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Belgrade : le Conseil de l’Europe fait le point sur les soins palliatifs

Une conférence organisée par le Conseil de l’Europe sur les soins palliatifs s'est déroulée à Belgrade les 20-21 octobre dernier en présence de 300 participants de 30 pays européens. Suite à cette rencontre, la déclaration suivante « Des soins palliatifs... pour tous ceux qui en ont besoin », dite Déclaration de Belgrade, a été adoptée. Elle indique que les soins palliatifs font « partie intégrante du système de santé et constituent un élément inaliénable du droit des citoyens à des soins, qu'ils doivent être accessibles au moment voulu et dans les conditions qui correspondent aux besoins et aux choix informés du patient. »


La maladie, la perte et la mort sont au coeur de l'expérience humaine. Les soins palliatifs sont un aspect de l'aide qui peut être apportée à ceux qui en ressentent le besoin ; ils consistent en une prise en charge active, totale, des patients ayant une maladie avancée et évolutive, et offrent du soutien pour des problèmes d'ordre psychologique, social et spirituel. Leur objectif est de maintenir la meilleure qualité de vie possible pour le patient et sa famille. Car, s'il n'est pas toujours possible de prolonger la vie des patients, il est certainement possible d'améliorer la qualité des jours qui leur restent à vivre.

En Europe, certains pays commencent à reconnaître et à prendre en main le besoin d'une offre accrue de soins palliatifs. Les 10 à 15 prochaines années verront une augmentation estimée à 20% des besoins en soins palliatifs pour les seules personnes âgées. Cette perspective laisse penser que tous les pays européens vont devoir relever de gros défis. Le moment est donc venu de faire le bilan de décennies de développements initiées par feu Lady Cicely Saunders, pionnière des soins palliatifs en Grande-Bretagne.

Inspirée par la Recommandation Rec (2003) 24 du Comité des ministres du Conseil de l'Europe sur l'organisation des soins palliatifs, une conférence s'est déroulée à Belgrade les 20-21 octobre 2005 en présence de 300 participants de 30 pays européens. La conférence a apporté un soutien massif à la recommandation et encouragé sa pleine application dans les Etats membres. Elle a ainsi pleinement souscrit à son principal message, à savoir que les soins palliatifs font partie intégrante du système de santé et constituent un élément inaliénable du droit des citoyens à des soins, qu'ils doivent être accessibles au moment voulu et dans les conditions qui correspondent aux besoins et aux choix informés du patient.

Pour optimiser l'application de la Recommandation Rec (2003) 24 et en faire un vecteur de changements et d'améliorations, les Etats membres sont encouragés, en collaboration avec les professionnels de santé, les ONG, les patients et leur famille à développer, au niveau national, un cadre de politique en matière de soins palliatifs. Ce cadre doit englober des orientations sur les structures et les services, la politique de soins et l'organisation, l'amélioration de la qualité et la recherche, l'éducation et la formation, la famille, la communication avec le patient et la famille, la programmation des soins et le deuil.

Pour atteindre les objectifs visés, il faudra satisfaire à de multiples conditions : créer une image positive des soins palliatifs, ouvrir un débat public sur les questions délicates de la vie et de la mort, intégrer les soins palliatifs dans le système de soins de santé, construire une vision partagée qui favorise une approche multidisciplinaire, faire participer activement la société civile et les médias de masse.

Dans cet ordre d'idée, les participants se sont félicités de la diffusion de la Recommandation en 20 langues, grâce surtout à l'Association européenne de soins palliatifs. En théorie, cela signifie que le texte est directement accessible à 600 millions d'Européens. A la suite de la conférence, qui aura permis de poursuivre sa diffusion, le Conseil de l'Europe proposera d'accompagner les Etats membres dans le processus d'application. Les participants serbes se sont déclarés satisfaits que leur gouvernement souhaite voir leur pays jouer le rôle pilote dans cet exercice.

Lors de la Conférence des ministres européens de la Santé du Conseil de l'Europe, tenue les 12-13 juin 2003, avait été produite la « Déclaration d'Oslo sur la santé, la dignité et les droits de l'homme » ; les participants avaient notamment convenu de « développer les soins palliatifs pour les rendre plus facilement accessibles à tous ceux qui en ont besoin et de mettre en place une coopération entre les pays pour lutter contre la disparité des conditions d'accès aux soins palliatifs et de la qualité de ces derniers dans toute l'Europe ». Cette déclaration confirmait que les soins palliatifs devaient faire partie des priorités des programmes politiques nationaux et internationaux. Pour parvenir aux objectifs énoncés dans la déclaration, il faudrait mettre en place une coopération et des liens solides entre le Conseil de l'Europe et d'autres organisations et réseaux concernés, comme l'Organisation mondiale de la santé, l'Association européenne des soins palliatifs, et la Central European Palliative Care Task Force.

Les participants à la conférence de Belgrade ont accueilli avec satisfaction l'initiative de l'Assemblée parlementaire de préparer un rapport de suivi sur les soins palliatifs en Europe, ce qui devrait permettre de maintenir la question à l'ordre du jour européen.

En conclusion, la conférence de Belgrade demande que chaque citoyen européen ait droit à moins de souffrance, à plus de dignité, et à une meilleure qualité de vie tout au long de la maladie. Les soins palliatifs ne doivent pas être un luxe réservé aux pays riches ou aux riches patients des pays pauvres : « les soins palliatifs doivent être accessibles à tous ceux qui en ont besoin ».


Publié le Mercredi 26 Octobre 2005 dans la rubrique Santé | Lu 11503 fois