager de nouvelles approches pour le traitement de cette pathologie » indique en préambule le communiqué de l’Inserm.

Des études récentes ont mis en évidence qu'un récepteur nucléaire (nommé PPARy) jouait un rôle important dans la prolifération des cellules cancéreuses. Activé par un ligand spécifique, le complexe ligand/récepteur bloque cette multiplication incontrôlée, précise le communiqué.

Par ailleurs, d'autres études de l'équipe ont montré que la capacité de PPARY à stopper la prolifération des cellules cancéreuse était stimulée par une autre famille de molécule : les inhibiteurs d'histone déacétylase. .../...
Cancer de la prostate : effet bénéfique d’une association de deux médicaments

Ces deux constats laissent suggérer que PPARY puisse devenir une cible thérapeutique intéressante. Les chercheurs ont donc testé, chez la souris, un traitement novateur combinant ces deux molécules : un agoniste de PPARY (c'est à dire une molécule mimant l'action du ligand spécifique) et un inhibiteur d'histone déacétylase.

Et les résultats obtenus sont probants. Non seulement cette association médicamenteuse bloque la progression de la tumeur sur des cancers localisés, mais elle stoppe également le mécanisme d'invasion de la tumeur lors de cancer métastasés.

La réalisation d'essais clinique chez l'homme est d'ores et déjà à l'étude. L'utilisation de cette association de médicaments déjà connus dans le traitement du diabète et de l'épilepsie, devrait permettre aux chercheurs de s'affranchir de longues étapes inhérentes à tout essai clinique.

Ces travaux ont reçu le soutien de l'association pour la Recherche contre le Cancer (ARC),de la Ligue contre le Cancer, et de la Fondation pour la Recherche Médicale (FRM).

La prostate en quelques mots

La prostate est une petite glande située sous la vessie qui entoure la partie supérieure de l'urètre (canal traversant le pénis et conduisant l'urine et le sperme à l'extérieur). Elle sécrète un liquide épais et clair qui se mélange aux spermatozoïdes pour former le sperme.

Cette glande peut être le siège de plusieurs affections, telles que l'hypertrophie bénigne de la prostate (HBP), l'infection aiguë ou chronique de la prostate et le cancer. Ces maladies peuvent provoquer des symptômes similaires : difficultés ou douleurs pour uriner, mictions fréquentes (en particulier la nuit) et besoins impérieux d'uriner.

Chez l'homme, le risque d'affection de la prostate augmente avec l'âge. Les antécédents familiaux, des origines africaines et une alimentation riche en graisses animales et pauvre en fruits, légumes et poissons peuvent également accroître le risque de maladie de la prostate. Tous les hommes, en particulier ceux de plus de 50 ans, doivent donc être vigilants et consulter leur urologue en cas de doute.

(Source : Association Européenne d'Urologie)


Publié le Vendredi 3 Novembre 2006 dans la rubrique Santé | Lu 5981 fois