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Alzheimer : sensibiliser le grand public au problème de l’errance des malades

Pour cette 13ème Journée mondiale Alzheimer, une société canadienne, Medical Mobile, a souhaité sensibiliser le grand public à l’une des complications graves de cette pathologie neurodégénérative : l’errance des malades qui concerne presque six personnes sur dix et qui peut entraîner des conséquences dramatiques voire fatales.


Depuis une dizaine d’années, le 21 septembre est LA date consacrée à la maladie d’Alzheimer, et ce, dans le monde entier. A cette occasion, on entend beaucoup parler de la pathologie en elle-même, de l’importance de sa détection précoce, de son coût, de sa prise en charge, des conséquences sur la vie quotidienne des aidants, etc. Et c’est très bien. Mais il existe un sujet dont on entend finalement peu parler, et qui pourtant nous concerne tous : il s’agit de celui de l’errance (ou la fugue) des malades atteints d’Alzheimer.

En effet, il faut savoir que l’errance est l’une des complications majeures et graves de cette maladie neurodégénérative. Elle concerne près de 60% des patients avec un risque élevé d’issue fatale si les personnes ne sont pas retrouvées rapidement, généralement dans les 24 heures.

Face à la montée en puissance de cette pathologie qui touche 10% des 65 ans et plus, il devient donc important d’informer le grand public de cette problématique. En effet, contrairement aux difficultés rencontrées par les aidants familiaux qui s’occupent d’une personne malade au quotidien, et qui restent confinées dans la sphère privée, l’errance nous concerne tous. Nous risquons tous, un jour ou l’autre, de nous retrouver nez à nez avec une personne âgée manifestant ce trouble.

Dans cet esprit, la société canadienne Medical Mobile, qui fabrique Columba, un bracelet anti-fugue destiné aux malades Alzheimer, propose de lancer une opération d’information au sujet de l’errance : comment déceler une personne désorientée ; comment gérer cette rencontre ; comment aborder la personne désorientée et quelles actions entreprendre ; comment aider la personne… Le fondateur de cette entreprise, M. Louis Massicotte, est d’autant plus sensible à ce sujet qu’il a décidé de créer ce bracelet suite aux fugues répétées de sa maman atteinte par la maladie. Or, au Canada, une fuite en pleine nuit et en plein hiver ne pardonne pas.

La société a donc décidé d’apporter son soutien à la recherche médicale, au bénéfice de la maladie d’Alzheimer et en particulier aux projets de la Fondation IFRAD, organisme dédié à la recherche sur la maladie d’Alzheimer. Pour chaque bracelet Columba vendu, Medical Mobile s’engage à reverser la somme de 15 euros à l’IFRAD.
Alzheimer : sensibiliser le grand public au problème de l’errance des malades

Trois grands types d'errance

Comme le souligne Mme Catherine Ollivet, présidente de l'association France-Alzheimer 93, on peut distinguer trois grands types de situation de fugues. La première, chez les malades débutants. Un matin, alors que la personne se promène, elle prend exceptionnellement la rue de gauche plutôt que celle de droite. Là, hors de son trajet habituel qu'elle connaît parfaitement, elle se retrouve totalement désorientée. Même si elle se trouve à quelques rues de chez elles.

Deuxième cas, à un stade de la maladie un peu plus avancé. Les malades peuvent confondre le jour et la nuit. Il leur arrive d'aller faire les courses à 2 ou 3 heures du matin. Ils se retrouvent alors en pleine nuit dans une ville qu'ils connaissent, mais où tout est sombre et où il n'y a personne. Ils peuvent être terrorisés et se perdre.

Enfin, dernier cas de figure, à un stade avancé de la maladie, les patients rencontrent des problèmes de mémoire proche. Il n'est alors pas rare de les voir partir à la recherche d'un parent. La plupart du temps il s'agit de leur mère.

Toutes ces « fugues » entraînent des situations épouvantables aussi bien pour les familles que pour les personnes malades précise Mme Ollivet, qui ajoute que ces fuites risquent d'augmenter d'autant les troubles de ces patients et peuvent s'avérer mortelles lorsqu'elles surviennent de nuit en hiver. « Il arrive que les proches passent à côté d'une personne disparue, qui se trouve apeurée, prostrée et terrée dans un coin. Lorsqu'on retrouve l'individu le lendemain, il est parfois trop tard » conclut-elle.

Pour aller plus loin, lire aussi :
Un bracelet anti-fugue pour les malades Alzheimer


Publié le Jeudi 21 Septembre 2006 dans la rubrique Santé | Lu 6631 fois