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Arthrose : des solutions pour cette maladie dégénérative du cartilage

A l’occasion d’un rendez-vous organisé par le laboratoire Genévrier (qui offre plusieurs solutions en matière d’arthrose), la presse a pu rencontrer le docteur Henri Lellouche, rhumatologue à Herblay (95) et Paris, afin de faire le point sur cette maladie dégénérative du cartilage. Explications de la pathologie et solutions proposées.


Arthrose : des solutions pour cette maladie dégénérative du cartilage
L’arthrose est une maladie dégénérative du cartilage, souvent douloureuse avec des poussées inflammatoires, et aboutissant à un handicap fonctionnel ayant des conséquences importantes sur la qualité de vie des patients.

L’arthrose se définit comme étant la diminution de l’épaisseur du cartilage d’une articulation.
Cette pathologie est le résultat d’un déséquilibre métabolique entre la synthèse et la dégradation du cartilage.

Les sociétés internationales (OARSI, EULAR) impliquées dans l’arthrose, ont élaboré des recommandations de prise en charge, afin de mieux soulager les patients, améliorer leur qualité de vie, tout en limitant la progression de la maladie.

Ces recommandations préconisent une prise en charge globale et personnalisée de cette pathologie associant des mesures pharmacologiques (antalgiques, anti-arthrosiques, injections intra-articulaires d’acide hyaluronique, gel ou compresses anti-inflammatoires), et des mesures non-pharmacologiques (éducation du patient, semelles, cannes, kinésithérapie, perte de poids) afin d’éviter ou de retarder l’intervention chirurgicale.

Le contexte

L’arthrose est un réel problème de santé publique, sa prévalence est estimée à environ 17% et le nombre de personnes qui en souffrent en France, est évalué entre 9 et 10 millions. La prévalence de la gonarthrose (arthrose du genou) est d’environ 10% chez les patients âgés de 45 à 65 ans et celle de la coxarthrose symptomatique (arthrose de la hanche) est d’environ 8% chez les patients âgés de plus de 65 ans.

Les attentes « patients »

La préoccupation principale des patients arthrosiques est le soulagement de leur douleur ainsi que l’amélioration de leur mobilité articulaire, dans le but de diminuer leur handicap et d’améliorer leur qualité de vie.

Les réponses du soignant

Le traitement de la gonarthrose et de la coxarthrose notamment, répond à un schéma de prise en charge globale et personnalisée adapté au profil de chaque patient. L’objectif du traitement est de soulager la douleur, d’améliorer la capacité fonctionnelle et de prévenir ou de ralentir l’aggravation de la maladie. Il s’agit d’un traitement à long terme, puisque l’objectif est de repousser ou d’éviter la pose chirurgicale d’une prothèse.

Les solutions proposées

Les traitements antalgiques, anti-inflammatoires, anti-arthrosiques et les injections intra-articulaires d’acide hyaluronique représentent la base de la prise en charge médicamenteuse du patient atteint de gonarthrose ou de coxarthrose.

Les anti-inflammatoires topiques comme les gels ou les compresses bio-adhésives (tissugel) à base de diclofénac épolamine soulagent la douleur lors des poussées aiguës, et possèdent une meilleure tolérance que les formes orales, les effets indésirables gastro-intestinaux étant considérablement réduits. La forme tissugel, à raison de 1 tissugel à changer toutes les 12 heures, a même montré une efficacité équivalente aux anti-inflammatoires oraux.

Les chondroïtines sulfates agissent au cœur du cartilage, en rétablissant l’équilibre entre la synthèse et la dégradation de la matrice cartilagineuse. Certaines chondroïtines sulfates, ayant le statut de médicament, possèdent une indication d’anti-arthrosique. Elles sont administrées trois fois par jour sous forme de gélules ou de sachets, soit 1 200 mg par jour, sur un long terme, au minimum six mois.

L’efficacité de ces chondroïtines ne peut s’étendre aux compléments alimentaires du même nom, ces derniers n’ayant jamais fait la preuve de leur efficacité.

Les injections d’acide hyaluronique, à raison de trois injections à réaliser à une semaine d’intervalle, permettent chez les patients gonarthrosiques, une amélioration de la douleur et de la mobilité articulaire dès la 3ème semaine de traitement et un bénéfice prolongé de 6 à 12 mois sur la fonction articulaire est constaté.

L’acide hyaluronique présent dans les articulations arthrosiques est dégradé et ne joue plus son rôle de lubrifiant et d’amortisseur lorsqu’il y a choc. L’acide hyaluronique injecté vient le remplacer et stimuler sa propre synthèse par l’articulation.

Ces injections, administrées en dehors des crises aiguës, ne doivent pas être confondues avec les infiltrations de corticoïdes, dont l’objectif est de soulager les crises, grâce à un pouvoir anti-inflammatoire puissant.

L’efficacité des différents produits commercialisés étant équivalente, il est judicieux de privilégier les produits remboursés à 100% et facilement accessibles en pharmacie.

Des mesures thérapeutiques complémentaires sont également recommandées.

- La perte de poids est un facteur essentiel, la perte de 5 kilos sur 10 ans réduit de moitié le risque de gonarthrose : elle permet de réduire l’inflammation et la charge articulaire. Elle améliore notamment la fonctionnalité du genou, la mobilité, la douleur et semble diminuer la progression de la maladie.

- La rééducation fonctionnelle avec un kinésithérapeute permet de renforcer l’articulation atteinte, notamment les exercices de renforcement musculaire.

- L’éducation thérapeutique du patient (ETP) joue également un rôle crucial dans la responsabilisation du patient. L’objectif de cette démarche est de le former à être autonome pour la prise en charge de sa maladie, optimiser l’observance des traitements et l’inciter à mettre en application l’ensemble des mesures thérapeutiques prescrites. Cette phase passe par une bonne information, des séances de sensibilisation, des confrontations avec d’autres patients, et bien d’autres méthodes.

L’association de ces différentes mesures permet aux patients arthrosiques d’améliorer leur qualité de vie et d’éviter des complications conduisant à l’intervention chirurgicale.

« Paroles d’expert » - Dr Henri Lellouche, rhumatologue à Herblay

Il y a vingt-cinq ans, l’arthrose n’était pas véritablement considérée comme une maladie. On considérait qu’il s’agissait d’un processus naturel de vieillissement des articulations et on entendait régulièrement dans les amphithéâtres de médecine : « l’arthrose est au cartilage ce que la ride est à la peau ».

Aujourd’hui, la maladie arthrosique est étudiée par de nombreuses équipes de médecins et chercheurs. On commence à mieux connaître la génétique, les mécanismes physiopathologiques, les facteurs de risque comme l’obésité ou les microtraumatismes répétés. Le rôle de nouveaux marqueurs sanguins est actuellement à l’étude.

De nouveaux traitements ont surtout progressivement trouvé leur place dans la prise en charge des douleurs et de l’impotence fonctionnelle liée à l’arthrose. On peut ainsi proposer à nos patients des traitements qui stabiliseront leur état et nous ne voulons plus entendre nos patients nous dire : « j’ai de l’arthrose je sais, mais il n’y a rien à faire ! ».

La maladie arthrosique est l’addition de maladies locales et donc la prise en charge doit être double : locale et générale.

La problématique du traitement de l’arthrose repose sur trois axes :

- soulager le patient
- lutter contre les déformations et le handicap
- ralentir ou contrôler l’évolution

La douleur de nos patients peut être contrôlée localement et efficacement par des topiques d’application locale.

L’injection intra articulaire, notamment dans un genou, d’un acide hyaluronique permet d’améliorer la fonction et de diminuer l’impotence, reportant à un âge plus avancé une éventuelle chirurgie prothétique. Ce traitement est une sorte de « lubrifiant » qui améliore le travail articulaire et pourrait avoir un rôle dans le contrôle de l’usure cartilagineuse. Ces injections ne sont pas douloureuses, les rhumatologues étant habitués à ce type de gestes locaux. Elles sont à distinguer des infiltrations cortisonées et n’ont pas d’effets toxiques généraux.

Pour certains patients, la prise quotidienne de chondroïtines sulfate à un dosage de 1 200 mg permet de proposer à nos patients une prise en charge générale qui complète les traitements locaux et diminue la prise d’anti douleurs et d’anti inflammatoires en comprimés dont on connaît les risques importants pour l’estomac, le cœur ou le rein.


Publié le Jeudi 2 Juillet 2009 dans la rubrique Santé | Lu 16877 fois