Couleurs du temps et de la vie

SENIOR

Vieillir dignement

Mardi 6 Juin 2006

Médecine de ville, soins à domicile, maisons de retraite (EHPAD), courts, moyens et longs séjours hospitaliers constituent, un tout : négliger l’un de ces types de prise en charge, c’est créer des goulets d’étranglement et des dysfonctionnements sur l’ensemble de la filière.


Vieillir dignement
Ce sont environ 70 % des capacités actuelles de prise en charge hospitalière de longue durée des personnes âgées (soit 64 000 lits au niveau national) qui seront rayées de la carte pour être reconvertis en lits d’hébergement.

Mieux orienter les personnes âgées en fonction de leurs besoins médicaux réels et de leur niveau de dépendance est un objectif légitime. Il est, en effet, souhaitable, lorsque c’est possible, d’éviter l’hôpital aux personnes âgées.

Mais, inversement, des malades ne sont aujourd’hui en maisons de retraite que faute de place à l’hôpital.

Cet objectif ne saurait cependant être dissocié de celui d’une adaptation quantitative des capacités d’accueil à l’évolution des besoins, qui sera considérable au cours des années à venir.

La réforme actuellement en cours ne prend nullement en compte cette double nécessité.

Premièrement, parce qu’elle ne se préoccupe que d’évaluer le nombre de personnes actuellement en hôpital et qui, selon elle, relèveraient plutôt d’une maison de retraite.
C’est sur cette seule base que sera déterminé le nombre de lits hospitaliers à fermer, sans tenir compte des personnes actuellement en maison de retraite relevant en fait de soins hospitaliers.

Deuxièmement, parce que cette étude des besoins n’est fondée que sur le bilan de l’existant et non sur l’estimation des besoins actuels non couverts ni des besoins à venir, allant ainsi à l’encontre de toute démarche prospective digne de ce nom.

La densité théorique de personnel soignant au lit du malade est de 0,8 dans les hôpitaux ; celle des maisons de retraite n’est que de 0,4.
La transformation des unités hospitalières en établissements d’hébergement permettra donc de faire de substantielles économies de personnels !
Pour tenter de faire taire les craintes, le ministre délégué aux Personnes âgées promet de doubler ce taux dans les établissements mais qui est dupe ?

Il est à craindre fortement que, au mieux, on recrutera du personnel d’animation et d’accompagnement, mais pas du personnel soignant. Or, les deux sont nécessaires.

Les besoins des différentes structures sont très différentes . C’est pour cela que le taux du personnel soignant est différent.

Selon une étude réalisée par la DRESS (juin 2006), les résidants atteints d’une pathologie sont d’un ordre de 6,9 pour les USLD (Unité Hospitalière de Soins de Longue Durée), 5,5 pour les Maisons de Retraite, 5,2 pour les Logements Foyer.

La fréquence du syndrome démentiel apparaît pour 56 % des patients en USLD (dont 64 % sont considérés comme très graves), 35 % en Maisons de retraite, 13 % dans les Logements Foyer (dont 33 % très graves).

L’incontinence urinaire touche 65 % des résidants en USLD, 33 % dans les Maisons de Retraite, 16 % dans les Logements Foyer.

diego diaz
Rédigé par diego diaz le Mardi 6 Juin 2006 à 23:37