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Boire un peu trop d’alcool tous les jours… C’est mettre sa vie en danger : une campagne destinée aux quadras et plus

Nora Berra, la ministre en charge de la santé et l’Inpes lancent une nouvelle campagne de communication pour sensibiliser les hommes de 40 ans et plus à leur consommation d’alcool. Diffusée à partir du 13 mars 2011, elle a pour objectif de faire prendre conscience qu’un usage régulier excessif d’alcool n’est pas anodin. En effet, au-delà des phénomènes de dépendance et d’ivresse, une consommation inscrite dans les habitudes de vie peut être excessive, et peut avoir des conséquences sur la santé à long terme. Face à ce constat, la campagne oriente le public vers les dispositifs d’information, d’aide et d’orientation pour les consommateurs et leur entourage : le site alcoolinfoservice.fr et la ligne écoute alcool joignable au 0 811 91 30 301*.


Contrairement à ce que l’on pourrait croire, les problèmes de santé liés à l’alcool ne touchent pas que les personnes dépendantes, qui sont en fait peu nombreuses (2 à 8 % des consommateurs selon l’expert Jean-Pol Tassin) : ils concernent aussi des personnes qui maîtrisent leur consommation d’alcool. Le buveur régulier excessif en fait partie.

Selon les Baromètres Santé de l’Inpes, la tendance inscrite depuis 2000 montre que plus les hommes consomment régulièrement de l’alcool, plus ils ont tendance à minimiser les conséquences de leur consommation d’alcool et à écarter le risque pour eux-mêmes, en définissant la consommation à risque pour la santé à un niveau supérieur à leur propre consommation.

Selon le Baromètre Santé 2010, si la crainte des maladies liées à l’alcool apparaît naturellement plus grande chez les consommateurs hebdomadaires (38,4%) que chez les buveurs mensuels (20%), la différence avec les buveurs quotidiens se révèle peu importante (43,8%), alors même que c’est parmi ces derniers que les risques sont élevés.

Au-delà de la mauvaise connaissance des conséquences de la consommation d’alcool de la population générale, on observe que la notion de risque est souvent écartée, le risque étant volontiers renvoyé vers les autres, ceux qui boivent vraiment, « les vrais alcooliques » : c'est ce qu'on appelle le risque différé.

Comme signe de cette mise à distance du risque, on constate que l'image du buveur excessif est très stéréotypée. L’alcool renvoie à des images caricaturales dans lesquelles on ne se reconnaît pas, permettant à chacun de se déculpabiliser, d’échapper à la réalité : le consommateur excessif, c’est le « jeune fêtard », le mari violent, la « femme déchue » ou encore le « clochard ».

Les premiers résultats du Baromètre Santé 2010, s’appuyant également notamment sur l’AUDIT (Alcohol Use Disorders Identification Test), nous apportent un éclairage sur le buveur régulier excessif de plus de 40 ans. La consommation quotidienne (c’est-à-dire hors ivresses ou consommation ponctuelle importante) d’alcool est presque inexistante avant 40 ans (3,4% des 15-39 ans). Elle concerne en revanche 16,6% des 40-75 ans, plus d’un quart des hommes (25%) et moins d’une femme sur dix (8,7%). Même si cette tendance est à la baisse, du fait d’une génération de buveurs quotidiens plus âgée, la consommation régulière apparaît encore fortement liée au sexe et augmente avec l’âge, en particulier après 40 ans.

Les hommes de plus de 40 ans gardent par ailleurs des habitudes de consommation ponctuelle importante (6 verres ou plus en une même occasion). Même si cette consommation apparaît moins fréquente que parmi les plus jeunes, 45% des hommes de plus de 40 ans déclarent avoir bu au moins une fois 6 verres ou plus en une même occasion au cours des 12 derniers mois (contre 15% des femmes), et près d’un quart d’entre eux le font tous les mois (23 %), contre à peine 6% des femmes.

Contrairement au niveau de consommation régulière, ces habitudes de consommation ponctuelle importante apparaissent au même niveau qu’en 2005. Selon les seuils du questionnaire AUDIT permettant de distinguer des consommations à risque ponctuel, chronique ou de dépendance, il ressort que parmi les hommes de plus de 40 ans (40-75 ans), 33% ont une consommation à risque ponctuel, 15% ont une consommation régulière excessive, des niveaux encore une fois bien supérieurs à ceux des femmes du même âge (respectivement 12,9%).
Boire un peu trop d’alcool tous les jours… C’est mettre sa vie en danger : une campagne destinée aux quadras et plus

Une campagne et des dispositifs d’aide qui peuvent tous nous concerner

Un film télévisé de 30 secondes diffusé sur les chaînes hertziennes et de la TNT, met en scène un homme d’une quarantaine d’années et sa consommation d’alcool qui, inscrite dans son quotidien, paraît anodine : au déjeuner avec des collègues, en fin de journée avec des amis, en rentrant le soir à son domicile... pourtant, elle ne l’est pas.

Cet homme n’a pas conscience qu’une consommation régulière excessive d’alcool peut avoir des effets sur sa santé à long terme. Ces effets cumulés sont illustrés par un compte à rebours, de plus en plus audible à chaque verre bu. Le spot se conclut par le message « Boire un peu trop tous les jours, c’est mettre sa vie en danger ». Parce qu’alerter sur les risques ne suffit pas, le spot renvoie vers deux dispositifs d’information, d’aide et d’orientation.

Le site alcoolinfoservice.fr est le site Internet de référence sur l’alcool et la santé, destiné au grand public. Il présente une information exhaustive sur l’alcool et ses effets, des conseils adaptés en fonction de son mode de vie et propose un dispositif d’auto-évaluation de sa consommation : l’alcoomètre.

La ligne écoute alcool joignable au 0 811 91 30 30*, a pour objectif d’informer, de soutenir, de conseiller et d’orienter les personnes en difficulté avec l’alcool, et leurs proches. Les écoutants formés à la prise en charge des appels aident les appelants à développer leur autonomie, éclairent leurs choix, favorisent leur réflexion et les accompagnent vers un mieux-être. Ils répondent aux appels du public 7 jours sur 7, de 8 heures à 2 heures.

« J’ai fait du combat contre les addictions une des missions de mon ministère et un combat personnel. Vous connaissez mes prises de position contre le tabac, elles sont sans faille. Eh bien j’ai les mêmes contre la consommation excessive d’alcool : c’est la raison pour laquelle je tenais à lancer personnellement cette campagne », a déclaré la ministre Nora Berra à cette occasion.

Et d’ajouter : « le point fort de cette campagne, c’est qu’elle nous interpelle toutes et tous parce qu’elle décrit notre réalité. Nous connaissons tous autour de nous des hommes dans la force de l’âge qui consomment au quotidien et en excès de l’alcool. Pas suffisamment pour être ivres mais certainement assez pour en supporter les conséquences à long terme ».

*Coût d'un appel local depuis un poste fixe.


Publié le Vendredi 11 Mars 2011 dans la rubrique Santé | Lu 4166 fois