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Canada - Les Oméga 3 pourraient jouer un rôle de frein dans la maladie d'Alzheimer


La consommation d'oméga 3, ces acides gras que l'on trouve dans le poisson ou dans le soja, pourrait contribuer à prévenir la maladie d'Alzheimer, selon une étude canadienne parue récemment dans le magazine scientifique américain Neuron.

Cette étude, menée sur des souris, démontre pour la première fois, que la consommation insuffisante d'un élément alimentaire précis peut avoir un impact direct sur les risques courus par une personne de contracter une affection neurologique dévastatrice. « Le public doit retenir qu’une diète est importante pour le cerveau », affirme Frédéric Calon, principal auteur de l’étude, spécialiste en endocrinologie moléculaire au centre médical de l'Université Laval, à Québec. « Si vous suivez une diète pauvre en oméga 3, cela va accélérer le processus de l'Alzheimer, en particulier si vous êtes génétiquement prédisposé. »

Les conclusions de cette étude semblent encourageantes. Les spécialistes travaillaient en fait sur des souris spécialement élevées pour développer une maladie similaire à l'Alzheimer, mais ils n’ont pas constaté les symptômes attendus. Ils se sont alors penchés sur leur nourriture et se sont aperçus qu’elle était très riche en oméga 3, puisque composée de soja et de poisson. Une nouvelle expérience a donc été menée sur deux groupes de souris porteuses d’un gène humain responsable de la maladie d’Alzheimer. Un premier groupe nourrit avec une alimentation riche en oméga 3 et le second groupe avec de produits n’en contenant pas. Le groupe alimenté en oméga 3 quotidiennement a vu les symptômes de la maladie s’atténués. En revanche, le second groupe a montré une accentuation des signes biochimiques et comportementaux caractéristiques de cette maladie.

Selon cette étude, il s’agit d’un type particulier d'oméga 3 : les acides docosahexanoiques (ADH), qui semblent conserver la bonne santé de nos synapses (lieu de connexion entre deux neurones, assurant la transmission de l'influx nerveux d'un neurone à l'autre.) L’ADH est présent en quantité importante dans le cerveau. Cet acide gras intervient dans la fluidité des membranes des neurones, dans le transport des protéines et dans la transmission de l'influx nerveux. « Normalement, le cerveau conserve des réserves d’ADH, mais chez nos souris, leur concentration diminue rapidement si elles suivent une diète pauvre en oméga-3 », précise le professeur Calon.

Un certain nombre d'études ont déjà laissé entendre que les individus suivant une diète riche en poisson étaient moins susceptibles que les autres de développer la maladie d'Alzheimer et des problèmes cardiaques.

A l’heure actuelle, aucun médicament n’existe pour renverser ou stopper la maladie d’Alzheimer. Il est donc primordial de travailler sur la prévention, toutefois, pour F. Calon, il est encore trop tôt pour prescrire l'usage des ADH ou d'autre acides gras oméga-3. « Cependant, compte tenu du faible risque associé à une consommation élevée d'acides gras oméga-3 et de leur effet protecteur possible dans les maladies cardiovasculaires, une consommation d'aliments riches en ADH ne devrait pas être découragée, particulièrement chez les personnes âgées », conclut le chercheur
Canada - Les Oméga 3 pourraient jouer un rôle de frein dans la maladie d'Alzheimer


Publié le Vendredi 10 Septembre 2004 dans la rubrique Nutrition | Lu 3557 fois