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Cancer de la prostate : bientôt un outil d’évaluation en ligne des hommes à risque

Alors que le 15 septembre prochain, aura lieu en Europe la Journée nationale de la prostate, l’Association européenne d’urologie (EAU) s’apprête à lancer un outil d'évaluation en ligne du risque de cancer de la prostate qui aidera les urologues, les médecins de famille et les hommes âgés de 55 ans et plus à évaluer de façon adéquate les risques de développer ce type de cancer.


La honte et la méconnaissance des symptômes sont parmi les principales raisons qui expliqueraient pourquoi les hommes européens d'âge moyen négligent d'aller chercher l'aide médicale dont ils besoin lorsqu'ils sont confrontés à des troubles de la prostate*.

Dans ce contexte, les spécialistes médicaux affirment qu'il reste encore beaucoup à faire pour sensibiliser les européens aux maladies de cette petite glande.

« Les risques d'être atteint d'une maladie de la prostate augmentent avec l'âge. Les antécédents familiaux, la descendance africaine ainsi qu'une alimentation riche en graisses animales et pauvres en fruits et légumes seraient d'autres facteurs susceptibles d'accroître les risques de développer une maladie de la prostate. Tous les hommes, particulièrement ceux qui sont âgées de plus de 50 ans, devraient être informés à ce sujet et sont priés de visiter leur urologue en cas d'inquiétudes », rappellent les directives de l'Association européenne d'urologie (EAU).

« Les troubles de la prostate, notamment les cancers malins au stade précoce, passent trop souvent inaperçus. Or, des études récentes ont montré qu'un dépistage opportun et un traitement médical approprié pouvaient s'avérer efficaces dans la plupart des cas » souligne encore le communiqué de l’EAU.

Le dépistage de ce cancer, deuxième cause de mortalité par cancer chez les hommes en Europe occidentale et aux Etats-Unis, comporte trois tests de diagnostic pouvant mener à une biopsie prostatique, soit : le toucher rectal, l'échographie transrectale et le test de l'antigène prostatique spécifique.

C’est dans ce contexte que sort prochainement, l’indicateur du risque de cancer de la prostate qui s’annonce comme le « premier du genre à prédire au moyen d'une analyse multidimensionnelle les risques encourus par les hommes » de développer cette maladie. Il a été créé par le groupe de Rotterdam (Hollande) de l'étude européenne ERSPC (European Randomized Study of Screening for Prostate Cancer).

Selon le professeur Fritz Schröder, président du comité scientifique de l'ERSPC, l'indicateur est un moyen qu'ont les hommes de peser le pour et le contre d'un éventuel dépistage du cancer de la prostate, leur permettant ainsi de décider s'ils doivent consulter ou non leur médecin de famille.

Cet indicateur repose sur les données qui ont été recueillies auprès des 6.288 premiers participants ayant fait l'objet d'un dépistage dans le cadre d'une étude menée dans le secteur de Rotterdam. Les hommes y ont été testés pour l'APS, et toute anomalie au niveau de la prostate a été évaluée au moyen du toucher rectal et de l'échographie par ultrasons. Fonctionnant pour quatre niveaux d'évaluation, l'indicateur s'applique aux hommes âgés entre 55 et 74 ans qui ne sont pas d'origine afro-américaine.

Les niveaux 1 et 2 visent à informer les hommes qui désirent obtenir une première évaluation des risques. Au niveau 2, un test de l'APS devra également être effectué de sorte qu'il sera possible de répondre à la question à savoir s'il est nécessaire de consulter un urologue. Au niveau 3, qui prend en considération le résultat du toucher rectal et celui de l'échographie transrectale relativement au volume de la prostate, de plus amples renseignements sont fournis au sujet des risques d'obtenir une biopsie positive. Quant au niveau 4, qui s'applique aux hommes qui présentent une biopsie positive, l'évaluation comprend les paramètres qui sont associés à la biopsie et qui permettent tant aux urologues qu'aux patients de savoir s'il est préférable d'entreprendre un traitement ou d'effectuer un suivi actif. .../...
Cancer de la prostate : bientôt un outil d’évaluation en ligne des hommes à risque

Voici les questions qui seront abordées par l'EAU lors de la Journée nationale de la prostate le 15 septembre prochain

- Le cancer de la prostate ne peut être guéri qu'à condition qu'il soit décelé très tôt, c'est-à-dire lorsque la maladie se limite à la prostate. Le test de dépistage de l'antigène prostatique spécifique ou APS (une simple analyse de sang) et l'analyse cinétique APS - vélocité APS ou temps de doublement APS - sont d'excellents moyens de reconnaître les patients qui sont à risque de développer un cancer de la prostate.

- Les cancers qui sont dépistés à un stade précoce de développement ne nécessitent pas toujours de traitement. Il suffit souvent d'effectuer un suivi actif de la maladie pour ensuite entreprendre un traitement au besoin.

- La thérapie hormonale affecte grandement la qualité de vie des patients. Toutefois, les effets secondaires peuvent être atténués en leur fournissant un soutien psychologique adéquat et en les informant des bienfaits de l'activité physique et d'une saine alimentation.

- La plupart des hommes développeront une affection bénigne de la prostate, et bon nombre d'entre eux présenteront des symptômes pour lesquels des traitements médicaux et chirurgicaux sont disponibles et hautement efficaces.

*La prostate en quelques mots

La prostate est une petite glande ayant la taille d'une noix - qui grossit avec l'âge - située sous la vessie et dont le rôle consiste à produire le liquide transparent qui assure le transport des spermatozoïdes. Les médecins soulignent que les hommes âgés de plus de 50 ans sont les plus à risque de développer des troubles de la prostate tels que l'hypertrophie (hyperplasie bénigne de la prostate ou HBP), la prostatite aiguë et chronique et le cancer de la prostate.


Publié le Mercredi 5 Septembre 2007 dans la rubrique Santé | Lu 10237 fois