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AVC : améliorer la prise en charge et développer la prévention

La semaine dernière, Roselyne Bachelot-Narquin, ministre de la Santé, a présenté lors d’un déplacement à Poitiers (Vienne) un rapport sur les accidents vasculaires cérébraux (AVC), qui vise à améliorer la prise en charge des patients victimes d’AVC et à développer la prévention. Rappelons que les AVC sont la première cause de handicap chez l’adulte et que leurs taux d’incidences sont multipliés par deux tous les dix ans chez les seniors.


En France, chaque année, 130.000 personnes sont victimes d’un accident vasculaire cérébral (AVC). Et près des trois-quarts de ces hommes et de ces femmes en garderont des séquelles.

Rappelons également que l’accident vasculaire cérébral est la troisième cause de mortalité, la première cause de handicap de l’adulte et que ce risque est multiplié par deux tous les dix ans à partir de l'âge de 55 ans. Après 65 ans, le nombre de décès par AVC chez la femme est égal à celui par infarctus du myocarde chez l’homme.

Si un quart des AVC survient chez les moins de 65 ans (c’est à dire dans la population active), plus de 50% touchent les personnes âgées de 75 ans et plus. A noter aussi qu’après un premier AVC, le risque de récidive est important. Il est en effet estimé entre 30 et 43% à cinq ans.

On ne peut prévenir les conséquences d’un AVC que par une extrême célérité dans sa prise en charge : les experts préconisent une intervention au plus tard dans les 4 heures suivant la survenue des premiers symptômes ((paralysie ou engourdissement brutal d'un côté du corps, difficultés soudaines à parler ou à comprendre).

En termes de handicap, plus de 225.000 personnes sont classées de façon permanente en affection de longue durée « accident vasculaire cérébral invalidant » par le régime général de l’assurance maladie.

Les facteurs de risque sont en partie ceux de toutes les maladies cardiovasculaires (hypertension artérielle, diabète, tabac, mauvaise alimentation, sédentarité).

« En matière d’organisation des soins, les délais de prise en charge des patients sont longs et il existe un problème d’accès à des soins de qualité : seulement 20% des patients victimes d’AVC ont été hospitalisés en unités neuro-vasculaires en 2008. Les structures de soins de suite et de réadaptation sont en nombre insuffisant et la réadaptation, la prise en compte des séquelles physiques, psychologiques et cognitives des patients, leur réinsertion sociale et professionnelle sont encore peu traitées et mal connues » précise le site Internet du ministère.
AVC : améliorer la prise en charge et développer la prévention

Les orientations retenues par ce rapport issu des travaux d’un comité de pilotage installé fin 2008 et coordonné par le docteur Elisabeth Fery-Lemonnier, conseillère générale des établissements de santé.

1- Le développement de la prévention et de l’information :
Il s’agira de mettre en œuvre, en association avec l’ensemble des institutions et des partenaires déjà impliqués, des programmes d’information, de prévention et d’éducation thérapeutique concernant le domaine cardio-neuro-vasculaire. Ils viseront le grand public, les personnes à risque et les professionnels. Un programme de lutte contre les facteurs de risque vasculaire, complémentaire à la démarche du programme national nutrition santé, sera mis en œuvre. Une campagne d’information sera notamment déployée sur les signes d’alerte des AVC.

2- L’organisation d’une meilleure prise en charge des patients :
L’objectif est de mettre en œuvre de véritables filières de prise en charge de l’AVC et de coordonner les structures et acteurs existants. Afin de réduire les délais de prise en charge en urgence, il est proposé de créer de nouvelles unités neuro-vasculaires dans les régions déficitaires ou d’organiser la prise en charge en réseau grâce au développement de la télémédecine et du télédiagnostic. Un effort particulier sera fait sur l’accès aux structures de rééducation et de réadaptation.

3- L’amélioration de la qualité de la prise en charge :
Une préconisation vise à améliorer les pratiques professionnelles, en lien avec le programme pilote de la Haute Autorité de Santé et à développer la formation initiale et continue des médecins et des professions paramédicales en matière de détection et de prise en charge de l’AVC. La mise en place d’une politique de recherche ambitieuse en matière d’AVC sera aussi développée.

4- Le pilotage, le suivi et l’évaluation du dispositif :
Dans le cadre de la mise en place des ARS, l’AVC sera intégré dans le plan régional de santé. Un comité national de suivi sera mis en place pour décliner les actions issues des préconisations du rapport.

Ces orientations seront détaillées dans le cadre d’un « plan d’action AVC 2010-2014 » qui sera présenté fin 2009.

A propos des accidents vasculaires cérébraux

Les accidents vasculaires cérébraux (AVC) constituent une urgence médicale. Il est important de prendre des mesures immédiates et d'appeler le service des urgences des hôpitaux pour recevoir des soins médicaux en urgence. La survie et les chances de guérison sont d'autant plus grandes que les symptômes sont identifiés rapidement et le traitement médical mis en route promptement. De plus, les dommages cérébraux à long terme ont d'autant plus de chances d'être évités que le traitement a été rapide et planifié sur le long terme.

Les accidents vasculaires cérébraux peuvent résulter de l'obstruction d'un vaisseau sanguin par un caillot, réduisant l'irrigation sanguine dans une zone cérébrale (AVC ischémique), ou de la rupture d'un vaisseau, empêchant l'irrigation du cerveau (AVC hémorragique). Dans ce contexte, l'apport en sang et donc en oxygène est insuffisant et le cerveau commence à mourir.

L'AVC ischémique est l'accident vasculaire cérébral le plus courant. Quiconque a déjà été victime d'un AVC présente un risque accru de récidive et/ou de crise cardiaque. Privées d'oxygène et d'apports nutritifs, les cellules nerveuses du cerveau meurent rapidement. Les zones du corps contrôlées par ces cellules cessent alors de fonctionner correctement, entraînant des séquelles parfois permanentes. Il est donc important d'intervenir rapidement afin de réduire au maximum les handicaps physiques et mentaux à long terme.

Si certains facteurs de risques d'AVC, tels que l'âge et l'hérédité, ne peuvent être contrôlés, de nombreux autres peuvent l'être en changeant simplement certaines habitudes de vie, comme par exemple en cessant de fumer, en pratiquant une activité physique, en perdant du poids, en adoptant une alimentation équilibrée, riche en fruits et légumes, ou en prenant certains médicaments contre l'hypertension artérielle notamment. Ces changements ne suffisent toutefois pas à réduire le risque d'AVC chez certains patients.

La prise en charge rapide d'un AVC est un facteur essentiel d'amélioration du pronostic des patients, mais le recours à des traitements à long terme peut également l'être. Outre les statines et les antihypertensifs, les antithrombotiques sont largement utilisés pour prévenir la formation de caillots et contribuer à réduire le risque d'AVC.


Publié le Lundi 12 Octobre 2009 dans la rubrique Santé | Lu 5120 fois