Couleurs du temps et de la vie
SOCIETE
LE LOBBYNG
Mardi 31 Octobre 2006
qu'en période électorale, lorsque les clients des lobbyistes espèrent voir élus le plus possible de candidats réceptifs à leurs préoccupations. Le terme désigne une tentative d'influencer les autorités. Lobby - "couloir", en anglais - évoque le pied de grue auquel est astreint celui qui intervient auprès du décideur...
Devenu partie intégrante de la politique américaine, le lobbying n'est jamais aussi actif On recense les premiers lobbyistes dès les années 1870. Ils arpentaient les couloirs de l'Hôtel Willard, près du ministère des finances et de la Maison Blanche, dans l'espoir d'attraper par la manche le secrétaire au Trésor, voire le président Ulysses Grant, qui venait y fumer le cigare. A l'époque, la présidence n'avait que quelques dizaines de salariés. Elle emploie aujourd'hui plus 900 hauts fonctionnaires : autant d'interlocuteurs pour les lobbyistes. Leurs cibles se situent dans l'administration et au Congrès. Ainsi, quand la loi sur les soins de santé a été discutée, en 2003, à la Chambre des représentants, on y comptait 952 défenseurs de l'industrie pharmaceutique et des compagnies d'assurance médicale pour... 435 députés.
Selon le statut fédéral, le lobbying est une "communication" effectuée par un intéressé devant un élu ou un fonctionnaire de la présidence ou des 200 agences fédérales (administrations publiques), portant sur la formulation ou la modification d'une loi. La loi de 1995 (Lobbying Disclosure Act) définit comme lobbyiste quiconque gagne au moins 5 000 dollars ou dépense au moins 20 000 dollars pour cette activité durant six mois et a établi plus d'un contact. Elle l'oblige à se faire enregistrer et à publier ses comptes.
En mars 2005, 21 500 lobbyistes étaient inscrits à la Chambre des représentants. Le Center for Public Integrity estime que 22 000 entreprises ont utilisé les services de 3 500 firmes de lobbying et plus de 27 000 lobbyistes depuis 1998.
Ces derniers se voient comme une profession utile, symbole du 1er amendement de la Constitution qui donne le droit à tout citoyen de présenter une "demande" à son gouvernement. Ils sont soit employés directement par la société qui cherche à promouvoir ses intérêts, soit par un cabinet spécialisé, qui représente toutes sortes d'entités. Les lobbyistes travaillent pour une cause spécifique (par exemple, les énergies renouvelables) ou pour des intérêts purement capitalistiques.
Le cabinet texan Akin, Gump, Strauss, Hauer & Felt, deuxième firme du secteur (une centaine d'avocats, plus de 6 millions de dollars de chiffre d'affaires), représente aussi bien Boeing que la tribu indienne des Wampanoag, le cinéma de Hollywood ou le pétrolier chinois CNOOC. La plupart des grands pays font aussi appel aux lobbies. Quand la France a été si mal vue aux Etats-Unis, en 2003, ses représentants ont reçu des offres de service de cabinets spécialisés. Les lobbies qui représentent des clients étrangers sont enregistrés séparément (selon le Foreign Agents Registration Act).
Seules deux firmes de lobbying, sur les vingt principales, se trouvent sur K Street, à Washington. Cette artère est pourtant devenue le synonyme des collusions entre le pouvoir et l'argent. La "rue K" a pâti de la publicité faite autour d'un scandale qui affecte, depuis 2005, la majorité républicaine. Il est né d'un projet qu'ont eu ses jeunes loups, notamment texans, lorsque le Parti a repris en 1994, pour la première fois depuis quarante ans, la majorité à la Chambre.
L'adjoint du speaker (président) de la Chambre, Newt Gingrich, était Tom DeLay (aujourd'hui en disgrâce), un important dirigeant de l'association évangélique Christian Coalition. Leur objectif était d'assurer une domination républicaine durable sur le Congrès. Le moyen ? Redécouper les circonscriptions afin d'assurer la "prime aux sortants" et de dégager assez d'argent pour financer leurs campagnes. Le "Projet K Street", comme le nommait DeLay, a consisté à développer les passerelles entre le personnel politique et les cercles conservateurs et à faire pression sur les firmes de lobbying pour qu'elles embauchent des républicains.
"Nous suivons le vieil adage : punissez vos ennemis, remerciez vos amis", expliquait alors l'évangéliste. Depuis, les va-et-vient entre lobbyistes et congressmen n'ont cessé d'augmenter. Il y a quinze ans, le lobbying était une activité peu flatteuse aux Etats-Unis. Mais durant les années de la "nouvelle économie", les élus ont été saisis par la fièvre de l'enrichissement. Depuis, de plus en plus acceptent un recrutement dans le privé.
En 2005, 1 300 lobbyistes étaient d'anciens parlementaires. Sept représentaient AT & T en 2004 : trois démocrates, quatre républicains. John Ashcroft, ex-ministre de la justice de George Bush, représente aujourd'hui Choice Point, une société de collecte et de revente d'informations sur les particuliers, mais aussi Israeli Aircraft Industries, l'aéronautique militaire de l'Etat juif.
Les lobbyistes espèrent obtenir des changements dans la loi ou des crédits pour leurs clients. Pour cela, ils doivent approcher les législateurs, en vertu du principe "payer pour l'accès". La plupart des associations professionnelles ont acheté des locaux près du Capitole pour que les élus puissent venir à leurs invitations. Les lobbyistes renvoient l'ascenseur par des voyages, des financements de campagne électorale, etc. Depuis 1978, ils ont fourni des trésoriers de campagne à 79 candidats.
TENTATIVE DE RÉFORME
Le scandale Abramoff a cependant conduit à une tentative de réforme. En, décembre 2005, le sénateur républicain John McCain a présenté un projet qui limitait drastiquement les cadeaux et les voyages offerts et rallongeait la période durant laquelle les anciens ministres, hauts fonctionnaires et assistants parlementaires ne peuvent pas prendre professionnellement contact avec leurs ex-collègues. Il était aussi prévu d'interdire aux lobbyistes l'accès de la salle de gymnastique du Congrès.
En mars, ce dernier a adopté une version minimale du projet. Les lobbyistes ont interdiction d'offrir des cadeaux aux parlementaires, mais les firmes qu'ils représentent... peuvent s'en acquitter. Les voyages tous frais payés ne sont pas prohibés, pour peu que leur financement soit pré-approuvé. La réforme n'a pas rehaussé l'image du Congrès. La cote de confiance des élus est aujourd'hui aussi basse qu'à l'époque du Watergate (1972-1974).
Malgré la réforme, le lobbying est l'un des thèmes de la campagne des mid-terms, les élections à mi-mandat présidentiel. Les candidats se reprochent mutuellement d'être "prisonniers d'intérêts particuliers", le terme consacré pour désigner telle ou telle branche professionnelle. Les milliardaires, à l'inverse, font des publicités pour expliquer que leur fortune leur permet d'être "vraiment" indépendants.
A Seattle, la sénatrice sortante démocrate, Maria Cantwell, a été accusée par son adversaire d'avoir obtenu 11 millions de dollars pour les clients d'un de ses amis, à la tête d'une firme de lobbying. Plus de 300 publicités ont été tournées pour dénoncer les réceptions offertes par les lobbyistes aux candidats qui leur permettent de collecter des fonds. Au point que le président de la Ligue de défense des lobbyistes américains - le "lobby des lobbies" -, Paul Miller, a pris la mouche. Il a écrit aux responsables électoraux des deux partis : "Si vous êtes tellement convaincus que nous sommes le principal problème dans le système, alors rendez-nous l'argent !" Personne ne l'a encore pris au mot.
SENIOR
RETRAITES MECONTENTS
Vendredi 20 Octobre 2006
72 rassemblements, la plupart unitaires, se sont déroulés à travers la France pour le pouvoir d’achat des pensions. Chez les salariés, l’inquiétude gagne quant à l’avenir du système de retraite.
Dans plus de soixante-dix villes à travers le territoire, le plus souvent - fait assez rare par ailleurs pour être souligné - à l’appel de l’ensemble de leurs organisations syndicales (CGT, CFDT, FO, CFTC, CGC, FGR-Fonction publique), les retraités viennent de se dérouler pour réclamer la revalorisation de leurs pensions. « La demande est générale, nous l’entendons partout, sur les marchés... Il y a un tassement de l’ensemble des retraites », souligne Françoise Vagner, secrétaire générale de l’Union des retraités CGT, qui estime entre 10 et 12 % le recul du pouvoir d’achat des pensions sur dix ans. « On n’a même pas droit au coup de pouce donné au smic ! », s’indigne-t-elle, en référence au geste concédé en juillet par Villepin pour le salaire minimum (un coup de pouce de 0,3 % en sus des évolutions régulières).
dépenses en hausse, faibles pensions
Or, le rythme des dépenses pour les retraités s’affole. Dépenses de santé d’abord, qui pèsent en moyenne plus lourd sur les soixante ans et plus, plus souvent amenés à fréquenter les toubibs : la liste est longue des médicaments déremboursés mais toujours prescrits, des forfaits à la charge du patient (1 euro sur tout acte, 18 euros sur les actes de plus de 91 euros, forfait hospitalier de 14 euros), tandis que les tarifs des mutuelles s’envolent.
Dépenses pour l’énergie, le coût du chauffage touchant, lui aussi, proportionnellement plus des hommes et des femmes passant en moyenne plus de temps dans la journée chez eux. En tête de leurs doléances, outre un « rattrapage des pertes de pouvoir d’achat », les syndicats ont placé cette exigence : « plus de retraite au-dessous du smic ! » À l’heure actuelle, près de la moitié des nouveaux retraités entament leur nouvelle vie avec le minimum contributif, à peine 600 euros mensuels, à quoi s’ajoutent au mieux 100 à 150 euros de retraite complémentaire, indique Françoise Vagner. Injustice dans l’injustice : les trois quarts d’entre eux sont des femmes.
souverain mépris de la revendication
Le gouvernement traite jusqu’alors avec un souverain mépris cette revendication. Les ministres en charge du dossier, Xavier Bertrand et Philippe Bas, n’ont jamais daigné rencontrer les syndicats, préférant gloser sur les prétendus bienfaits de la réforme Fillon, ou sur le récent « plan solidarité grand âge », catalogue de mesures souvent pertinentes mais souffrant d’un cruel manque de moyens, note Françoise Vagner. Justement, la mobilisation d’aujourd’hui porte aussi sur la prise en charge de la perte d’autonomie des personnes âgées.
Avec un souci majeur : qu’elle soit assurée dans le cadre de la Sécurité sociale, afin de garantir les mêmes droits à tous, et non dans la caisse indépendante (CNSA) créée par le gouvernement Raffarin en 2003. Et une deuxième préoccupation : l’accès aux maisons de retraite. « Le ministre Philippe Bas s’enorgueillit d’avoir atteint l’objectif de création de places en établissement. Mais 90 % des places créées depuis janvier l’ont été dans le privé, où le prix des places oscille entre 2 000 et 3 000 euros par mois. Comment une femme touchant en moyenne 848 euros de pension va-t-elle pouvoir se la payer ? », remarque la syndicaliste CGT.
La question des retraites ressemble de plus en plus à une bombe sociale à retardement. La colère manifestée ce jour par les actuels pensionnés n’en est pas le seul signe. Les actifs, de leur côté, expriment une inquiétude de plus en plus vive pour leur futur de retraité. En témoignent, entre autres, les « nouveaux comportements » constatés par la Caisse nationale d’assurance vieillesse (CNAV) : s’ils n’étaient naguère « pas à trois mois près pour liquider leur retraite, maintenant les salariés arrêtent leur activité le jour de leurs soixante ans, et même avant s’ils le peuvent », note la présidente de la CNAV, Danièle Karniewicz. La raison de cet empressement ? La crainte d’un nouveau durcissement des conditions d’accès au droit à la retraite.
La loi Fillon a prévu un « rendez-vous d’étape » en 2008 où de nouvelles règles de calcul de la pension pourraient intervenir, s’ajoutant aux mesures pénalisantes prises en 2003 qui font chuter le niveau des pensions (voir encadré). Déjà le postulant au fauteuil de l’Élysée Sarkozy et la patronne du MEDEF Laurence Parisot ont annoncé la couleur, en invitant à se préparer à des sacrifices supplémentaires.
dégager d’autres ressources
Or, si la charge financière des retraites est bien appelée à s’alourdir en raison du défi démographique - et plus encore si l’on décidait de réduire les inégalités touchant les femmes et de réparer l’injustice frappant les victimes de travaux pénibles en leur ouvrant droit à un départ anticipé -, les travaux non contestés du Conseil d’orientation des retraites inclinent à penser que de nouvelles régressions ne sont pas fatales (voir entretien ci-contre).
À condition, surtout, de gagner vraiment la bataille contre le chômage. Et aussi de dégager de nouvelles ressources en touchant enfin au grisbi, en mettant à contribution le capital financier actuellement exempté de toute cotisation sociale. Au-delà de l’abrogation de la loi Fillon, c’est sans doute sur ces deux terrains que les candidats de gauche aux prochains scrutins sont attendus s’ils veulent rassurer les retraités d’aujourd’hui et de demain.
Photo illustrant l'article a été désigné 1 er prix du concours organisé par la Municipalité d'Evry dans le cadre de la Semaine Bleue, sur le thème du "lien social".
dépenses en hausse, faibles pensions
Or, le rythme des dépenses pour les retraités s’affole. Dépenses de santé d’abord, qui pèsent en moyenne plus lourd sur les soixante ans et plus, plus souvent amenés à fréquenter les toubibs : la liste est longue des médicaments déremboursés mais toujours prescrits, des forfaits à la charge du patient (1 euro sur tout acte, 18 euros sur les actes de plus de 91 euros, forfait hospitalier de 14 euros), tandis que les tarifs des mutuelles s’envolent.
Dépenses pour l’énergie, le coût du chauffage touchant, lui aussi, proportionnellement plus des hommes et des femmes passant en moyenne plus de temps dans la journée chez eux. En tête de leurs doléances, outre un « rattrapage des pertes de pouvoir d’achat », les syndicats ont placé cette exigence : « plus de retraite au-dessous du smic ! » À l’heure actuelle, près de la moitié des nouveaux retraités entament leur nouvelle vie avec le minimum contributif, à peine 600 euros mensuels, à quoi s’ajoutent au mieux 100 à 150 euros de retraite complémentaire, indique Françoise Vagner. Injustice dans l’injustice : les trois quarts d’entre eux sont des femmes.
souverain mépris de la revendication
Le gouvernement traite jusqu’alors avec un souverain mépris cette revendication. Les ministres en charge du dossier, Xavier Bertrand et Philippe Bas, n’ont jamais daigné rencontrer les syndicats, préférant gloser sur les prétendus bienfaits de la réforme Fillon, ou sur le récent « plan solidarité grand âge », catalogue de mesures souvent pertinentes mais souffrant d’un cruel manque de moyens, note Françoise Vagner. Justement, la mobilisation d’aujourd’hui porte aussi sur la prise en charge de la perte d’autonomie des personnes âgées.
Avec un souci majeur : qu’elle soit assurée dans le cadre de la Sécurité sociale, afin de garantir les mêmes droits à tous, et non dans la caisse indépendante (CNSA) créée par le gouvernement Raffarin en 2003. Et une deuxième préoccupation : l’accès aux maisons de retraite. « Le ministre Philippe Bas s’enorgueillit d’avoir atteint l’objectif de création de places en établissement. Mais 90 % des places créées depuis janvier l’ont été dans le privé, où le prix des places oscille entre 2 000 et 3 000 euros par mois. Comment une femme touchant en moyenne 848 euros de pension va-t-elle pouvoir se la payer ? », remarque la syndicaliste CGT.
La question des retraites ressemble de plus en plus à une bombe sociale à retardement. La colère manifestée ce jour par les actuels pensionnés n’en est pas le seul signe. Les actifs, de leur côté, expriment une inquiétude de plus en plus vive pour leur futur de retraité. En témoignent, entre autres, les « nouveaux comportements » constatés par la Caisse nationale d’assurance vieillesse (CNAV) : s’ils n’étaient naguère « pas à trois mois près pour liquider leur retraite, maintenant les salariés arrêtent leur activité le jour de leurs soixante ans, et même avant s’ils le peuvent », note la présidente de la CNAV, Danièle Karniewicz. La raison de cet empressement ? La crainte d’un nouveau durcissement des conditions d’accès au droit à la retraite.
La loi Fillon a prévu un « rendez-vous d’étape » en 2008 où de nouvelles règles de calcul de la pension pourraient intervenir, s’ajoutant aux mesures pénalisantes prises en 2003 qui font chuter le niveau des pensions (voir encadré). Déjà le postulant au fauteuil de l’Élysée Sarkozy et la patronne du MEDEF Laurence Parisot ont annoncé la couleur, en invitant à se préparer à des sacrifices supplémentaires.
dégager d’autres ressources
Or, si la charge financière des retraites est bien appelée à s’alourdir en raison du défi démographique - et plus encore si l’on décidait de réduire les inégalités touchant les femmes et de réparer l’injustice frappant les victimes de travaux pénibles en leur ouvrant droit à un départ anticipé -, les travaux non contestés du Conseil d’orientation des retraites inclinent à penser que de nouvelles régressions ne sont pas fatales (voir entretien ci-contre).
À condition, surtout, de gagner vraiment la bataille contre le chômage. Et aussi de dégager de nouvelles ressources en touchant enfin au grisbi, en mettant à contribution le capital financier actuellement exempté de toute cotisation sociale. Au-delà de l’abrogation de la loi Fillon, c’est sans doute sur ces deux terrains que les candidats de gauche aux prochains scrutins sont attendus s’ils veulent rassurer les retraités d’aujourd’hui et de demain.
Photo illustrant l'article a été désigné 1 er prix du concours organisé par la Municipalité d'Evry dans le cadre de la Semaine Bleue, sur le thème du "lien social".
L'Humanité
Rédigé par L'Humanité le Vendredi 20 Octobre 2006 à 15:06
LOISIRS
Portraits publics, portraits privés
Dimanche 15 Octobre 2006
C'est dans la transition entre les XVIIIe et XIXe siècles, théâtre de profonds bouleversements sociaux, politiques et culturels, que le portrait va s'affirmer comme un genre majeur, celui de la modernité.
Cette période témoigne des liens intimes noués entre la réalité sociale (l'essor de la bourgeoisie) et la création artistique (commande de portraits).
Réalisée avec le concours du musée du Louvre, cette exposition revient sur ce phénomène de société qui a marqué de son empreinte l'histoire de l'art en présentant des oeuvres de maîtres tels que Francisco Goya, Eugène Delacroix ou encore Joshua Reynolds.
Bracelets de soie noire, volants de dentelle et perruque oudrée, Mrs. Abington porte un doigt à sa bouche, assise comme un garçon, à califourchon sur une chaise Chippendale.
Premier du genre à montrer une femme dans une pose décontractée, le regard aguicheur, ce portrait étonnant, peint à Londres en 1771 par Joshua Reynolds (Yale Center for British Art, New Haven), pervertit les codes aristocratiques de la représentation. Le modèle ne pouvait être qu’une actrice...
Confrontant, dans un dialogue signifiant, quelque 140 peintures et sculptures, issues de collections publiques et privées, européennes et américaines, l’exposition tente de saisir ce moment, entre public et privé, où d’autres règles du portrait s’établissent.
Entre 1770 et 1830, le portrait peint, très en vogue dans les pays anglo-saxons, reste un genre mineur dans la hiérarchie établie en France par l’Académie, derrière la peinture d’histoire. Néanmoins, tout comme le portrait sculpté, il prolifère en Occident, répondant à une forte demande publique et privée. Loin de ne s’appuyer que sur les codes traditionnellement établis, dictés par le souci de l’apparat et du prestige, l’art du portrait connaît un essor sans précédent et s’affirme peu à peu comme le genre moderne par excellence.
Après le succès rencontré ces dernières années par les expositions monographiques consacrées à de grands maîtres du portrait, Goya, Houdon, Canova, David ou Ingres, l’exposition offre pour la première fois un panorama international du sujet.
L’exposition déploie ainsi une véritable anthologie des grands personnages de leur temps. Goya, Reynolds, Mme Vigée-Le Brun, David, Houdon, Canova, Lawrence, Ingres, Delacroix… les plus grands artistes ont saisi la personnalité de tous leurs modèles, dans le luxe des signes de leur appartenance sociale : formats imposants, étoffes somptueuses, coiffures apprêtées… comme dans le secret de leur vie privée.
Galeries nationales du Grand Palais
4 octobre 2006 - 8 janvier 2007
www.rmn.fr/galeriesnationalesdugrandpalais
Premier du genre à montrer une femme dans une pose décontractée, le regard aguicheur, ce portrait étonnant, peint à Londres en 1771 par Joshua Reynolds (Yale Center for British Art, New Haven), pervertit les codes aristocratiques de la représentation. Le modèle ne pouvait être qu’une actrice...
Confrontant, dans un dialogue signifiant, quelque 140 peintures et sculptures, issues de collections publiques et privées, européennes et américaines, l’exposition tente de saisir ce moment, entre public et privé, où d’autres règles du portrait s’établissent.
Entre 1770 et 1830, le portrait peint, très en vogue dans les pays anglo-saxons, reste un genre mineur dans la hiérarchie établie en France par l’Académie, derrière la peinture d’histoire. Néanmoins, tout comme le portrait sculpté, il prolifère en Occident, répondant à une forte demande publique et privée. Loin de ne s’appuyer que sur les codes traditionnellement établis, dictés par le souci de l’apparat et du prestige, l’art du portrait connaît un essor sans précédent et s’affirme peu à peu comme le genre moderne par excellence.
Après le succès rencontré ces dernières années par les expositions monographiques consacrées à de grands maîtres du portrait, Goya, Houdon, Canova, David ou Ingres, l’exposition offre pour la première fois un panorama international du sujet.
L’exposition déploie ainsi une véritable anthologie des grands personnages de leur temps. Goya, Reynolds, Mme Vigée-Le Brun, David, Houdon, Canova, Lawrence, Ingres, Delacroix… les plus grands artistes ont saisi la personnalité de tous leurs modèles, dans le luxe des signes de leur appartenance sociale : formats imposants, étoffes somptueuses, coiffures apprêtées… comme dans le secret de leur vie privée.
Galeries nationales du Grand Palais
4 octobre 2006 - 8 janvier 2007
www.rmn.fr/galeriesnationalesdugrandpalais
Evene
Rédigé par Evene le Dimanche 15 Octobre 2006 à 12:28
ACTUALITES
650 000 MORTS EN IRAK
Mercredi 11 Octobre 2006
Depuis mars 2003, au moment où les forces américano-britanniques entreprenaient l'invasion de l'Irak, jusqu'à l'été 2006, la guerre en Irak est responsable de la mort de plus de 650 000 civils.
C'est ainsi 2,5 % de la population irakienne qui est morte en raison d'un conflit destiné, selon le président américain George W. Bush, à pacifier l'Irak.
Pour en arriver à leurs conclusions, publiés mercredi par la revue scientifique britannique The Lancet, les experts américains et irakiens ont mené une enquête auprès de la population irakienne.
Victime des violences interconfessionnelles à Bagdad
Selon cette enquête, qui met à jour une étude précédente qui estimait à 100 000 le nombre de morts entre mars 2003 et septembre 2004, le taux de mortalité irakien est aujourd'hui 2,5 fois supérieur à ce qu'il était avant l'invasion.
La publication de cette étude intervient pendant qu'à Genève, le secrétaire général adjoint des Nations unies aux Affaires humanitaires, Jan Egeland, estime que la violence interconfessionnelle échappe maintenant à tout contrôle.
M. Egeland a précisé qu'au cours des huit derniers mois, 315 000 civils irakiens ont été forcés de fuir en raison des combats. Lors de la même période, c'est plus de 100 personnes par jour en moyenne qui ont été tuées en Irak.
Le gouvernement irakien, dans l'espoir d'apaiser la situation, a adopté, toujours mercredi, une loi ouvrant la voie à la création, d'ici 18 mois, d'un État fédéral. Cette loi permettra d'accroître considérablement l'autonomie des différentes régions irakiennes, laissant au gouvernement central la responsabilité des Affaires étrangères, des frontières et de la distribution du revenu pétrolier.
La minorité sunnite, de laquelle est issu Saddam Hussein, craint qu'un tel fédéralisme l'isole et la prive des richesses pétrolières irakiennes, essentiellement en territoire chiite et kurde.
Photo: AFP/ALI AL-SAADI
Radio Canada
Rédigé par Radio Canada le Mercredi 11 Octobre 2006 à 23:13
JEUNESSE
Skyrock épinglée par le CSA
Mardi 3 Octobre 2006
Radio . L’émission Radio libre de Difool est dans le collimateur. C’est le programme le plus écouté des ados le soir en semaine.
Le torchon continue de brûler entre le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) et Skyrock, la radio chouchoute des ados. Dans une décision du 25 juillet, rendue publique récemment, les sages du CSA ont engagé une procédure de sanction à l’encontre de Skyrock en raison de la diffusion « entre 21 heures et 22 h 30 de propos décrivant de façon crue, détaillée et banalisée certaines pratiques sexuelles ».
Ces propos remontent aux 25 mai, 1er, 15 et 22 juin 2006. Ils ont été diffusés dans Radio libre, une émission de libre antenne animée par Difool en direct de 21 heures à minuit, du lundi au vendredi. Sur cette tranche horaire, Skyrock est la radio la plus écoutée de France avec près d’un million d’auditeurs. 30 % des treize - dix-neuf ans à l’écoute de la radio de 21 heures à minuit écoutent Radio libre.
De part et d’autre, on refuse de communiquer sur cette procédure. Les propos incriminés ne seront, exceptionnellement, pas mis en ligne sur le site du CSA (contrairement à ceux de 2004) pour ne pas « mettre de l’huile sur le feu ». Skyrock dit « attendre que la procédure suive son cours ». La station risque, si cette procédure de sanction aboutit, l’obligation de diffuser un communiqué à l’antenne ou une nouvelle sanction pécuniaire, voire une suspension ou un retrait de son autorisation d’émettre.
D’autant plus que ce n’est pas la première fois que les sages condamnent la radio du « rap et du r’n’b ». Selon le CSA, Skyrock ne tiendrait pas compte de la décision du 17 décembre 2004. Le conseil avait alors mis en demeure Skyrock pour diffusion de « programmes susceptibles de heurter la sensibilité des auditeurs de moins de seize ans entre 6 heures et 22 heures 30 ».
La même émission de libre antenne, Radio libre, était mise en cause. En janvier 2006, le CSA avait condamné Skyrock à une sanction pécuniaire de 50 000 euros pour non-respect de cette mise en demeure.
Skyrock, rachetée en mars 2006 par le fonds Axa Private Equity (filiale de l’assureur), est la radio préférée des treize - dix-neuf ans (sondage Médiamétrie, avril-juin 2006). La station a lancé en décembre 2002 la plateforme de blogs Skyblog à destination des douze - vingt-quatre ans. Avec plus de 5 millions de blogs actifs fin juin 2006, Skyblog est le premier hébergeur de blogs en Europe.
Marie Barbier
Rédigé par Marie Barbier le Mardi 3 Octobre 2006 à 17:06
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