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Anciens combattants africains, des visages et des mots pour mémoire (Expo Lyon)


Seconde Guerre mondiale, Madagascar, Indochine, Algérie… autant de conflits auxquels les anciens combattants africains et nord-africains ont pris une part importante. Une expo à découvrir à Lyon jusqu'au 25 mars 2007.
Anciens combattants africains, des visages et des mots pour mémoire (Expo Lyon)

Vedette de la réclame et figure incontournable de l’imaginaire français, le tirailleur est un personnage historique complexe aux multiples lectures : symboles de l’aliénation coloniale pour les uns, exemples de fidélité pour les autres, ces combattants ont fait preuve avec ardeur et courage de leur attachement à la France.

Aujourd’hui, « ces tirailleurs sénégalais, béninois, guinéens, marocains, tunisiens... semblent tous à la recherche d’une patrie perdue où ils pourraient enfin reposer leur âme fatiguée et leur visage patiné. Une histoire d’homme et de soldat ».

Inspirée de l’ouvrage éponyme, l’exposition Anciens combattants africains offre à cette mémoire oubliée ou méconnue, un écho nouveau dans notre société. En collaboration avec des historiens, Philippe Guionie redonne une parole à ces tirailleurs africains -nos contemporains– et rend hommage à leur dévouement patriotique, tout en développant une démarche plus militante quant à leurs droits actuels.

Cette valorisation d’un patrimoine humain prend une acuité particulière, à l’heure où se manifeste la nécessité d’ancrer l’immigration dans la mémoire collective et de lui rendre sa juste place dans une perspective d’histoire commune et partagée.

Ces tirailleurs africains sont, pour quelques années encore, nos contemporains. Ils vivent quelque part dans la brousse ou le bled, le quartier ou le foyer. Ce ne sont que des hommes devenus vieux dans leurs corps, déjà presque morts dans nos mémoires « oublieuses » . Ce ne sont que des femmes qui perpétuent sur le front de la mémoire, le visage et la parole de leurs vieux. Ce ne sont que des jeunes, descendants et ayants droit, qui savent ou ne savent pas. Ce ne sont que des jours de peur sans mémoire.

« Le tirailleur marche seul, sa mémoire aussi ».

Photos Philippe Guionie

Le photographe

"Je suis photographe et ce ne sont que des photographies. Elles témoignent d’un vécu personnel où se révèle une histoire faite de personnes, de lieux, d’atmosphère et de sentiments. Par leurs témoignages, leurs mots, leurs chants et leurs visages, ces hommes et ces femmes rencontrés durant ces années de déambulations africaines se sont invités d’eux-mêmes dans cette série. Ils nous donnent à voir et à entendre une histoire oubliée ou méconnue. Leurs souvenirs de guerre sont des souvenirs de jeunesse. Et chacun a sa guerre. Les ombres noires du soldat sont tenaces. Aucune exhaustivité mais des sentiments de vérité. C’est une histoire sensible, douloureuse, qui dérange. Doit-on pour autant la bannir de nos mémoires ou l’inscrire dans une mémoire figée, restrictive ? Le photographe devient passeur de mémoire. Voir et transmettre. J’ai voulu écrire en photographie cette histoire humaine et l’inscrire dans le temps. Celui de la mémoire collective et celui du temps présent, en sachant qu’il n’est jamais facile de photographier la mémoire des hommes."
Philippe Guionie

Philippe Guionie est historien de formation. Il revendique une photographie sociale et documentaire autour des thèmes de la mémoire et des constructions identitaires. Ses sujets personnels sont présentés dans des galeries et festivals : panorama des civilisations lacustres en Afrique, portraits des Anciens combattants africains, réflexion sur l’hispanité en France et les rivages urbains en Europe, voyage autour de la mer noire. Il collabore également régulièrement avec les quotidiens et magazines français tels que Le Monde, Libération, Elle, Le Monde 2, L’Express…
www.philippe-guionie.com

Cette exposition est inspirée du livre éponyme Anciens combattants africains, édité aux Editions Les Imaginayres, 2006. Préface de Gaston Kelman, auteur du best-seller Je suis noir et je n’aime pas le manioc.

Extraits de la postface de Philippe Guionie : "Dans cette quète mémorielle, je me suis laissé guider par le rythme de la rencontre, le son du témoignage, la force du regard. Je voulais voir l’homme et non le soldat, l’esprit et non le canon, l’africain et non la médaille".

28 € avec un CD.

Infos pratiques

Centre d'Histoire de la Résistance et de la Déportation
14 Avenue Berthelot
69007 Lyon

Tel : 04 78 72 23 11
Fax : 04 72 73 32 98

Mail

HORAIRES
Mercredi à vendredi de 9h à 17h30.
Samedi et dimanche de 9h30 à 18h00.

TARIFS
- Tarif normal : 4 €
- Tarif réduit : 2 € (étudiants, groupes à partir de 10 personnes)
- Gratuit pour les moins de 18 ans.
- Visite commentée sur réservation : 2 €


Publié le Mercredi 7 Mars 2007 dans la rubrique Culture | Lu 5864 fois