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Au plus fort de la bataille de Jean-François Roseau : trio amoureux et épistolaire sur fond de Grande Guerre

Alors que la France rend hommage aux cent ans de la Grand Guerre, un jeune auteur de 24 ans, Jean-François Roseau vient de publier un beau premier roman (Ed. Pierre-Guillaume de Roux) intitulé Au plus fort de la bataille. L’histoire ? Un quatuor amoureux au cœur de l’une des plus terribles époques de l’histoire de France.


Au plus fort de la bataille de Jean-François Roseau : trio amoureux et épistolaire sur fond de Grande Guerre
Le narrateur de cette histoire est un jeune homme de 23 ans… Un jour, il découvre un paquet de lettres abandonné dans une rue du 9ème arrondissement à Paris (l’auteur a véritablement trouvé ces lettres, ce qui fait toute la saveur de ce roman). Il s’agit d’une correspondance de guerre entre deux poilus avec la même femme, Hélène.
 
Le premier est le mari (classique), Alexandre, le sergent Ury, de la 17e Compagnie, lequel à partir de mars 1915 ne donne plus signe de vie. Le second est Jean-Gabriel, le caporal Vincensini, qui poursuit à partir du printemps 1916 une correspondance de plus en plus pressante avec Hélène devenue sa marraine de guerre. C’est l’amant, bien évidemment.
 
Jusque-là, rien de bien extraordinaire… Mais en effectuant des recherches, J.F. Roseau a étudié l’Histoire à la Sorbonne, le narrateur remarque que  les états de service du sergent Ury ne figurent nulle part ! Quant à Vincensini, son nom n’apparait tout bonnement pas sur le monument commémoratif de son village en Corse. Pourquoi a-t-on cherché à les faire « disparaître » une seconde fois ? En réalité, la tragédie est venue d’Hélène. Mais ne dévoilons pas toute l’intrigue de ce beau premier roman, si mature et si bien documenté.
 
Extrait : « Tout était bon à mettre au compte de Poincaré. Le manque d’obus et l’épuisement d’acide sulfurique pour la fabrication des poudres. – Vous l’avez vu habillé pour le front ? – Un peu qu’on l’a vu, le Raymond ! Sa casquette  de chauffeur. Son costume de cycliste prêt pour le Tour de France... – Les poilus ont dû se marrer. On leur annonce un président, et ils voient arriver un chauffeur de taxi aussi éloquent qu’une huître ! – Il paraît qu’il reste muet devant les soldats. La larme à l’œil en les saluant droit dans ses bottes. »

Cet auteur, qui s’annonce comme « de cette génération des insensibles geeks, l’œil gris-blanc, vide, étroit, vissé sans une once d’empathie au défilé sensationnel d’images de conflits étrangers » s’annonce très prometteur. 


Publié le Vendredi 5 Décembre 2014 dans la rubrique Culture | Lu 616 fois