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Senior Actu

Baisse de la proportion d’actifs d’ici 2050 compte tenu du vieillissement de la population

Selon une récente étude réalisée par le Département de l’Emploi et des revenus d’activités de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), alors que la population française augmente et que le nombre d’actifs devrait être stable dans les 50 prochaines années, la proportion de personnes actives va diminuer d’ici à 2050, passant de 2.2 actifs pour un inactif de plus de 60 ans actuellement à 1.4 au milieu de ce siècle, à cause du vieillissement de la population, et ce, malgré la réforme des retraites qui vise à allonger la durée du travail.


En 2005, la France métropolitaine comptait en moyenne 27,6 millions d’actifs (chômeurs compris) indique l’Insee qui précise qu’en « dix ans, la population active a augmenté de 1,8 million de personnes ». Et d’ajouter qu’à l’horizon 2015, elle pourrait encore gagner près de 700 000 personnes, atteignant les 28,3 millions. La population active se stabiliserait ensuite autour de ce niveau et se maintiendrait entre 28,2 et 28,5 millions de personnes entre 2015 et 2050.

Cependant, parallèlement, le ratio de dépendance (qui correspond au nombre d’inactifs de 60 ans ou plus par rapport au celui des actifs) continuerait d’augmenter du fait de la forte croissance à venir de la population âgée. Ainsi, alors qu’il y avait 2,2 actifs pour un inactif de 60 ans ou plus en 2005, on en compterait 1,4 en 2050, indique l’Insee.

La moyenne d’âge de la population active continuerait à s’élever elle aussi, du fait d’une activité plus forte des seniors et de l’arrivée des générations nombreuses dans ces tranches d’âge. La part des 55 ans ou plus augmenterait de 11,3 % en 2005 à 14,8 % en 2050 alors que celle des 25-54 ans chuterait de 3 points. Celle des moins de 25 ans resterait stable.

L’Insee souligne par ailleurs que « les perspectives de ressources en main-d’œuvre dépendent tout d’abord de l’évolution des comportements d’activité. Au cours de la dernière décennie, ces comportements ont semblé se stabiliser, et le scénario tendanciel prolonge en grande partie ces tendances. Cependant, les réformes des retraites de 1993 et 2003 qui allongent les durées de cotisation et modifient les modalités de calcul des pensions jouent sur les comportements d’activité des seniors tout au long de la période de projection ».

Ainsi, l’activité des 60-64 ans qui diminuait depuis plus de trente ans devrait remonter sous l’effet combiné des réformes des retraites et de l’allongement de la durée des études. À horizon 2050, selon le scénario tendanciel de l’Insee, les seniors resteraient en activité entre un et deux ans de plus. Le taux d’activité des plus de 60 ans retrouverait progressivement son niveau du début des années 1980 pour les hommes et du début des années 1970 pour les femmes.

Chez les 55-59 ans, le dispositif de retraites anticipées mis en place en 2004 provoquerait dans un premier temps une baisse de leur activité (entre 2006 et 2010). Mais des études plus longues et une entrée plus tardive dans la vie active rendraient de plus en plus rare le recours à ce dispositif. En 2050, les taux d’activité des hommes seraient légèrement plus forts qu’en 2005.

Dans ce scénario tendanciel, la manière dont les seniors changent leur date de départ à la retraite en fonction des modalités prévues par les réformes et en tenant compte de la durée de leurs études a été simulée par l’Insee.

Ainsi, à l’horizon 2050, les départs en retraite plus tardifs induiraient une augmentation du taux d’activité des hommes de 60-64 ans de 25 points par rapport à ce qu’il aurait été sans les réformes de 1993 et 2003. Cette augmentation est de 20 points pour les femmes. L’allongement des études conduit également à retarder l’âge de départ en retraite à la fois parce qu’ entrées plus tardivement sur le marché du travail, les générations récentes atteindront la retraite à taux plein à un âge plus élevé et parce que, plus qualifiées que les précédentes, elles pourraient avoir tendance à prolonger leur activité.

Les comportements de départs en retraite représentent cependant la principale source d’incertitude sur l’évolution future de la population active. En particulier, l’hypothèse faite pourrait surestimer la population active si les seniors actifs choisissaient de prendre leur retraite plus tôt en acceptant des niveaux de pensions plus bas. À titre d’exemple, avec une hypothèse deux fois plus faible pour la remontée des taux d’activité des 60-64 ans, la population active compterait 500 000 actifs de moins en 2050. De plus, le rythme de croissance de la population active observé ces dernières années commencerait à ralentir à partir de 2006, à un rythme plus rapide que dans le scénario central.
Baisse de la proportion d’actifs d’ici 2050 compte tenu du vieillissement de la population


Publié le Jeudi 17 Août 2006 dans la rubrique Emploi | Lu 6670 fois