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Senior Actu

Améliorer la vie des seniors grâce aux nouvelles technologies, indique Philippe Bas

Philippe Bas, ministre délégué aux Personnes âgées a souligné hier, lors des 13èmes rencontres parlementaires sur la longévité ayant pour thème cette année « Longévité et nouvelles » l’importance de ces dernières « pour améliorer la vie des personnes âgées » et « réduire la dépendance » tout en souhaitant qu’elles deviennent « encore plus accessibles ».


La longévité et les nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC). « C’est un sujet passionnant a souligné le ministre. Passionnant parce que, dans ce domaine, nous devons être curieux et aller voir ce que font nos partenaires européens confrontés au même défi démographique. Passionnant parce que les technologies les plus innovantes peuvent être mises au service du grand âge, c’est-à-dire au service de l’homme au moment où sa fragilité s’accentue. Passionnant enfin parce que, dans ce domaine, beaucoup reste à inventer ».

« Les personnes de plus de 85 ans sont un peu plus d'un million et dans dix ans, elles seront près du double », a indiqué Philippe Bas. « Nous vieillissons mieux, et cette tendance s'accentue », a-t-il ajouté. Dans un monde où une grande partie des seniors restent actifs (parmi les 60-70 ans, une personne sur trois est engagée dans une activité bénévole ; leurs achats sur le net explosent et ils sont de gros consommateurs de produits informatiques et de nouvelles technologies) mais où les membres d’une même famille vivent souvent éloignés les uns des autres et que les liens intergénérationnels risquent de se distendre, « nous devons tout mettre en œuvre pour éviter qu’une fracture technologique s’ajoute à une différence d’âge. Il est alors essentiel de renforcer ces solidarités naturelles. Les nouvelles technologies, au travers notamment des messageries électroniques, sont ici un auxiliaire indispensable » a précisé le ministre.

« Pour accompagner ce mouvement et pour le favoriser, nous devons rendre ces technologies encore plus accessibles. Les constructeurs informatiques et les opérateurs de téléphonie prennent conscience de cette nécessaire adaptation aux personnes âgées ou handicapées. Tous ces nouveaux produits doivent être simples, ergonomiques et fiables. Je pense à la téléphonie mobile. Plusieurs opérateurs ont proposé des téléphones au clavier plus large. Je pense à un ordinateur au clavier plus accessible, pour lequel chaque touche correspond à une unique fonction. Ce produit, conçu et commercialisé par une société française, connaît un franc succès. Ces initiatives doivent être encouragées » rappelle M. Bas. .../...
Améliorer la vie des seniors grâce aux nouvelles technologies, indique Philippe Bas

Deux domaines principaux devraient fortement se développer dans les années à venir grâce aux nouvelles technologies. « Je pense à la télé-prévention médicale, particulièrement en milieu rural. Les professionnels de santé seront ainsi plus efficaces, et les personnes âgées plus autonomes » indique le ministre. « Je pense aussi à la télé-détection d’événements dangereux pour une personne fragilisée par l’âge, comme l’oubli d’un médicament important. Ainsi, l’on est parvenu récemment à intégrer un ordinateur dans une boîte à pharmacie, qui vérifie que les médicaments ont bien été pris. Et si le patient se trompe de médicaments, une sonnerie l’avertit de son erreur. Les nouvelles technologies vont donc améliorer l’autonomie des personnes. Cette amélioration est rendue possible par le développement de la gérontechnologie, une discipline nouvelle consacrée à l’usage des nouvelles technologies dans le champ du vieillissement ».

Mais les nouvelles technologies devraient également faciliter le rôle de l’entourage et de la famille. Le nombre des aidants traditionnels, les enfants ou les petits-enfants, devrait diminuer, pour des raisons démographiques et d’éclatement géographique. L’enjeu, c’est donc de restaurer des liens et une attention vigilante. C’est aussi de pouvoir prévenir les secours d’un accident, même si l’on est loin du lieu où il survient. Et le ministre de prendre l’exemple de nouveaux revêtements de sol, capables de suivre les mouvements des personnes qui marchent dessus, et de donner l’alarme si elles tombent et de nouveaux lits capables de détecter des modifications anormales dans la respiration de la personne âgée et d’alerter automatiquement les services médicaux compétents.

« La technologie, si elle est employée judicieusement, peut améliorer de manière décisive la qualité de vie des personnes âgées en leur permettant de rester chez elles plus longtemps, et en leur offrant un suivi médical à la fois plus souple et plus efficace » a constaté Philippe Bas lors de cette rencontre.

Mais nous savons désormais que moins la technologie est intrusive, plus elle peut se fondre dans l’environnement des personnes âgées et plus les résultats de ces expérimentations sont positifs. Nous devons donc rendre la technologie plus transparente, plus diffuse et la plus intuitive possible. Ensuite, nous devons prendre en compte les capacités des personnes âgées et ne pas en faire des sujets passifs, ce qui augmenterait encore leur niveau de dépendance. Enfin, il faut leur procurer une aide adaptée le plus possible à leurs besoins réels, à leur psychologie, à leur physiologie, et susceptible d’évoluer. La technologie au service de la longévité doit être une technologie évolutive.

« La longévité et les nouvelles technologies sont un véritable enjeu de société. Beaucoup reste à inventer pour améliorer la vie des personnes âgées, pour favoriser la cohésion sociale, pour réduire la dépendance. Car tout ce qui peut aider nos concitoyens les plus fragiles doit être résolument encouragé. Et les nouvelles technologies de l’information et de la communication ont à cet égard un rôle essentiel à jouer. Un rôle au service de la dignité de la personne » a conclu le ministre.


Publié le Vendredi 1 Décembre 2006 dans la rubrique Internet | Lu 8902 fois