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Alzheimer : une « assurance dépendance » dès 50 ans pour garantir sa prise en charge

L’idée de développer une « assurance dépendance » dès l’âge de 50 ans pour mieux financer la prise en charge de la maladie d’Alzheimer a été évoquée la semaine dernière à l’occasion des Premières rencontres parlementaires sur la santé mentale qui se sont tenues le 2 février à Paris et qui avaient pour thème « Alzheimer, quelle prise en charge ? ».


Le coût de la prise en charge moyenne d’un malade s’élève a 22.000 euros annuels dont plus de la moitié (55%) reste à la charge des familles, a rappelé dans une dépêche de l’AFP, la député Cécile Gallez, à l'origine de cette rencontre à l'Assemblée nationale.

Déjà en 2005, la député du Nord (UMP) avait suggéré « d’inciter à la souscription d'une assurance dépendance en complément de la couverture publique ». L’idée a donc été reprise par le ministre de la Santé Xavier Bertrand : « sans remettre en cause la solidarité nationale, assurée par les fonds publics, il me semble utile de rechercher des solutions de complémentarité, afin de faire face à l'ampleur du phénomène sur le long terme », indiquait le ministre devant le Comité de suivi du Plan Alzheimer le 12 janvier dernier.

Toujours selon cette dépêche, un million de personnes aurait déjà souscrit à ce type de produits à partir de 50 ans, indique le président du réseau d’associations de prévoyance Alptis, qui propose d’ailleurs depuis 1989 un produit d’assurance pour les plus de 55 ans qui aurait d’ores et déjà séduit presque 5.000 adhérents.

Par ailleurs, les intervenants qui se sont exprimés lors de cette journée, ont regretté les retards pris dans la mise en œuvre du plan Alzheimer 2004/2007 de l’ex-ministre de la Santé Philippe Douste-Blazy, qui visait à anticiper les effets de cette pathologie qui touche chaque année 220.000 personnes supplémentaires.

Selon les organisateurs de cette journée, ce plan « piétine dans l'indifférence générale » et cette pathologie est « perçue comme une maladie honteuse » qui n'a pas « le niveau d'information et de soutien nécessaire. Les conséquences en sont terribles : sous-diagnostic, isolement des familles, ignorance des moyens (thérapeutiques ou non) pour retarder la maladie ».

Il devient donc nécessaire d’aider les familles qui assument la prise en charge des deux-tiers des malades et qui vivent souvent dans l’isolement et l’épuisement. A ce sujet, le plan Alzheimer prévoyait notamment la création de 15.500 places en centres d'accueil de jour à l'horizon 2007. Selon les organisateurs de la rencontre, il n'y en aurait actuellement que 5.500.

Il faut aussi développer le diagnostic précoce de la maladie. « Il y a un délai de deux ans entre le moment où la famille constate un trouble réel et le diagnostic. Pendant un an, la famille temporise avant d'en parler aux médecins. Alzheimer est une maladie qui fait peur. Il y a une sorte de déni », explique dans la dépêche AFP Jean-François Dartigues, professeur d'épidémiologie à l'Université de Bordeaux.

« Nous voulons « sensibiliser » le gouvernement et le grand public à ce fléau du 21ème siècle, qui gagne du terrain. Ma conviction est que la maladie d'Alzheimer doit être une des priorités pour le gouvernement, au même titre que la lutte contre le sida ou le cancer » a enfin déclaré Cécile Gallez, initiatrice de ces rencontres.
Alzheimer : une « assurance dépendance » dès 50 ans pour garantir sa prise en charge

Actuellement cette maladie neurodégénérative touche de 800.000 à un million de personnes en France. Selon les prévisions démographiques de l'Insee et faute de progrès significatifs de la recherche, on estime que près de 1,3 million de personnes seront atteintes d'Alzheimer en France d'ici 2020, soit une personne de plus de 65 ans sur quatre.

Pour en savoir plus, lire aussi :
1ères rencontres parlementaires sur la santé mentale « Alzheimer, quelle prise en charge ? »


Publié le Lundi 6 Février 2006 dans la rubrique Santé | Lu 13329 fois