Couleurs du temps et de la vie

Les deux enfants de Nathalie Gettliffe, Française emprisonnée au Canada pour les avoir enlevés, ont été rendus à leur père. Maximilien et Joséphine Grant, âgés de 12 et 11 ans, étaient cachés par des cousins de leur mère en Savoie. Ils devraient bientôt retourner au Canada


Affaire Nathalie Gettliffe / Les enfants rendus à leur père
Maximilien et Joséphine Grant, âgés de 12 et 11 ans, ont été rendus mercredi à leur père, Scott Grant, venu du Canada la semaine dernière pour les récupérer. Leur mère, Nathalie Gettliffe, 35 ans, est emprisonnée dans une geôle canadienne depuis le 11 avril pour enlèvement. Conformément à la décision de la cour d'appel de Nîmes de juillet 2004, les enfants vont bientôt retourner à Vancouver, lieu de résidence de leur père.

"Les enfants ont été rendus à leur père en présence de gendarmes et d'intervenants médico-sociaux", a déclaré le procureur de la République de Privas (Ardèche). "Ils ont pleuré au début mais ensuite, il n'y a pas eu de rejet manifeste", a ajouté Christophe Raffin. Ce dernier annonce que tous les trois sont désormais dans un lieu sûr qui sera tenu secret jusqu'à leur départ.

Une longue histoire de famille
En 2001, Nathalie Gettliffe avait fui le Canada avec ses enfants pour s'installer en Ardèche. La mère voulait éloigner son fils et sa fille de l'influence de leur père, adhérent de l'Eglise internationale du Christ, considérée comme une secte en France mais légale au Canada. La convention de La Haye traite ce genre d'acte comme un enlèvement.

Le 11 avril dernier, Nathalie Gettliffe est retournée au Canada. La Française disait vouloir régler les derniers détails d'un accord avec son ex-mari concernant la garde des enfants. Scott Grant a alors démenti l'existence d'un arrangement avant d'assurer que son ancienne compagne venait soutenir une thèse de doctorat à l'université de Colombie-Britannique. Gettliffe a alors été interpellée et placée en détention provisoire. Elle devrait être jugée à l'automne prochain et encourt jusqu'à dix ans de prison. Avant, le tribunal de New Westminster, dans la banlieue de Vancouver, doit déterminer jeudi si l'accusée peut obtenir une remise en liberté conditionnelle.

Une nouvelle cachette pour les enfants
Cachés par des cousins de leur mère, les enfants avaient quitté, depuis quelques semaines, l'Ardèche pour la Savoie. Les gendarmes d'Albertville les ont retrouvés mercredi dans la vallée de la Tarentaise et ont placé le couple de proches en garde à vue. Le nouveau compagnon de Nathalie Gettliffe, Francis Gruzelle, devrait être, lui, mis en examen pour "soustraction de mineurs de 15 ans par un tiers". Le procureur annonce que d'autres personnes pourraient être interpellées dans les jours qui suivent.

Nathalie Gettliffe, mère d'un troisième enfant né de son union avec Gruzelle, est de nouveau enceinte. Alors qu'elle doit accoucher en septembre, elle multiplie les actions pour attirer l'attention sur son cas. Depuis sa cellule, elle s'est dit prête à se présenter à l'élection présidentielle de 2007. Une cinquantaine de maires de la Drôme et de l'Ardèche sont déjà disposés à la soutenir.
L'Express
Rédigé par L'Express le Samedi 24 Juin 2006 à 20:03

Photographie . Le musée du Jeu-de-paume, à Paris, consacre une formidable rétrospective à cette artiste américaine qui, depuis trente ans, dynamite les systèmes de représentation.
« Cindy Sherman, rétrospective » au musée du Jeu-de-paume,

1, place de la Concorde, 75008 Paris. Commissaire : Régis Durand. Jusqu’au 3 sept. Entrée 6 euros. Tarif réduit : 3 euros. Rens. : 01 47 03 12 50 et 12 52.


Cindy Sherman contre la société du spectacle
On attendait depuis des mois l’exposition de la photographe américaine Cindy Sherman, cinquante-quatre ans, au Jeu-de-paume, et on n’est pas déçu ! C’est une rétrospective, une vraie, de celles qui permettent d’entrer dans une oeuvre de trente ans, de revenir pas à pas sur sa construction par l’artiste, d’une série l’autre, à tâtons, à force de risques et d’approfondissement.

Ce qui saisit le plus, c’est, sans doute, l’inépuisable inventivité de cette photographe, eu égard à l’économie de moyens et au protocole mis en oeuvre.

Le matériau - c’est toujours elle qui est dans le cadre - est vraiment minimal. Il ne s’agit ni d’autoportraits (lorsqu’elle apparaît en femme battue, elle ne documente pas son propre vécu comme le fait Nan Goldin, artiste de sa génération se mettant en scène ainsi que ses proches, au fil des épreuves de sa vie), ni de transformisme (elle ne cherche pas, comme le Français Pierre Molinier, à accumuler pour son plaisir les expériences et performances la montrant déguisée). Ce qui l’intéresse, elle, c’est plutôt, dans la lignée de Marcel Duchamp, la question de l’identité.

Ainsi, qu’elle apparaisse sous les traits de Monica Vitti dans une parodie de film italien (merveilleux Untitled Film Stills 1977-1980 !), qu’elle campe une midinette ou une ouvrière prenant le bus (Bus Riders, 1976-2005), une femme fatale ou désemparée (Murdery Mystery), le sujet, c’est l’autre.
Ce qu’elle croise et interroge, grâce à des artifices aussi simples que perruques, prothèses et fripes, c’est à la fois l’histoire des représentations et celle de la condition féminine. Ce qu’elle entreprend, c’est un travail de déconstruction des représentations idéalisées, mythifiées que nous prêtent la télévision et les pages de magazine. Sa critique de la société du spectacle est radicale : « Ce à quoi je m’oppose, expliquait-elle dans le New Yorker en 2000, c’est la manière dont notre être est pourri parce que l’on est censé être. »

Ce qu’elle espère du spectateur, c’est qu’il se glisse dans l’écart qu’elle a creusé entre elle et son personnage, qu’il imagine, entre la fragilité de son moi et le modèle social et sexuel dans lequel elle s’est engouffrée, la construction d’une fiction. Et elle respecte à ce point sa liberté qu’elle ne s’autorise pas à lui imposer une légende, de peur d’influencer, d’orienter son point de vue...
L'Humanité
Rédigé par L'Humanité le Lundi 19 Juin 2006 à 13:45

ACTUALITES

15.000 fonctionnaires de moins en 2007


15 000 POSTES DE FONCTIONNAIRES SUPPRIMES
Dominique de Villepin a décidé d'accélérer la réduction des effectifs dans la fonction publique, avec un effort trois fois supérieur à celui consenti en 2006.

L'Éducation nationale paiera le plus lourd tribut avec plus de 8.000 postes supprimés. En 2007, les dépenses de l'État ne devront pas progresser de plus de 0,8 %.

L'objectif est de ramener le déficit public entre 2,5 et 2,6 % du PIB.

Les priorités de 2007 : Sécurité, Justice, Recherche et Emploi.
La Tribune
Rédigé par La Tribune le Mardi 13 Juin 2006 à 13:48

SENIOR

Vieillir dignement

Mardi 6 Juin 2006

Médecine de ville, soins à domicile, maisons de retraite (EHPAD), courts, moyens et longs séjours hospitaliers constituent, un tout : négliger l’un de ces types de prise en charge, c’est créer des goulets d’étranglement et des dysfonctionnements sur l’ensemble de la filière.


Vieillir dignement
Ce sont environ 70 % des capacités actuelles de prise en charge hospitalière de longue durée des personnes âgées (soit 64 000 lits au niveau national) qui seront rayées de la carte pour être reconvertis en lits d’hébergement.

Mieux orienter les personnes âgées en fonction de leurs besoins médicaux réels et de leur niveau de dépendance est un objectif légitime. Il est, en effet, souhaitable, lorsque c’est possible, d’éviter l’hôpital aux personnes âgées.

Mais, inversement, des malades ne sont aujourd’hui en maisons de retraite que faute de place à l’hôpital.

Cet objectif ne saurait cependant être dissocié de celui d’une adaptation quantitative des capacités d’accueil à l’évolution des besoins, qui sera considérable au cours des années à venir.

La réforme actuellement en cours ne prend nullement en compte cette double nécessité.

Premièrement, parce qu’elle ne se préoccupe que d’évaluer le nombre de personnes actuellement en hôpital et qui, selon elle, relèveraient plutôt d’une maison de retraite.
C’est sur cette seule base que sera déterminé le nombre de lits hospitaliers à fermer, sans tenir compte des personnes actuellement en maison de retraite relevant en fait de soins hospitaliers.

Deuxièmement, parce que cette étude des besoins n’est fondée que sur le bilan de l’existant et non sur l’estimation des besoins actuels non couverts ni des besoins à venir, allant ainsi à l’encontre de toute démarche prospective digne de ce nom.

La densité théorique de personnel soignant au lit du malade est de 0,8 dans les hôpitaux ; celle des maisons de retraite n’est que de 0,4.
La transformation des unités hospitalières en établissements d’hébergement permettra donc de faire de substantielles économies de personnels !
Pour tenter de faire taire les craintes, le ministre délégué aux Personnes âgées promet de doubler ce taux dans les établissements mais qui est dupe ?

Il est à craindre fortement que, au mieux, on recrutera du personnel d’animation et d’accompagnement, mais pas du personnel soignant. Or, les deux sont nécessaires.

Les besoins des différentes structures sont très différentes . C’est pour cela que le taux du personnel soignant est différent.

Selon une étude réalisée par la DRESS (juin 2006), les résidants atteints d’une pathologie sont d’un ordre de 6,9 pour les USLD (Unité Hospitalière de Soins de Longue Durée), 5,5 pour les Maisons de Retraite, 5,2 pour les Logements Foyer.

La fréquence du syndrome démentiel apparaît pour 56 % des patients en USLD (dont 64 % sont considérés comme très graves), 35 % en Maisons de retraite, 13 % dans les Logements Foyer (dont 33 % très graves).

L’incontinence urinaire touche 65 % des résidants en USLD, 33 % dans les Maisons de Retraite, 16 % dans les Logements Foyer.
diego diaz
Rédigé par diego diaz le Mardi 6 Juin 2006 à 23:37