Société

Augmentation du divorce chez les boomers et les seniors


Avec le vieillissement de la population, il semblerait que nous assistions à la naissance d’une tendance lourde chez les couples de quinquas et plus. En effet, désormais, il n’est plus rare de voir des boomers et des seniors divorcer au bout de 20, 30 ou 40 ans de vie commune. Ainsi, en dix ans, les séparations de personnes âgées de plus de 60 ans ont augmenté d’un tiers.


Selon les chiffres de l’Institut National Etudes Démographiques (Ined), en France, le pourcentage des divorces de personnes de 60 ans et plus a fortement augmenté au cours de la dernière décennie : 28% de plus chez les femmes et 39% de plus chez les hommes.

Espoir cependant, une étude de l’année dernière réalisée par l’AARP, puissant lobby américain pour la défense des personnes âgées, montrait que la presque totalité des seniors divorcés -hommes ou femmes- se remettait en couple au bout de quelques temps.
S’il s’agit d’une véritable tendance, il convient toutefois de nuancer le propos. Certes, on divorce de plus en plus tard, mais les séparations des personnes âgées restent marginales. Comme l’indique un chercheur de l’Ined au quotidien Le Figaro, « il y a bel et bien une augmentation du divorce chez les plus de 60 ans, mais elle résulte simplement de celle du divorce en général. En outre, cette croissance est bien moindre que chez les quinquagénaires où les taux ont presque doublés en quelques années ».

Malgré tout, comment s'explique cette hausse d’un tiers des séparations chez les boomers et chez les seniors sur les dix dernières années ? Premier constat : quelque soit l’âge, le divorce est entré dans les mœurs et notamment chez les baby-boomers qui ont été parmi les premiers a « démocratisé » la séparation.

Il n’est donc pas étonnant de constater que le divorce soit courant chez les quinquagénaires. Cette période est d’ailleurs l’un des caps particulièrement difficile à négocier. En effet, le couple est souvent marié depuis deux ou trois décennies. Happée par le quotidien, la passion s’est effritée et vient l’heure des grandes remises en questions. Le problème de la garde des enfants n’est plus de mise puisque ces derniers ont souvent quitté le foyer familial. Les deux époux savent qu’il est encore temps de refaire sa vie, d’où un grand nombre de séparations chez les quinquas.

L’autre étape particulièrement critique est celle de la cessation d'activité. Comme le soulignait récemment dans un reportage de France 2, Me Michèle Cahen, avocate spécialisée à Paris, arrivés à l’âge de la retraite « certains couples n’ont véritablement plus rien à se dire ». La situation devient alors insupportable. Face à face et ensemble toute la journée, certains ménages se brisent et malgré les 20, 30 ou 40 ans de vie commune, les époux préfèrent se séparer plutôt que d’avoir à vivre dans un conflit permanent et sans répits. « Mon mari a quinze ans de plus que moi. Dès qu’il s’est retrouvé à la retraite, il a voulu qu’on se sépare. Je n’ai pas compris. Il vit près de chez moi, mais toujours seul. On ne se voit plus beaucoup. Le jugement de notre séparation vient juste d’être rendu. Hier, en montant les marches du Palais de Justice, c’est idiot, mais je me sentais coupable. Même séparés, on ne devrait pas divorcer après trente ans de mariage » avoue Geneviève, 59 ans.

En revanche, il ne faut pas croire qu’à partir de la soixantaine, seuls les hommes décident de se séparer de leur épouse. On imagine souvent que les maris se tournent vers des femmes plus jeunes. Mais de nos jours, les épouses ne sont plus les mêmes. Elles ont changé et n’acceptent plus l’idée de gâcher les années qui leur reste à vivre. Ainsi, selon l’étude de l’AARP, elles sont 66% à déclarer avoir été à l’origine de leur rupture et semblent prêter une attention plus grande aux signes annonciateurs de divergences au sein du couple que les hommes. Aussi ne sont-elles que 14% à avoir été surprise par l’annonce du divorce contre 26% des hommes.
Les principales raisons qui motivent les femmes à demander le divorce sont les abus physiques et psychologiques, l’infidélité et la prise de drogues et d’alcool. Les hommes restent plus évasifs et stipulent l’absence de sentiments et des valeurs et des styles de vie différents. En tout cas 93% des femmes et 78% des hommes jugent leur conjoint(e) responsable et 70% pensent avoir fait le bon choix en divorçant.

Les enfants, et notamment la peur de les perdre, motivent les couples qui désirent se séparer à en retarder l’échéance. Cela concerne 58% des hommes et 37% des femmes.

L’étude a également montré que parmi les couples qui divorcent, peu restent seuls : 75% des femmes quinquagénaires et 81% des hommes du même âge se remettent en couple. Enfin, 57% des hommes et 54% des femmes disent avoir une vie sexuelle active une fois remariés.
Augmentation du divorce chez les boomers et les seniors

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Publié le Mardi 11 Octobre 2005




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