Couleurs du temps et de la vie

La justice canadienne a rejeté la demande de mise en liberté conditionnelle de la Française Nathalie Gettliffe

Depuis le 11 avril dernier, Nathalie Gettliffe, mère de famille et professeur à l'université Lyon II, est en prison au Canada. Elle y attend son procès qui pourrait avoir lieu en juillet.

La jeune femme de 35 ans est accusée d'avoir soustrait ses deux enfants à l'influence négative de leur père Scott Grant, un adepte de l'Église Internationale du Christ, considérée comme un "mouvement sectaire" selon un rapport parlementaire français datant de 1996, mais légale au Canada.

Accusée d'avoir enlevé ses deux enfants, Maximilien et Joséphine, aujourd'hui âgés de 12 et 11 ans, Nathalie Gettliffe risque une peine maximale de 10 ans de prison, selon le code pénal canadien.


Nathalie Gettliffe: liberté conditionnelle rejetée
La Française Nathalie Gettliffe, détenue au Canada depuis le 11 avril pour une affaire de garde et d'enlèvement d'enfants alors qu'elle est enceinte, a saisi la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) pour faire condamner l'Etat français dans le cadre de son affaire, a annoncé jeudi Me Dominique Chambon, le conseil français de la jeune femme.
Nathalie Gettliffe, 35 ans, reproche à l'Etat français de ne pas avoir respecté l'article 6 de la Convention européenne des droits de l'Homme (droit au procès équitable) pour elle-même et ses deux enfants, Maximilien, 10 ans, et Joséphine, 12 ans.
Incarcérée en Colombie-Britannique, elle peut, depuis quelques jours, communiquer par téléphone avec la France.
Selon Me Chambon, la jeune femme reproche notamment à la justice française d'avoir "refusé systématiquement d'entendre Maximilien et Joséphine". La CEDH "statuera sur ces manquements. Nathalie Gettliffe refuse l'odieux échange d'otages que propose la justice canadienne, soit le renvoi (au Canada) des enfants Maximilien et Joséphine contre sa libération", poursuit Me Chambon.
La jeune femme avait quitté le Canada en 2001 avec ses deux enfants, affirmant vouloir les soustraire à l'influence de leur père, Scott Grant, qui fréquentait "l'Eglise Internationale du Christ", classée comme "mouvement sectaire" en France mais légale au Canada.
Nathalie Gettliffe "espère que l'Etat Français, compte tenu du contexte très particulier de son arrestation et de son dossier ainsi que son combat pour que ses enfants ne soient pas éduqués au sein d'une secte, ne commettra pas l'immoralité et l'indignité en mobilisant la force publique pour le retour des enfants au Canada", ajoute Me Chambon.
Me Chambon assure aussi que "la mobilisation de l'opinion publique, en France et au Canada, s'intensifie" et que "l'actrice Judith Godrèche a pris la tête d'une mobilisation du monde artistique et culturel pour exiger la libération de Nathalie et la défense d'une mère de famille de trois enfants, enceinte et injustement incarcérée".
Nathalie Gettliffe est accusée d'avoir enlevé ses propres enfants en quittant le Canada en 2001. Elle est également accusée de ne pas avoir respecté la garde partagée de Maximilien et de Joséphine avec leur père Scott Grant. Elle risque jusqu'à dix ans de prison en vertu de la législation canadienne. Elle restera en prison au moins jusqu'au 17 juillet, jour où sera fixée la date de son procès. AP


Nouvel Observateur
Rédigé par Nouvel Observateur le Vendredi 12 Mai 2006 à 18:32