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Artériopathie, 2ème campagne de prévention : « cette douleur quand vous marchez, et si c’était vos artères ? »

La Société Française de Médecine Vasculaire (SFMV) et l’Institut de l’Athérothrombose (IAT) lancent, en septembre 2007, leur deuxième campagne de prévention de l’artériopathie oblitérante des membres inférieurs (AOMI) : « Des pas pour la vie ». Cette année, un dépliant expliquant les principaux facteurs de risques sera distribué auprès du grand public et la première journée de dépistage de l’AOMI sera organisée le jeudi 8 novembre à Lille, Montpellier et Grenoble.


Artériopathie, 2ème campagne de prévention : « cette douleur quand vous marchez, et si c’était vos artères ? »
Survenant généralement après 60 ans, cette maladie grave, entraînant des complications cardiaques et cérébro-vasculaires, concernerait près de deux millions de patients, dont seulement 800 000 sont pris en charge. Le dépistage et la prise en charge de ces personnes sont donc un véritable enjeu. Les résultats d’une étude réalisée par Ipsos santé sur « l’évaluation de la prévalence de l’AOMI en France chez les personnes de plus de 45 ans » permettent d’identifier cette population et de mieux comprendre à la fois le déclenchement de la consultation et les freins au dépistage.

Des pas pour la vie : insister sur les facteurs de risques

La prévalence de la pathologie augmente considérablement chez les individus présentant un ou plusieurs facteurs de risque. En effet, un patient sur trois, diagnostiqué comme souffrant d’artériopathie, est soit : un fumeur ou un ancien fumeur ; un patient présentant des antécédents médicaux liés au mode de vie : excès de poids, diabète, ou cholestérol… ; ou encore, un patient ayant des antécédents cardiovasculaires : infarctus du myocarde, accident cérébro-vasculaire (AVC)…

Le tabac est considéré comme le principal facteur de risque d’AOMI. Ainsi, le risque de développer une AOMI est 5 à 15 fois plus élevé chez les fumeurs que chez les non-fumeurs. L’arrêt du tabac peut par conséquent faire diminuer de manière significative la survenue ou l’évolution d’une AOMI.

C’est pourquoi la SFMV et l’IAT souhaitent sensibiliser le grand public sur ce sujet grâce à des dépliants expliquant ces facteurs de risque et les conséquences de l’AOMI. Ils seront disponibles dans les cabinets des médecins vasculaires participant à l’opération et diffusés auprès du réseau de partenaires de la campagne. « Des pas pour la vie » est soutenue par un collectif de 11 représentants de sociétés savantes ou d’associations.

Le dépistage précoce, une nécessité

La SFMV et l’IAT organiseront le premier dépistage gratuit et anonyme de l’AOMI le jeudi 8 novembre à Lille, Montpellier et Grenoble. Il s’adressera en priorité aux personnes âgées de 60 ans et plus, présentant une douleur à la marche et/ou des facteurs de risque cardiovasculaire.

Les patients atteints d’AOMI ont un taux de mortalité cinq fois supérieur à celui des patients qui en sont indemnes. Dans cette population, le taux de mortalité d’origine coronaire est multiplié par 6,6. La prise en charge précoce est donc essentielle pour diminuer les complications cardiovasculaires et donc la mortalité.

Le jeudi 8 novembre 2007, dans les trois villes, les patients seront invités à se rendre soit à l’hôpital soit en clinique. Au cours de cette journée, des médecins prendront la mesure de l’Indice de Pression Systolique (IPS) à la cheville. Cet examen, rapide et indolore, est considéré aujourd’hui comme l’examen de référence pour dépister l’AOMI.

Si l’IPS mesuré est inférieur à 0,90, le patient sera orienté vers son médecin traitant pour des examens complémentaires. Un numéro azur sera également mis en place dès la mi-octobre. En composant le 0 810 00 71 74, les patients auront accès à toutes les informations pratiques sur cette opération de dépistage.

Cette journée est un test avant de s’orienter vers un dépistage national en 2008/2009.

Les principaux enseignements de l’étude Ipsos

Les patients consultent à un stade avancé de la douleur

Dans la majorité des cas (62 % des personnes ayant consulté), la consultation est intervenue à un seuil de douleurs correspondant à un stade II avancé de l’AOMI à savoir : une douleur à la marche ; une douleur lors de la marche rapide ; et, l’impossibilité de parcourir plus de 200 mètres sans douleur.

À noter que plus d’un patient sur cinq consulte tardivement à l’apparition de symptômes caractéristiques du stade III de l’AOMI à savoir la douleur persistant au repos. La douleur qui marque pourtant la gravité de l’affection ne déclenche pas systématiquement la consultation chez le médecin généraliste. Pour le Dr Jean-Pierre Laroche : « C’est justement ce réflexe que nous voulons instaurer chez les plus de 60 ans. Une douleur du mollet en marchant peut révéler une maladie artérielle grave ».

La méconnaissance de la maladie, principal frein au dépistage

La simple douleur ressentie au mollet à la marche ne suffit pas à déclencher une consultation le plus tôt possible. 14 % des personnes interrogées présentant une douleur de type AOMI n’ont pas consulté. Dans la grande majorité, c’est seulement si la douleur devenait insupportable qu’ils iraient consulter. En effet, il existe une tendance chez ces personnes à minimiser les symptômes.

On retrouve les principaux facteurs de risque cardiovasculaire chez ces patients susceptibles d’avoir une AOMI. Selon leur déclaration, 38 % des personnes interrogées ont un excès de poids (sédentarité, manque d’exercice physique, surpoids) ; 36 % souffrent d’hypertension artérielle et 33 % sont soit des fumeurs ou anciens fumeurs. C’est pourquoi les patients doivent parler de ces facteurs de risque à leur médecin, d’autant plus s’ils ont une douleur à la marche. .../...

Je marche donc je vis !

La pratique de la marche est essentielle pour améliorer la qualité de vie du patient atteint d’AOMI.

En effet, la marche quotidienne est le premier traitement pour les patients souffrant de cette pathologie car elle favorise l’irrigation des muscles.

Parmi les recommandations qui ont pour objectif d’améliorer la qualité de vie des patients, la marche fait partie intégrante du traitement global préconisé par la Haute Autorité de Santé (avril 2006).

Marcher quand on a une AOMI ce n’est pas dangereux, au contraire !

La pratique régulière de la marche est la meilleure rééducation pour améliorer la circulation sanguine dans les jambes. Chez le patient claudicant, l’exercice physique est bénéfique. Son mécanisme d’action permet une adaptation métabolique des muscles inférieurs.

L’entraînement à la marche développe la circulation collatérale de suppléance (réseau d’artères parallèles) et permet de doubler la distance de marche en 6 à 12 semaines. Associée à un traitement médicamenteux et à une bonne hygiène de vie, la marche exerce un effet favorable sur la claudication mais aussi sur les autres facteurs de risques cardiovasculaires.

Marcher oui ! Mais pas n’importe comment…

Combien de fois par semaine ?
Idéalement, le patient devrait marcher tous les jours.

De quelle manière ?
- À une allure lente et régulière.

- De 20 à 30 minutes en augmentant progressivement la durée et le rythme de la marche.

- En s’arrêtant quand une gêne ou une douleur survient, pour repartir dès qu’elle s’est estompée.

- Dans de bonnes conditions : chaussures confortables, terrain plat et non accidenté, météo favorable.

En fonction du stade de l’artériopathie et en fonction de la condition physique du patient, il est possible d’augmenter progressivement la durée de la marche.

Pour plus d’informations sur les recommandations de la Haute Autorité de Santé sur la prise en charge de l’AOMI, veuillez visiter le site : www.has-sante.fr.

Témoignages de patients

Monsieur L…74 ans souffre d’une artériopathie des membres inférieurs connue depuis quatre ans. Survenue subitement, la maladie s’est manifestée par une douleur vive à la jambe gauche. « Je faisais de la randonnée, quand soudain, j’ai ressenti une douleur très aigue à la jambe gauche, elle ne voulait plus répondre. Je me souviendrais toute ma vie de ce jour où j’ai été évacué par hélicoptère. Le 9 août 2003 ».

Monsieur L… était un gros fumeur. Il lui arrivait de fumer en moyenne un paquet et demi de cigarette par jour. Hormis cette mauvaise habitude, il n’avait pas d’antécédents médicaux et ne présentait aucun signe de diabète ni de cholestérol. Jusqu’au jour où le diagnostic d’artériopathie des membres inférieurs à un stade avancé est suspecté par les médecins urgentistes, et confirmé par un angiologue et un cardiologue.

Depuis la découverte de sa maladie, il suit un traitement médical et consulte régulièrement son médecin généraliste ainsi que son angiologue tous les six mois environ. Conscient des conséquences du tabac sur son état de santé, Monsieur L… a tiré un trait sur le tabac.

Aujourd’hui, il souhaite s’adresser à toutes les personnes souffrant de l’AOMI ainsi qu’à ceux qui ne se sont pas encore diagnostiqués : « J’aurais deux messages : le premier c’est arrêter de fumer. On ne mesure pas assez l’ampleur des effets du tabac sur notre santé. Le deuxième, c’est de bien choisir son médecin traitant, et de lui faire confiance ».

Monsieur T… 61 ans, souffre d’une artériopathie des membres inférieurs depuis sept ans. Le patient avait déjà trop de cholestérol et de l’hypertension, deux facteurs de risque de l’AOMI, lorsque la maladie a été diagnostiquée. Pour lui le plus important est : « de se faire dépister à temps ».

Monsieur T… a également des antécédents de maladies cardiovasculaires au sein de sa famille. Ces indications sont autant de facteurs évocateurs d’une AOMI. La maladie est apparue progressivement. Elle s’est manifestée par une douleur au mollet. Le patient a attendu deux ans avant d’aller consulter un médecin généraliste pour cette douleur. Celui-ci diagnostique une AOMI qui sera confirmée un peu plus tard par un spécialiste.

Aujourd’hui le patient essaie de marcher le plus possible car la marche est une composante essentielle de sa prise en charge. Pour Monsieur T… le plus important est de se faire diagnostiquer et soigner le plus tôt possible pour que la maladie ne s’installe pas : « Si vous avez un ou plusieurs facteurs de risque ou que vous ressentez une douleur du mollet à la marche, il faut en parler avec votre médecin le plus rapidement possible. »

Pour plus d’informations sur la campagne « Des pas pour la vie », veuillez consulter les sites de la Société Française de Médecine Vasculaire et du Collège des enseignants en médecine vasculaire : www.sfmv.fr,
www.angioweb.fr.


Publié le Mercredi 19 Septembre 2007 dans la rubrique Santé | Lu 15845 fois