Sommaire
Senior Actu

Augmentation des meurtres-suicides dans les couples de seniors

Aux Etats-Unis, le mois dernier, un nonagénaire s’est donné la mort après avoir étranglé sa femme. Ce nouveau drame nous rappelle que l’on assiste depuis quelques temps dans tous les pays vieillissants, à une augmentation des meurtres-suicides chez les personnes âgées. Maladie, solitude, pauvreté ou dépression conduisent parfois certains aînés à bout et désespérés, à préférer ces fins violentes plutôt que de continuer à vivre une existence qu’ils jugent insupportable.


Le mois dernier, M. Leo Kiszkiss, paisible nonagénaire de Floride, a étranglé sa femme de 93 ans puis s’est donné la mort en se noyant dans la piscine de son fils. A priori, rien ne prédestinait ce couple marié depuis presque 65 ans à terminer leurs vies de cette manière. Un médecin les avait même examiné peu de temps avant, et aucun des deux ne présentait de signes de dépression indique un récent article du quotidien local, le Providence Journal.

Pourtant, selon Mme Donna Cohen, qui dirige le programme de Prévention contre la violence à l’Université de Floride du sud, ce nouveau cas est malheureusement « classique ». Ces faits divers, sont en effet de plus en plus courants et deviennent même un véritable problème de santé publique, notamment dans les états particulièrement vieillissants, comme la Floride par exemple.

Aux Etats-Unis, les seniors représentent le taux le plus élevé de meutres-suicides. Ce nouveau phénomène touche de 1.500 à 2.500 personnes par an et le nombre ne cesse d’augmenter, selon cette spécialiste qui suit cette tendance depuis une dizaine d’années maintenant. Généralement, le meurtre-suicide a lieu entre époux. Dans la très grande majorité des cas, c’est l’homme qui tue sa femme et se suicide ensuite. Plus d’un drame sur deux est commis par un aidant familial qui tue son épouse dépendante, souvent après un rendez-vous chez le médecin.

Dans le cas de M. Kiszkiss, l’homme a agi après une visite de routine chez le docteur. Sa femme était atteinte d’une infection mais ses jours n’étaient pas en danger. Pour Mme Cohen, cela peut être suffisant pour déclencher un tel acte, particulièrement chez des hommes qui estiment qu’ils ne peuvent pas en faire plus pour venir en aide à leur épouse. En effet, Mme Kiszkiss venait de sortir de l’hôpital et un travailleur social avait conseillé à son mari de mettre sa femme dans un centre de rééducation.

Dans un mot laissé à son fils, le père explique la situation : « si elle était capable de marcher, elle irait jusqu’à la rue et se jetterait sous une voiture. Elle pleure énormément car elle ne peut plus s’occuper d’elle toute seule. Cela me fend le cœur de l’entendre pleurer ainsi ».

Selon Mme Cohen, les pactes de suicide –dans lesquels les deux époux laissent une preuve montrant leur désir commun d’en finir avec la vie- sont rares. La plupart du temps, les femmes n’ont pas le choix et subissent la décision du mari.

Dernièrement en France, en Vendée, un mari dont l’épouse était atteinte de la maladie d‘Alzheimer, ne supportant plus de voir sa femme diminuée physiquement, lui a donné la mort avant de retourner son arme contre lui.

Dans la région de l’Aragon située au nord-est de l'Espagne, cette tendance semble prendre de l’ampleur puisque depuis le début de l’année, huit crimes sur dix concernent ce type de violence.

Pour en savoir plus sur ce phénomène lire aussi :
Alzheimer : meurtre-suicide, un nouveau drame montre qu’il faut soutenir les aidants
La solitude et la maladie augmentent le taux de criminalité chez les seniors
États-Unis - suicide et meurtre du conjoint : une tendance qui se répand chez les seniors


Publié le Mercredi 5 Octobre 2005 dans la rubrique Société | Lu 1940 fois