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Canada – Les baby-boomers dopent le marché immobilier canadien

La capacité de payer et le vieillissement de la population sont les principaux facteurs soutenant les niveaux record d'accession à la propriété au Canada, selon le rapport « Real Estate Trends » réalisé par les économistes de la Banque canadienne Scotia et publié par « Etudes économiques Scotia ».


« Compte tenu de la vigueur des ventes de maisons neuves et des reventes au cours des trois dernières années, de même que de la progression constante du taux d'inoccupation des logements locatifs, nous estimons que le taux d'accession à la propriété se situe désormais à un peu plus de 67 % au Canada, alors qu'il était de 65,8 % en 2001 », a déclaré Warren Jestin, économiste en chef, d’Etudes économiques Scotia. « Cette hausse représente près d'un demi-million de nouveaux propriétaires et s'ajoute aux quelque 750 000 ménages ayant accédé à la propriété entre 1996 et 2001 ».

Selon le rapport, cet accroissement du nombre de propriétaires s'explique en partie par le vieillissement de la population. En fait, le taux d'accession à la propriété est en constante progression depuis les trente dernières années, à mesure que, de locataires, les nombreux Canadiens issus du baby boom deviennent propriétaires. Ces enfants de l'après-guerre, aujourd'hui dans la quarantaine et la cinquantaine, sont actuellement dans
leurs meilleures années pour l'achat d'une résidence.

Dans l'avenir, les facteurs économiques qui conditionnent l'achat d'une résidence, c'est-à-dire la capacité de payer et la différence de coût entre la propriété et la location, pourraient changer. La faiblesse des taux hypothécaires maintiendra la capacité financière, mais celle-ci s'effrite déjà devant l'augmentation du prix des maisons. Parallèlement, la progression du
nombre d'appartements disponibles rehausse l'attrait de la location par rapport à l'acquisition.

« Il ne s'agit cependant que d'un aspect de la réalité, car les taux d'accession à la propriété ont augmenté dans tous les principaux groupes d'âge entre 1996 et 2001, une tendance qui, nous croyons, s'est poursuivi au cours des dernières années », a expliqué M. Jestin. « Un certain nombre de facteurs, notamment la hausse du revenu disponible, la forte croissance de l'emploi et la faiblesse des taux hypothécaires, ont permis à de nombreux Canadiens de devenir propriétaires. Les nouveaux produits de prêt hypothécaire, l'assurance hypothèque réduisant le versement initial minimum, ainsi que les retraits REER avec report d'impôt pour les acheteurs d'une première maison, ont également favorisé l'acquisition d'une maison ».

Le rythme relativement plus élevé de l'augmentation du prix des maisons par rapport à ceux des loyers commence à creuser l'écart de coût entre ces deux modes de logement. La différence entre le versement hypothécaire mensuel type sur une maison de prix moyen et le loyer moyen pour un logement de deux chambres se chiffrait à environ 300 dollars (185 euros) en 2004, ce qui représente encore seulement la moitié de la différence de 600 dollars (370 euros) qui avait cours en 1990, mais une hausse par rapport au creux d'un peu plus de 100 dollars (62 euros) enregistré en 1998. « Cet écart ira vraisemblablement en s'accroissant cette année, ce qui chassera du marché certains acheteurs potentiels », a ajouté Adrienne Warren, économiste principale d’Etudes économiques Scotia.

A l'échelle régionale, bien que les taux d'accession à la propriété aient augmenté dans chaque province et dans la presque totalité des principaux centres urbains au cours des dernières années, d'importantes disparités perdurent à ce chapitre. A Terre-Neuve-et-Labrador, la province affichant la plus forte proportion de propriétaires, 78 % des maisons étaient occupées par leurs propriétaires en 2001. En revanche, seulement 58 % des ménages québécois étaient propriétaires de leur résidence, le taux provincial le plus faible.

« En général, les taux de propriété sont considérablement plus élevés dans les régions rurales et les petites villes que dans les grands centres métropolitains, ce qui s'explique fort probablement par une accessibilité économique moindre, une population relativement plus jeune et une immigration plus forte dans de nombreux centres urbains importants », a conclu M. Warren.

L'équipe d'Etudes économiques Scotia propose « une analyse approfondie des facteurs qui façonnent l'avenir du Canada et de l'économie mondiale, notamment l'évolution macro-économique, les tendances des marchés de change et des capitaux, le rendement des produits de base et de l'industrie, ainsi que les enjeux relatifs aux politiques monétaires, fiscales et gouvernementales ».


Publié le Vendredi 11 Mars 2005 dans la rubrique Finances | Lu 3310 fois