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Senior Actu

Accidents de la vie courante : un demi million de seniors touchés chaque année

Une récente enquête parue dans le dernier Bulletin épidémiologique de l’InVS montre que chaque année, en France, 11 millions de personnes sont victimes d’accident de la vie courante (AcVC) -chutes, suffocations, noyades, intoxications, accidents par le feu, etc.- dont 4,5 millions sont hospitalisées. Or les conséquences de ces AcVC, notamment les chutes, peuvent être dramatiques pour les seniors qui représentent d’ailleurs la grande majorité des décès.


Selon cette étude qui a porté sur la mortalité par accident de la vie courante en France, en 2004, il a été recensé 18 548 décès par AcVC. Les chutes sont les plus mortelles, devant les suffocations, les noyades, les intoxications et les accidents par le feu.

Les spécialistes ont noté une surmortalité masculine (rapport hommes/femmes de taux de mortalité = 1,7), mais également que les « deux tiers des décès étaient survenus après l’âge de 74 ans ».

En effet, comme le rappelle cette étude, les seniors sont particulièrement concernés par les AcVC. Ainsi, en France, chaque année, 550.000 personnes âgées de 65 ans et plus en sont victimes avec recours aux urgences. Et selon les données de cette enquête, les chutes « constitueraient 84% des mécanismes à l'origine d'un accident de la vie courante chez les aînés ».

Ces chutes surviennent la plupart du temps au domicile des personnes (78%). Les lésions les plus observées suite à ces chutes sont des fractures (41%), et les membres les plus souvent touchés sont les membres inférieurs, et ce dans 34% des cas.

Rappelons que de nombreux facteurs peuvent favoriser les chutes : la prise de médicaments, les maladies altérant les fonctions sensitives, cognitives ou motrices, le comportement et l'environnement. Et les conséquences peuvent être graves.

En effet, « indépendamment du risque de fracture (dans la majorité des cas, du fémur) et des séquelles physiques, la chute accidentelle a un impact psychologique important : peur de tomber, perte de confiance en soi, angoisses » indiquait l’année dernière un rapport de la Société française de documentation et de recherche en médecine générale (SFDRMG) et la Haute Autorité de Santé. Et de préciser : « au maximum, le syndrome post-chute entraîne une désadaptation psychomotrice avec perte d'autonomie, troubles de la posture et de la marche, qui majorent le risque de nouvelles chutes ».

De plus, il convient de souligner que la chute renvoie une image inquiétante de la vieillesse et de la dépendance. Elle est souvent vécue avec gêne et déni par les seniors qui l'assimilent à une certaine déchéance voire à la mort. .../...
Accidents de la vie courante : un demi million de seniors touchés chaque année

Des conséquences des chutes...

Lorsqu'un senior chute et se brise le col du fémur, plus il est âgé, moins ses chances de survie sont élevées. Ainsi, alors que presque 100% des quinquagénaires s'en remettent et survivent au-delà d'un an, dès que l'on avance en âge, les pourcentages décroissent assez rapidement : de 50 à 70 ans les chances de survie au-delà d'un an sont de 90 à 100%, chez les octogénaires, les pourcentages se situent entre 80 et 90% et pour les personnes de plus de 90 ans, de 70 à 80%.

Toutefois, même les plus chanceux, qui parviennent à s'en sortir, voient leurs conditions de vie s'en ressentir. Si plus de la moitié (54%) des personnes âgées indiquent qu'elles sortaient de chez elles non accompagnées avant leur chute, au-delà d'un an, uniquement une sur trois s'aventure encore seule dans la rue. 29% prenaient les transports en commun avant l'accident, elles ne sont plus que 17% un an après. Enfin, si un quart se promenait sans assistance dans leur quartier, elles ne sont plus que 14% après leur fracture.


Publié le Lundi 8 Octobre 2007 dans la rubrique Aides à domicile | Lu 6710 fois