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Actions EDF : des retraités du nord actionnaires malgré eux

L'Autorité des marchés financiers (AMF) a reçu à ce jour une trentaine de plaintes en provenance de toute la France, relatives à des ventes « forcées » de titres EDF de la part de certaines banques. Bien que les victimes soient réparties dans l’ensemble de l’hexagone, il semblerait que la région Nord soit la plus touchée et que les clients concernés soient en majorité des retraités.


Inadmissible. L’adjectif revient souvent dans la bouche des clients qui se sont retrouvés –sans avoir rien demandé- à la tête de 10, 20, 50 ou 100 titres EDF. Il y a quelques temps déjà, certains clients s’étaient plaints d’avoir découverts qu’ils étaient détenteurs d’actions de cette société privatisée en novembre 2005. Ce qui pouvait être considéré au départ comme de simples erreurs prend petit à petit des parfums de scandale.

Tout a commencé dans une agence BNP Paribas de Valenciennes. Comme l’indique un article du quotidien Libération, un couple de retraités s’est retrouvé avec 144 actions... et un compte bancaire à découvert. Le mari, âgé de 93 ans, certain de n’avoir passé aucun ordre d’achat pour des titres EDF, s’est donc rendu dans son agence où on lui a expliqué que c’était « une erreur » due à un problème d’homonymie. L’affaire est régularisée mais les deux retraités ont perdu 100 euros dans la bataille.

Quelques temps plus tard, ils s’aperçoivent en lisant l’édition de la Voix du Nord du 5 janvier que d’autres couples de retraités, clients de la même agence ont été confrontés à la même situation. Christian Canivez, le journaliste rédige alors un deuxième article sur le sujet en laissant son numéro de téléphone. Il est alors inondé de coups de fil de personnes –presque toutes retraitées- qui ont été victimes de la même mésaventure.

Plusieurs enseignes se retrouvent maintenant dans l’embarras : BNP, Société Générale, Crédit agricole, Crédit du Nord, Banque Scalbert-Dupont. Tout en reconnaissant que des dérapages ont pu avoir lieu, les banques en minimisent l'importance, indique le quotidien Le Monde. « Nous ne sommes pas en présence d'un scandale, mais de dysfonctionnements locaux, de la part de conseillers zélés qui devaient placer beaucoup d'actions en temps record » confie un banquier parisien au journal du soir.

La BNP assure pour sa part que « tout est rentré dans l’ordre et que, pour le client, c'est une « opération blanche, indolore au final ». Et d’ajouter qu’aucune pression n’est exercée « pour forcer les ventes ». Toutefois, compte tenu de la taille du réseau, il est impossible d’éviter que « ici ou là, des gens ne respectent pas les principes de déontologie .» Quant à l'âge des clients touchés, la porte-parole de la banque « ne pense pas avoir envie de communiquer là-dessus », précise l’article de Libération.

Pour la Fédération bancaire française (FBF) « s'il y a eu des pratiques douteuses, il appartient aux banques de prendre des mesures, pour réparer l'erreur ».

Au total, une quarantaine de clients (déclarés) se sont dits lésés. Les dysfonctionnement révélés portent sur des sommes allant de 192 à 4.600 euros.

Vendredi dernier, le député communiste du Nord Alain Bocquet a demandé l’ouverture d’une enquête parlementaire.


Publié le Lundi 16 Janvier 2006 dans la rubrique Finances | Lu 4081 fois