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Au café du temps perdu, Salvatore Adamo revient avec un nouvel album : La Part de l’ange

Ce nouveau CD, « La part de l’ange », est constitué de belles mélodies et de textes touchants. Il veut retrouver les petits riens, les joies de toutes sortes, les tendresses qui résistent au temps, comme il le chante dans un des titres de ce nouvel opus, intitulé « Là où mon coeur me porte ».


Né à Comiso (Sicile) en 1943, Salvatore Adamo est fils unique pendant les sept premières années de sa jeune existence.

Antonio, son père, est puisatier. Quant à sa mère, prénommée Concetta, elle s’occupe de son petit garçon. Quatre ans après la naissance de leur fils, Antonio trouve un travail de mineur en Belgique et laisse femme et enfant.

Salvatore apprend bien plus tard que l’Italie, au lendemain de la guerre, reçoit une tonne de charbon belge pour chaque mineur émigré. Quelques mois après le départ d’Antonio, Concetta et le petit Salvatore le rejoignent à Ghlin, en Belgique.

Puis toute la famille s’installe dans la cité minière de Jemmapes, non loin de Mons, traversée par deux rivières dont les noms sont peu rassurants : La Haine et La Trouille. Les distractions sont rares et la vie est difficile.

Le père de Salvatore part chaque jour au fond du puits numéro 28 de la mine, afin de gagner suffisamment d’argent pour nourrir sa famille. Pourtant, parfois, il emmène Concetta au dancing de Jemmapes et pendant qu’ils virevoltent enlacés sur la piste, portés par les mélodies de Nat King Cole, leur petit garçon rêveur est perdu dans ses pensées.

A sept ans, Salvatore est cloué au lit par une méningite pendant plus d’un an, mais il finit par guérir. Ses parents souhaitent pour lui un avenir professionnel autre que celui de mineur et ils le placent donc chez les Frères des Ecoles chrétiennes, établissement très strict. Dès 1950, sept frères et sœurs viendront agrandir la famille en à peine dix ans. .../...
Salvatore Adamo

Salvatore Adamo

À la même époque, Salvatore se découvre une passion pour la musique et le chant. Il participe à plusieurs concours de chant locaux sous le regard méfiant de ses parents, puis s’inscrit en cachette au radio crochet de la station Radio Luxembourg. Il gagne ce concours avec une chanson de sa composition : Si j’osais et remporte le prix de 10 000 F, qui lui permet de s’offrir une Opel… Olympia. Dix ans plus tard, son nom brillera en lettre de néon rouge au fronton de la célèbre salle parisienne du même nom. N’est-ce pas un signe du destin ? Il reste d’ailleurs fidèle à cet endroit mythique et y rechante régulièrement.

C’est du reste à l’Olympia que lui est remise, il y a quelques mois, la légion d’honneur, en toute discrétion. Malgré de graves problèmes de santé, Salvatore Adamo est toujours là et sa célébrité dépasse largement nos frontières. Au Japon, c’est une véritable star, il chante également au Carnegie Hall de New York ou devant 30 000 personnes au Chili.

Mais le temps ne semble pas avoir d’emprise sur lui, il reste le même. Comme il le souligne malicieusement : « En 63, pour mon premier succès, j’avais vingt ans. Aujourd’hui, pour mes 63 ans, j’offre au public mon 20ème album. Il s’intitule La part de l’ange, en référence à cette partie du vin qui s’évapore avec le temps. »

C’est en effet début 2007 que sort le nouvel album d’Adamo. Après Zanzibar, son précédent album au style différent, on retrouve Adamo tel qu’on l’aime, « le sourire du temps passé, pour cacher la laideur du monde et aller là où le poète invite au voyage » (Fleurs).

Des mélodies agréables, de l’harmonie et des arrangements signés Fabrice Ravel-Chapuis et Edith Fambuena. « Les accords en mineur sixte que j’utilise sur de nombreuses chansons nous ramènent immédiatement à la latinité, à l’Argentine », indique Salvatore. « J’ai voulu que cet album pulse gentiment comme un coeur qui bat de façon lancinante » ajoute-t-il.

C’est une sorte d’hommage au temps qui passe, sans pour autant sombrer dans la tristesse, tout au plus un peu de mélancolie. Et puis, il y a le sympathique duo avec Olivia Ruiz « Ce George(s) », histoire d’une fan de Georges Clooney et de son compagnon jaloux. Bref, 14 titres à écouter et à entendre !

Pour l’anecdote, la photographie de la pochette fut prise à Ragusa, ville de l’extrême sud de la Sicile et chef-lieu de la province du même nom, où est située la ville natale de Salvatore Adamo : Comiso. Un véritable retour aux sources !

Ajoutons qu’après une série de concerts au Bataclan à Paris en mars, Salvatore Adamo est en tournée. Quelques dates en France en avril, puis Anvers et Namur en Belgique, ensuite la Réunion. Le 17 juillet, il sera à Saint-Pierre-de-Chartreuse, sous chapiteau. Sa tournée française reprendra après la pause estivale et s’achèvera à Lille le 16 décembre prochain.

Salvatore Adamo
La part de l’ange
(Universal)


Publié le Vendredi 29 Juin 2007 dans la rubrique Culture | Lu 9397 fois