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Café côté coeur

Les effets du café sur le cœur sont restés longtemps controversés. Jusqu’en 2000, les études cas-témoins faisaient état d’une association positive entre la consommation de café et les maladies cardiovasculaires (MCV). Mais ces études souffraient de biais de sélection et de remémoration des quantités de café consommées. Plus récemment, une série d’études a montré que cette attitude alarmiste n’était pas de mise. Le point avec le site Internet Santé et Café.


Café côté coeur
Selon les études récentes sur de grandes populations, le café ne semble pas présenter un risque cardiovasculaire. Si, pour réduire ce risque, il est souhaitable d’agir sur l’hygiène de vie, en particulier cesser le tabac, augmenter l’activité physique et adopter un régime alimentaire équilibré, on recommandera de modérer la consommation de café uniquement chez des patients à risque.
 
Le café réduit le risque de maladies cardiovasculaires
Début 2014, une très large méta-analyse a inclus 36 études de cohorte, 1.3 millions de participants et 36.352 cas de MCV (maladie coronarienne, accident vasculaire cérébral (AVC), insuffisance cardiaque et mortalité cardiovasculaire).
 
Les auteurs ont trouvé une relation inverse entre la consommation de café et le risque de MCV. Par rapport à la non-consommation de café (0 tasse/j), le risque relatif de MCV est de 0,95 (Intervalle de confiance (IC) 95% : 0,87-1,03) pour la consommation la plus élevée (5 tasses/j), de 0,85 (0,80-0,90) pour 3,5 tasses/j et de 0,89 (0,84-0,94) pour 1,5 tasse/j.
 
Une revue récente incluant vingt-cinq articles publiés de 2010 à 2015 confirme ces données et conclut que la consommation de café est sans risque à la fois pour les individus en bonne santé et pour ceux qui souffrent de maladies cardiovasculaires ou d’hypertension préexistantes.
 
Réduction du risque d’infarctus
La réduction du risque d’infarctus a été rapportée en 2009 dans une méta-analyse incluant 21 études et 15.599 cas de maladies coronariennes sur une population de 407.806 participants. Par rapport à une consommation basse de café (< 1 tasse/j aux USA ou 2 tasses/j en Europe), la consommation modérée de café était associée à une réduction significative du taux de maladie coronaire de 18% chez les femmes et de 13% chez les hommes. D’autres études ont suggéré que les patients souffrant de maladie coronaire pouvaient continuer à consommer leur dose habituelle de café. D’autre part, selon une étude suédoise, cet effet protecteur du café dans la maladie coronarienne serait dû aux composés antioxydants présents dans le café.
 
Réduction de l’insuffisance cardiaque
Une large analyse de cinq études incluant 6.522 cas d’insuffisance cardiaque sur 140.220 participants a montré une relation en J statistiquement significative entre café et insuffisance cardiaque. Comparée à l’absence de consommation, l’association inverse la plus marquée a été observée pour 4 tasses/jour alors que le risque s’accroît potentiellement à des niveaux plus élevés de consommation.
 
Pas de conséquences sur le rythme et la fibrillation atriale
De plus en plus d’études récentes suggèrent que la consommation chronique de café pourrait réduire le risque d’arythmies cardiaques. Plusieurs grandes analyses récentes n’ont observé aucune relation entre la consommation de caféine, la fibrillation atriale et les arythmies chez la plupart des patients. Chez les patients avec des arythmies, la consommation modérée de café n’induit pas davantage d’arythmies.
 
Le café n’augmente pas la tension artérielle
Deux grandes analyses récentes sur de larges populations ont confirmé que la consommation régulière de café n’était pas associée à un risque d’hypertension. En revanche, la caféine seule a un effet hypertenseur. La différence entre café et caféine seule tient au fait que le café contient de nombreux polyphénols antioxydants, en particulier l’acide chlorogénique, qui ont des effets antihypertenseurs compensant les effets de la caféine. Le café bouilli a l’effet le plus marqué sur l’hypertension, devant la forme filtrée et le café instantané. Chez les hypertendus, la consommation de café n’augmente pas le risque d’hypertension.
 
Caféine : rôle du patrimoine génétique ?
Il existe une susceptibilité individuelle aux effets du café sur le système cardiovasculaire selon le patrimoine génétique. Ainsi, les polymorphismes observés au niveau de différents gènes augmentent le risque de développer un infarctus ou une hypertension chez les métaboliseurs lents. De même, l’ADN mitochondrial 5178 C/A module les effets du café sur le risque d’hypertension.
 
Le café réduit la mortalité d’origine cardiovasculaire
De nombreuses études, dont deux très récentes, ont confirmé la réduction déjà connue de la mortalité d’origine cardiovasculaire par la consommation de 3 à 5 tasses de café par jour. De plus, un article, récent « galement, montre que cet effet pourrait être modulé en fonction de l’âge : il n’y aurait pas d’effet avant 50 ans alors que la mortalité liée aux maladies cardiovasculaires diminuerait après 50 ans chez les consommateurs de café.

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Publié le Lundi 28 Septembre 2015 dans la rubrique Santé | Lu 1710 fois