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Asie – La Chine et l’Inde en proie à une grave restructuration démographique


Selon les recherches menées par les Nations-Unies et l’Institut international d’analyses appliquées basé en Autriche ainsi que les rapports du Bureau Américain de Recensement, la population mondiale devrait atteindre les 9 milliards d’habitants au tournant du siècle prochain avant de diminuer en raison de la réduction du taux de fécondité et du vieillissement global.

Cette tendance ne laissera aucun pays indemne, pas même les deux géants asiatiques que sont l’Inde et la Chine. Et loin d’être rassurantes, ces prévisions renforcent le débat au sujet du financement de la vieillesse, notamment de la retraite et des dépenses de santé dans des pays qui ne souffrent pas encore trop du coût lié au vieillissement, faute de politiques sociales suffisantes et de réelle prise en charge des aînés.

Toutefois, le poids économique des personnes âgées tend à peser de plus en plus sur la population active de ces pays et les spécialistes craignent que cela ne compromette le niveau de consommation des ménages.

« Alors que le nombre d’enfants diminue, la Chine et l’Inde continuent de profiter d’un ‘dividende démographique’ », constate Phillip Longman, auteur de « the Empty cradle : how falling birth rates threaten world prosperity and what to do about it ? »*. Selon lui, les consommateurs chinois et indiens vont devoir dépenser des sommes croissantes pour les aînés, en aidant directement leurs parents ou en obéissant aux programmes nationaux qui risquent de voir le jour.

. « A la fin des années 60, le taux de fécondité dans les pays en voie de développement était de 6 enfants par femme. Il est aujourd’hui de 2,9 et continue de diminuer », souligne Ben J. Wattenberg, auteur de « Birth Death ». Et d’ajouter que dans les pays développés, les taux de fécondité sont déjà souvent insuffisants au renouvellement des générations. Il y a 40 ans, le taux avoisinait les 2,6 dans les pays européens alors qu’aujourd’hui, il est de 1,4. Le Japon est dans une situation très préoccupante avec un taux de 1,3. Selon les Nations-Unies, le taux moyen de fécondité devrait descendre à 1,85.

Le niveau d’éducation et de développement sont considérés comme étant les raisons principales de la réduction de la natalité. Il semble que la volonté personnelle des femmes soit aussi un facteur déterminant.

La politique de l’enfant unique en Chine et la préférence pour les enfants de sexe masculin en Inde tendent à expliquer que le nombre de naissances masculines soient nettement supérieures aux habituelles 105%. Nancy Riley, professeur de sociologie et d’anthropologie dans le Maine, note qu’en 1982, les recensements chinois comptaient 109 garçons pour 100 filles à la naissance. En 1995, le nombre de garçons grimpait à 116 et en 2000, il approchait les 120.

Ces évolutions démographiques ont bien sûr des répercussions sur les investissements réalisés dans les pays asiatiques où, pour l’heure, seules l’Indonésie et les Philippines conservent un taux de fécondité permettant le renouvellement des générations.


Publié le Vendredi 20 Août 2004 dans la rubrique Divers | Lu 2244 fois