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AVC : une nouvelle technique d'IRM pour prévoir l'évolution des infarctus cérébraux

Une nouvelle technique de prédiction de l'évolution des infarctus* cérébraux dans les premières heures d'accidents vasculaires cérébraux (AVC) vient d'être évaluée sur près de 100 patients. Baptisée NEURiNFARCT, et mise au point grâce à une collaboration entre le Laboratoire de Neurosciences Cognitives & Imagerie Cérébrale** (CNRS), le département de Neuroradiologie et le service des Urgences Cérébro-Vasculaires du Groupe hospitalier Pitié-Salpêtrière (AP-HP), elle permet d'estimer l'étendue des tissus exposés au risque d'un infarctus en cours de formation chez un patient victime d'AVC grâce à une analyse inédite de mesures issues de l'imagerie par résonance magnétique (IRM).


NEURiNFARCT est une nouvelle méthode de détection de la « pénombre ischémique » qui est la zone de souffrance au sein de laquelle se développe dans les quelques heures qui suivent l'AVC, les lésions irréversibles de l'infarctus cérébral.

Contrairement à l'infarctus, rappelle le communiqué du CNRS, cette zone de pénombre reste viable et la sauver est l'objectif de la thrombolyse, traitement d'urgence de l'AVC qui réduit le risque de handicap, mais comporte un risque d'hémorragie secondaire. « Les indications de ce traitement pourraient donc bénéficier d'une évaluation simple et rapide de l'étendue de cette zone de souffrance » précise encore le CNRS.

Ceci a été l'enjeu des recherches à l'origine de NEURiNFARCT, les techniques IRM existantes restant relativement complexes à mettre en œuvre et nécessitant l'injection intraveineuse d'un produit de contraste. Cette dernière n'est plus nécessaire avec cette technique qui repose uniquement sur des séquences IRM classiques.

Plus concrètement, ces images mesurent la mobilité des molécules d'eau qui est très diminuée au cœur de l'infarctus, mais qui est également légèrement perturbée dans la zone de pénombre. Ces dernières altérations sont trop discrètes pour être visibles à l'œil nu sur les images et la difficulté a consisté à développer un outil d'analyse automatique, basé sur un modèle simulant la croissance réelle de l'infarctus.

Les résultats publiés dans la revue spécialisée Radiology indiquent que les performances obtenues par cette technique « sont au moins aussi bonnes que celles des méthodes qui utilisent l'imagerie de perfusion en IRM ou en scanner et qui nécessitent l'injection intraveineuse de produits de contraste » affirme le communiqué du CNRS. Et de préciser : « en outre, contrairement à l'imagerie de perfusion, les résultats obtenus avec NEURiNFARCT sont fiables et standardisés car la méthode est quasi-entièrement automatique, ce qui est un avantage certain dans le contexte clinique d'extrême urgence de l'AVC ».

Cette approche pourrait constituer un outil essentiel d'aide à la décision thérapeutique en urgence et d'évaluation rapide de nouveaux traitements pour l'industrie pharmaceutique. Le logiciel résultant est actuellement utilisé dans des protocoles de recherche clinique dans le but d'évaluer plus efficacement de nouvelles approches thérapeutiques contre les infarctus cérébraux en formation.

Les enjeux sont de taille quand on sait que les personnes handicapées à la suite d'un AVC sont aujourd'hui aussi nombreuses en France que celles atteintes des maladies d'Alzheimer et de Parkinson (voir encadré ci-dessous).

*Nécrose d'un organe résultant de l'obstruction de l'artère qui assure son irrigation.
**(LENA), équipe Modélisation et Méthodologie en Imagerie Cérébrale dirigée par Sylvain Baillet.
AVC : une nouvelle technique d'IRM pour prévoir l'évolution des infarctus cérébraux

Petit rappel sur les AVC

En France, chaque année, 150.000 personnes sont victimes d’un accident vasculaire cérébral (AVC). Près des trois quarts de ces hommes et femmes en gardent des séquelles. Rappelons que l’accident vasculaire cérébral est la troisième cause de mortalité, la première cause de handicap de l’adulte et que ce risque est multiplié par deux tous les dix ans à partir de l'âge de 55 ans. On ne peut en prévenir les conséquences que par une extrême célérité dans la prise en charge : les experts préconisent une intervention au plus tard dans les 4 heures suivant la survenue des premiers symptômes.


Publié le Lundi 1 Décembre 2008 dans la rubrique Santé | Lu 10386 fois