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Accident vasculaire cérébral et maladie coronaire : une combinaison fatale

L'équipe du service de cardiologie de l'hôpital Bichat à Paris et de l'Unité mixte Inserm 698* a étudié une cohorte de patients atteints de maladie coronaire qui a mis en évidence chez les patients ayant des antécédents d'accident vasculaire cérébral (AVC) ou d'accident ischémique transitoire (AIT) non seulement un risque plus élevé d'événements cardio-vasculaires mais aussi d'événements hémorragiques, soulignant le défi thérapeutique que représente la prise en charge de ces patients.


Les maladies cardio et cérébro-vasculaires représentent les deux premières causes de mortalité au monde.

Elles sont parfois associées chez un même patient et leur combinaison représente à la fois un risque considérable pour lui-même ainsi qu’ un véritable défi thérapeutique.

Aujourd'hui, les médicaments antithrombotiques -qui permettent de fluidifier le sang- sont un traitement efficace de la maladie coronaire.

Plusieurs essais évaluant de nouveaux traitements antithrombotiques chez des patients coronariens ont identifié qu'un antécédent d'AVC ou d'AIT constituait un marqueur d'augmentation du risque d'hémorragie intracrânienne pouvant conduire au décès du malade.

L'étude menée par l'équipe du service de Cardiologie de l'hôpital Bichat et de l'Unité Inserm 698 a consisté à suivre et à analyser pendant quatre ans, 26.389 patients coronariens issus du registre international de patients athérothrombotiques REACH afin de caractériser de manière très précise le risque ischémique et hémorragique associé à un antécédent d'AVC ou d'AIT chez les patients coronariens.

Les résultats mettent en évidence la fréquence de ce phénomène : 40460 patients, soit 17% de la cohorte de patients coronariens, avaient un antécédent d'AVC ou d'AIT. Cet antécédent était de plus associé à une augmentation d'environ 50% (par rapport aux patients coronariens sans antécédent d'AVC) du risque de décès, d'infarctus, ou d'AVC, avec une augmentation du risque d'AVC ischémique et hémorragique.

Cette étude objective également le défi thérapeutique que représente le traitement de ces patients. En effet, un traitement antiplaquettaire ou anticoagulant plus fortement dosé est associé à une augmentation particulièrement élevée du risque hémorragique. « Les conclusions de l'étude sont importantes puisqu'elles soulignent la difficulté de prise en charge de ce type de patients, fréquents et dont le pronostic est particulièrement grave. Elles démontrent par ailleurs la nécessaire sélection du traitement antithrombotique. Des essais cliniques complémentaires sont en cours pour tester de nouvelles stratégies de traitement chez ces patients » explique le Pr Steg, du service de cardiologie de l'hôpital Bichat.

Ces travaux ont fait l'objet d'une publication on-line dans Circulation.

*en collaboration avec des équipes internationales


Publié le Lundi 4 Mars 2013 dans la rubrique Santé | Lu 762 fois