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Augmentation du cancer de l’utérus chez les femmes seniors

Selon un récent rapport réalisé par le Centre britannique de recherche sur le cancer, les scientifiques ont constaté une forte augmentation du cancer de l’utérus (de l’endomètre) chez les femmes de 60-79 ans en Grande-Bretagne, avec une hausse de 30% des cas au cours des dix dernières années.


Le cancer de l’endomètre touche le plus souvent la femme après la ménopause. Plus de 90% de ces cancers se déclarent ainsi après 50 ans et les trois-quarts (75%) touchent des femmes ménopausées.

Les chercheurs britanniques ont aussi noté une augmentation générale des cas en Europe au cours des dix dernières années, notamment chez les femmes de plus de 60 ans. Alors que les chiffres étaient de 48 pour 100.000 en 1993 chez les 60-79 ans, le taux a grimpé à 63 pour 100.000 il y a cinq ans.

« On constate de nettes améliorations dans les taux de survivance » indique Lucy Boyd, épidémiologiste auprès du Centre de recherche sur le cancer britannique à Londres et auteur de ce rapport. « Mais il y a aussi une forte augmentation des cas dans le groupe d’âge le plus affecté par le cancer. Et cette hausse est générale à l’ensemble des pays européens » précise-t-elle dans une dépêche de l'agence Reuters.

Comme souvent, plus la maladie est découverte à un stade avancée, moins les chances de survie sont élevées. Pourtant, « les taux de survivance seraient meilleurs si les femmes faisaient plus attention aux premiers symptômes, de manière à détecter le cancer à un stade précoce » indique l’auteur de l’étude. « Il est indispensable que les femmes soient plus vigilantes et consultent dès les premiers doutes » ajoute la scientifique.

Le signal d'alerte essentiel est un saignement vaginal survenant après la ménopause. Il doit immédiatement conduire à consulter un médecin qui pratiquera un certain nombre d'examens. D'autres signes moins fréquents peuvent également attirer l'attention, comme des pertes vaginales troubles ou purulentes (provenant de la surinfection de la tumeur), des douleurs pelviennes, une difficulté à uriner. Dans tous les cas, ces signes doivent conduire à consulter sans retard votre médecin, afin qu'il puisse faire un diagnostic à un stade précoce de la maladie.

Outre le vieillissement de la population, l’augmentation de ce cancer peut s’expliquer de plusieurs manières. « Il a été démontré que les risques de cancer de l’endomètre sont deux à trois fois plus importants chez les femmes en surpoids ou obèses » indique le rapport. De plus, toutes les circonstances qui augmentent l’exposition aux estrogènes majorent le risque de développer ce type de cancer : règles précoces, survenue tardive de la ménopause ou encore le fait de ne pas avoir eu d’enfants. C'est pourquoi la prescription d'estrogènes est systématiquement associée à la prise de progestérone, que ce soit dans le cadre d'une contraception orale ou d'un traitement hormonal substitutif de la ménopause.

D'autre part, la prise de tamoxifène (un anti-estrogène prescrit après un cancer du sein) favorise aussi le développement du cancer de l'endomètre, mais il sur une très longue durée. Ce risque reste d'ailleurs faible et bien inférieur aux bénéfices apportés par ce médicament dans le traitement du cancer du sein.

Rappelons que ce cancer touche en Grande-Bretagne environ 6.000 femmes par an et 5.000 en France. Il s’agit du cancer le plus fréquent chez la femme après le cancer du sein.

Malte, la République Tchèque, la Lettonie, la Slovaquie, la Suède sont les pays européens qui connaissent les taux le plus élevés de cas de cancer de l’endomètre. En revanche, la Grèce, le Portugal, l’Irlande, l’Espagne, la France et la Grande Bretagne sont ceux qui ont les taux les plus faibles.


Publié le Vendredi 10 Février 2006 dans la rubrique Santé | Lu 2887 fois