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Augmentation du ratio démographique de dépendance : un défi pour une France qui vieillit

Selon le dernier rapport du Conseil de l'emploi, des revenus et de la cohésion sociale (Cerc) remis par Jacques Delors au Premier ministre, intitulé, « la Vie difficile des Français » (1993/2005), l’un des principaux défis de la France face au vieillissement de sa population est l’augmentation du ratio démographique de dépendance.


« Le vieillissement de la population tend à accroître le ratio démographique de dépendance (population âgée de plus de 60 ou 65 ans rapportée à la population en âge de travailler). C’est l’un des principaux défis auquel sont confrontées toutes les sociétés européennes et leurs systèmes de protection sociale » estime le rapport du Conseil de l'emploi, des revenus et de la cohésion sociale.

Toujours selon le Cerc, ce défi comporte deux composantes de nature différente. La première est le financement des régimes de retraite pour lequel la plupart des pays européens ont engagé des réformes. La seconde est l’émergence du risque de « dépendance ».

Toutefois, précise le rapport, le risque de dépendance n’est pas nouveau, il est probable d’ailleurs qu’il n’augmentera pas de manière considérable dans la mesure où l’allongement de l’« espérance de vie sans incapacité » s’accroît au moins aussi vite que l’espérance de vie.

Ce qui est nouveau, en revanche, est le besoin d’une prise en charge par des mécanismes spécifiques de sécurité sociale des aides aux personnes dépendantes qui, jadis, relevaient principalement de la solidarité familiale ou locale. Cette prise en charge devient, en effet, de plus en plus difficile avec l’évolution des structures sociales, la mobilité géographique, le vieillissement. .../...

Le Cerc remarque également que les dépenses de prestations vieillesse et survie représentent, en 2003, 12,6 % du PIB en France, soit environ la moyenne européenne (12,4 %). L’analyse de la question du financement des retraites par les gouvernements et nombre d’experts dégage quant à elle un certain consensus dans l’ensemble des pays européens souligne le rapport : à un horizon plus ou moins rapproché, tous devront faire face à un accroissement de la part des personnes âgées dans la population. Afin d’éviter un poids excessif sur l’économie du financement des retraites, il convient de relever l’âge du retrait effectif de la vie active, dans le même temps que s’allonge l’espérance de vie estime le Conseil.

Autre élément qui fait consensus, selon ce rapport : les réformes des régimes doivent avoir des effets progressifs, et doivent être engagées bien avant qu’une crise de financement ne conduise à des remises en cause brutales. En effet, d’une manière ou d’une autre, et c’est particulièrement vrai pour les régimes en répartition, les droits à retraite font partie du contrat salarial implicite ; il est souhaitable qu’ils ne soient amendés que de manière progressive.

Les réformes engagées dans les différents pays européens visent, à de rares exceptions près comme la Suède et la Finlande, à ajuster progressivement les paramètres de chaque système national, fruit de l’histoire de ses relations sociales, plutôt que de changer sa nature même (COR, 2004 ou Roulleau, 2006). C’est dans cette logique que s’inscrit l’évolution du système français.

Le Cerc souligne également que pour « environ 40 % des foyers de retraités, les augmentations de certains prélèvements sociaux, CSG-CRDS notamment, se sont ajoutées à différentes réformes ; elles ont eu pour effet de réduire le pouvoir d’achat des principales prestations de retraite entre 1994 et 2004 ». Pour les retraités exonérés de cotisations sociales, soit environ 45 % des foyers de retraités, le pouvoir d’achat a été stable.

Cependant, la dynamique du revenu de l’ensemble des ménages retraités ne suit pas ces évolutions, dans la mesure où la montée du taux d’activité féminine, le remplacement de générations ayant peu cotisé par des générations ayant eu des carrières plus longues, continue à faire progresser le revenu moyen. Ainsi, selon les enquêtes « Revenus fiscaux », le montant net moyen des retraites perçues par les ménages de retraités a augmenté en euros constants de + 6,1 % entre 1998 et 2003 (1,2 % par an).

Cette évolution intègre l’ensemble des effets de structure dus à l’évolution de la population des retraités. Elle est sensiblement la même que celle du revenu disponible par ménage6 (+ 5,4 %, 1,1 % par an).


Publié le Vendredi 2 Février 2007 dans la rubrique Divers | Lu 3652 fois