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Alzheimer : un nouveau centre de jour ouvre dans le Marais à Paris

La mairie de Paris inaugure aujourd’hui son 7ème centre d’accueil de jour pour les personnes âgées atteintes de la maladie d’Alzheimer, dans le 4ème arrondissement, en plein cœur du Marais, doté d’une capacité de 18 places.


Ce nouvel espace est installé rue des Francs Bourgeois, dans des locaux de 325 m2 en pied d'immeuble appartenant à l'OPAC. D'une capacité de 18 places, il est le 7ème centre de ce type ouvert sur Paris portant ainsi à 140, le nombre total de places disponibles dans la capitale.

« La prise en charge en centre d'accueil de jour offre un répit aux familles » indique Mme Danièle Hoffman-Rispal, adjointe au maire de Paris chargée des personnes âgées. « Mais là n'est pas son seul avantage : les activités qui y sont proposées, l'encadrement quasi-personnalisé permettent aussi de stimuler le malade, de lui réapprendre les gestes de la vie quotidienne, de ralentir les effets de la maladie. Grâce à cet accueil, le malade retrouve peu à peu l'estime de soi et les familles modifient leur regard sur leur proche atteint de la maladie d'Alzheimer. Ce n'est pas parce que les personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer ne communiquent plus verbalement ce qu'elles ressentent, qu'elles ne ressentent plus rien. Or il est essentiel de comprendre que les malades continuent d'exprimer sensations et émotions, même si c'est par d'autres voies qu'auparavant ».

« Un dernier point » ajoute l’adjointe au maire « la maladie d'Alzheimer reste à mon sens trop tabou. Les personnes atteintes, voire leurs proches n'osent pas en parler, craignent, lorsque certains symptômes apparaissent, dire leurs troubles de peur d'être diagnostiquées, pensant à tort qu'il n'y a plus rien à faire lorsque la maladie est avérée. Il faut absolument que les langues se délient car la clé d'un bon accompagnement réside dans un diagnostic précoce, permettant outre la médicamentation, l'orientation vers les centres d'accueil de jour ». .../...
Alzheimer : un nouveau centre de jour ouvre dans le Marais à Paris

Alzheimer : un nouveau centre de jour ouvre dans le Marais à Paris
Ce lieu de vie va pouvoir accompagner 18 aînés (plus de 60 ans et en priorité du 4ème arrondissement et limitrophes) par jour, soit une soixantaine de personnes âgées par semaine souffrant de la maladie d’Alzheimer ou de troubles apparentés. Un à trois jours par semaine, ces personnes pourront bénéficier de soins et d’attentions spécifiques : activités physiques et créatives (gymnastique douce, activités manuelles...), activités mémoire (exercices d’orientation, lecture de la revue de presse, jeux de société...) et activités de la vie quotidienne (cuisine, soins esthétiques...).

Cet accueil vise également à contribuer à soulager de manière significative les familles et les aidants naturels. Des fauteuils aux lumières, la salle de repos a été spécialement pensée pour un confort optimal. La grande cuisine permettra aux personnes accueillies de se re-familiariser avec les gestes de tous les jours. Les activités et les soins sont destinés à favoriser l'autonomie des malades et leur bien-être. Afin de permettre un accueil individualisé, de proximité, leur capacité est limitée.

Un Numéro Vert est à la disposition des professionnels de la santé, des familles et des aidants : 0 800 10 00 38. L'accueil se fera du lundi au vendredi de 9h à 17h, en journée complète, avec possibilités de demi-journée.

Afin que le coût de cet accueil ne soit pas pénalisant pour les plus modestes, le Département a mis en place une aide unique en France destinée à moduler le prix de journée payé par la personne en fonction de ses ressources et de son niveau d’imposition. Cette aide qui représente un coût d’environ 6000 euros par place et par an, est versée directement aux gestionnaires des centres d’accueil de jour.

Alzheimer : un nouveau centre de jour ouvre dans le Marais à Paris

M. Luc Royet, directeur du centre des Francs Bourgeois

Quelle approche spécifique votre centre propose-t-il aux malades ?
L.R. L'accueil des Francs Bourgeois permet d'accompagner 18 personnes en phase débutante ou modérée de la maladie. Un à trois jours par semaine, du lundi au vendredi de 9 h à 17 h, ces personnes pourront bénéficier de soins et d'attentions spécifiques qui leurs seront dédiés. Cet accueil contribuera également à soulager de manière significative les familles et les aidants naturels.

Les lieux et les locaux offrent de multiples activités, un espace de promenade, un petit jardin… L'équipe pluridisciplinaire est composée d'un médecin, d'un infirmier, d'un psychologue, d'une psychomotricienne et d'aides-médico-psychologiques. Après une évaluation gérontologique, les activités les plus adaptées seront conseillées aux personnes en fonction de leur état de santé et de leurs choix. Le but est d’offrir un suivi très personnalisé, le plus proche possible des attentes et des besoins des patients. Et de leur famille.


Quelle place la famille occupe-t-elle dans l'accompagnement des malades ?
L.R. Le rôle de la famille et des aidants est primordial car ces personnes désorientées ont un besoin vital d'être accompagnées et en toutes circonstances dans les gestes de la vie quotidienne. Cette présence quasi-permanente entraîne l'apparition progressive d'un sentiment d'impuissance doublé de culpabilité devant le caractère inéluctable de la maladie. La charge pour l'entourage est donc lourde y compris sur un plan financier.

Que pensez-vous de la récente décision de faire de la lutte contre la maladie d'Alzheimer la « Grande cause nationale 2007 » ?
L.R. L'espérance de vie augmente et avec elle le risque de maladie d'Alzheimer qui devient aujourd'hui une priorité de santé publique. 856 000 sujets de plus de 65 ans sont actuellement atteints en France. Un tel contexte épidémiologique révèle le caractère d'urgence d'une prise en charge adaptée de cette maladie qui concerne et/ou concernera, directement ou indirectement, une grande partie de la population.

Selon vous, quelles sont les priorités à mettre en œuvre pour lutter contre ce fléau ?
L.R. Je retiens plusieurs mesures du plan Alzheimer 2004 2007, élaboré par les autorités de santé : une politique d'accompagnement renforcé à un stade précoce de la maladie ; un accompagnement plus spécifique des malades Alzheimer qui vivent à domicile et l'adaptation des institutions pour personnes âgées à la spécificité de cette maladie. Les centres d'accueil de jour, par leur mode de fonctionnement, centré sur les personnes atteintes vivant encore à domicile et leur famille, s'inscrivent dans ces différents objectifs.


Publié le Jeudi 23 Novembre 2006 dans la rubrique Divers | Lu 8577 fois